Publié le 01/12/2005

« Féérie pour les ténèbres » de Jérôme NOIREZ

Volume 1 de la Trilogie « Féérie pour les ténèbres »

ED. NESTIVEQNEN, 2005

Par Pegase

Féérie pour les ténèbres est le premier tome d’une trilogie qui porte le même titre que le présent ouvrage. Il est suivi de Les nuits vénéneuses et Le carnaval des abîmes.


Faisons tout d’abord un bref rappel historique. Il fut un temps où Caquehan se nommait Chakiain. L’empereur-chirurgien de l’époque ordonna à la population « l’allègement corporel obligatoire, massif et gratuit » afin d’avoir une santé saine. Dès lors, des troupes furent chargées d’amputer les habitants : ainsi naquirent les rioteux, ces enfants malformés de naissance. Chassés de la cité, ils se réfugièrent dans l’En-dessous, c’est-à-dire dans les profondeurs ténébreuses de Caquehan.
Aujourd’hui, Caquehan, est une cité sinistre dirigée par le roi Orbarin Oraprim, et peuplée d’humains et de créatures étranges, parfois fort dangereuses.
Mais l’histoire commence...
Obicion, l’officieur de justice un brin sénile, se rend sur les lieux d’un crime. Une jeune fille est retrouvée dans la plaine des rioteux. Son cadavre est emmené au Palais de justice pour l’autopsie. Quelle n’est pas la surprise d’Obicion lorsqu’il constate que les os de l’adolescente sont en ... plastique.
On retrouve plus tard son identité : il s’agit de Journelle, la fille de Dandin, un féeur royal présumé mort. [Les féeurs ont la capacité de laisser choir leur esprit].

Mais une [autre ?] histoire commence : entre la petite île de Sponlieux, séparée par la mer Clapotante, et la ville de Vicerince, fut construit un aqueduc. L’eau potable de Sponlieux [sur laquelle sont regroupés les misérables repoussés de Vicerince] est acheminée alors que dans le même temps les contacts entre les deux communautés ne cessent de diminuer. L’idée d’un sabotage prend forme. Mais la rumeur dit que l’aqueduc est habité par un monstre et personne n’ose s’y aventurer. Personne sauf Malgasta, une femme caractérielle dotée de formes généreuses qui est de retour au pays après cinq années d’absence. Celle-ci est bien décidée à s’engouffrer dans le tunnel. Patre, un jeune gringalet timide l’accompagne. A mi-distance, ils se font capturer par les sbires de Meslos. Malgasta n’a d’autre choix que d’accepter un terrible marché : se rendre à Caquehan dans le but d’éliminer dame Plommard, la confidente du roi. En effet cette dernière s’est appropriée un couple de fichoiros vivants : un crime qui ne peut rester impuni. Une mission qui s’avère délicate. En effet, comment venir à bout d’une femme dont le corps est rempli de polystyrène ?


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Ce roman est une belle surprise. L’imagination de l’auteur est épatante, tant dans la description des décors que dans l’évocation des modifications corporelles. Les personnages sont fouillés et attachants [les deux gamins Grenotte et Gourgou sont à se tondre]. Le grotesque et le terrifiant s’enchaînent pour le plus grand bonheur du lecteur. Avec Féérie pour les ténèbres, Jérôme NOIREZ marque les esprits et accède à la catégorie « auteurs prometteurs ».


A LIRE : La critique du tome 2, Les nuits vénéneuses