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Publié le 01/01/2000

"En terre étrangère" de Robert HEINLEIN

["Stranger In A Strange Land", 1961]

ED. ROBERT LAFFONT / A&D - REED. LIVRE DE POCHE

Par oman

Un jeune humain, né sur Mars après un accident aux débuts de la conquête spatiale, revient sur Terre.

Elevé par les Martiens, dans une civilisation incompréhensible pour nous, Valentine Michael Smith a du mal à s’intégrer, d’autant qu’il est rapidement l’enjeu de luttes politiques et financières qui le dépassent.


PRIX HUGO 1962

« Il etait une fois un Martien du nom de Valentin Michael Smith. Les membres de la première expédition humaine vers Mars furent choisis selon la théorie que le plus grand danger pour l’homme, c’est l’homme lui-même. En ce temps-là, huit années après l’établissement de la première colonie sur Luna, les voyages interplanétaires humains dépendaient encore de trajectoires orbitales - deux cents cinquante-huit jours terrestres de Terra à Mars et autant pour le retour, sans compter quatre cent cinquante-cinq jours d’attente sur Mars pour que les planètes se retrouvent dans une position réciproque favorable à la trajectoire... »

Une expédition composée des meilleurs scientifiques humains est lancée sur Mars. Et puis ce fut le silence. Une autre expédition est envoyée et l’équipage revient sur Terre avec le seul survivant : Valentin Michael Smith, l’Homme de Mars. Celui-ci est faible à cause de la différence de gravité de Mars et on le maintien sous très haute surveillance dans une clinique où l’infirmière Gillian réussit à le voir, malgré la sécurité. En effet, cet homme, d’après les lois régies, est le propriétaire de Mars et l’héritier d’une colossale fortune ! Mais le garçon ne peut comprendre une notion comme la propriété privée et il devient l’objet de toute les convoitises, en particulier de la Fédération des Etats-Uunis...

Le mouvement hippie.

Historiquement, le mouvement hippie vient du malaise des jeunes, principalement des jeunes bourgeois qui ont voulu se révolter contre le système en place. Ils considéraient que le monde matérialiste dans lequel ils vivaient [bien d’ailleurs, puisque les parents sortis de la guerre leur donnaient ce qu’ils voulaient] les privait de la seule chose qu’ils voulaient : la liberté.

Une des façons de se rebeller a aussi été leur « religion » sous forme de paix et amour, le fameux « peace & love ». Le but étant de choquer le puritanisme américain, par exemple. Le «  flower power » symbolisait l’amour de son prochain, de la paix et de la nature. Le concept de non-violence était né pour combattre les guerres. Cette notion rejoint le christianisme, mais en fait englobe toutes les religions. Ces dernières repoussèrent en masse ce mouvement hippie.

Une particularité du mouvement hippie était aussi le fait de rejeter la société de consommation en fondant des communautés, généralement à la campagne pour être plus proche de la nature et pour vivre de la nature. Ces communautés vivaient d’amour libre et de marijuana. La drogue étant la façon pour eux de pouvoir plus facilement communiquer les uns avec les autres. Malheureusement, ces communautés ne duraient pas le temps, pour incompatibilité des uns et des autres au bout d’un certain temps, et il n’est pas facile de s’affranchir de l’argent...

Le roman comme référence.

On peut comprendre dès lors que bon nombre de hippies aient eu "En terre étrangère" comme référence : il y est question de communauté basée sur l’amour libre, le partage de l’eau, l’amour et surtout la religion.

Car HEINLEIN dresse dans ce roman une critique acerbe des religions dites de consommation : les télévangélistes et leurs miracles en échange de quelques (souvent plus) deniers, le show de ces derniers permettant de mettre en transe les éclairés. Mais Heinlein y met la thèse et l’antithèse. Par son cynisme, Harshaw permet de mettre un contrepoids dans la balance, et c’est ce que les hippies n’ont pas compris. Heinlein critique un certain type de religion, mais pas la religion elle-même.

Globalement, ce roman est un constat de la société actuelle, critiquant certains aspects de notre société de consommation en y montrant un modèle de société anarchique qui fonctionne mais grâce à l’argent. Etonnant paradoxe !

Cependant, soyez prévenu : ceci n’est pas un bon roman : après un début très réussi, au style brillant, où la naïveté de Mike permet de tourner en ridicule nos moeurs humaines, le récit s’enlise dans des débats métaphysiques confus, et de longs dialogues bourbeux autour des conventions sociales humaines. La fin est carrément pénible.


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Certains passages sont ridicules - lors des miracles de Michael, notamment.

Mais ce roman demeure un classique et il est intéressant dans la mesure où il reflète un certain esprit des années 60.

Une curiosité littéraire donc, qui reste incontournable pour comprendre l’oeuvre de Robert HEINLEIN.