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Publié le 03/09/2005

"Festins secrets" de Pierre JOURDE

EDITIONS L’ESPRIT DES PENINSULES, AOÛT 2005

Par PAT

Bien connu pour son indispensable pamphlet contre la notable quantité d’importance nulle [formule sous copyright Isidore DUCASSE, tous droits réservés pour tout pays, y compris l’URSS] de l’establishment littéraire [de ANGOT à SOLLERS en passant par HOUELLEBECQ et bien d’autres] publié sous le joli titre "La littérature sans estomac", Pierre JOURDE continue son oeuvre de franc-tireur avec un roman aussi sombre que formidable, aussi dense que fascinant.


Meilleur argument jeté à la face d’éventuels détracteurs adeptes du “c’est bien beau de te foutre de nous, mais toi, qu’est-ce que tu écris, au juste ?”, JOURDE n’a rien à leur répondre. "Festins secrets" se suffit à lui-même. Roman monstre et fort logiquement monstrueux, roman poing-dans-ta-gueule, "Festins secrets" fait office de marteau et n’est pas dépourvus d’accents céliniens.

Froid, direct, servi par une écriture aussi limpide qu’époustouflante, le roman ne sombre jamais dans le politiquement correct et se montre impitoyable envers tout un chacun : nullité d’âme ordinaire de nos contemporains, nullité d’âme des bourgeois nécessairement adipeux et sexuellement détraqués, mais aussi nullité d’âme de la gauche Télérama beaucoup plus insidieuse qu’il n’y paraît au premier coup d’oeil. A ce titre, "Festins secrets" a tout du roman terroriste et désagréable, tout en restant exemplaire sur le fond comme sur la forme.

Principalement axé autour du personnage de Gilles Saurat, jeune professeur encore en thèse balancé dans un collège difficile comme il en existe des centaines, "Festins secrets" s’oriente pages après pages vers un fantastique moite et glauque, triste, pourri et finalement tragique. Méprisé par des élèves aussi baraqués que pré-délinquants, aussi analphabètes que racistes [quelle que soit la couleur de peau, n’allez surtout pas vous imaginer que le racisme le plus putride est un privilège de blanc], Gilles Saurat vit un cauchemar quotidien et louvoie entre peur, désarroi et désillusion.

Logé chez une veuve décatie qui lui sous-loue une petite chambre dans sa maison de maître, le jeune professeur idéaliste et gentiment à gauche découvre une réalité qui lui échappe.

Peu à peu intégré à la bonne société de la ville [Logres, tout un poème] et ses dîners malsains, Saurat se perd lui-même et sombre peu à peu dans la folie : étranges expériences sexuelles mi-rêvées, mi-vécues, angoisses existentielles exacerbées par un collègue cynique et par une rupture qui n’en finit pas de pourrir, et la ville de Logres en guise de linceul, personnage en elle-même dont il est, dit-on, impossible de s’échapper.

Toujours psychologique et rarement direct, le fantastique de JOURDE réconcilie Poe et Kafka, sans ligne claire pour démarquer la frontière entre fantasme et réalité. Autant dire que le malaise qui accompagne le lecteur à mesure que l’histoire suinte ne va pas en s’arrangeant. C’est assurément la marque des grands romans, un qualificatif que l’on appliquera sans hésiter à "Festins secrets".


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Superbe histoire aussi impeccable qu’effrayante, le roman est une réussite totale, brillante, intelligente et dérangeante. Un auteur à découvrir au plus vite et la preuve que la littérature francophone dispose encore de quelques empêcheurs de publier en rond.

A ce titre, "Festins secrets" est un livre qui ne fait pas que du bien, il rassure.