EN BREF

 
VOS LIVRES DANS LA BOITE AU LETTRES !




En commandant vos livres sur Amazon.fr vous faites des économies [-5%] et vous participez au financement du site car le Cafard cosmique reçoit une petite commission sur les ventes.

Le livre le plus acheté
en mai 2010 :
Janua Vera +
de Jean-Philippe Jaworski
aux Ed. Moutons Électriques

 

A VOIR AUSSI

 
 
Publié le 15/10/2007

"Fiction" n°6

Anthologie périodique de Fantasy & Science-Fiction

LES MOUTONS ELECTRIQUES, AUTOMNE 2007

Par Mr.C

La sixième livraison de notre anthologie périodique préférée est un ton en-dessous : l’automne maussade déteindrait-il sur Fiction ? Beaucoup de textes courts, beaucoup de textes sans grand impact, et deux ou trois bonheurs de lecture bien cachés au milieu.


AU SOMMAIRE :

  • Groupe d’intervention de Paolo BACIGALUPI
  • Sept ans de réflexion de Patrice DUVIC
  • Erreur fatale de Patrice DUVIC
  • Trois Biographies aliénées de Frédéric JACCAUD
  • Ces photos de moi que l’on a pas prises de Léo HENRY
  • Ne comptez plus sur moi pour la Saint Sylvestre de Alfred BESTER
  • Gastronomie aux confins de l’espace de Alfred BESTER
  • Une saynète de New York de Theodore STURGEON
  • La maison de Bulemann de Theodor STORM
  • L’arbre-ballon de Edward Page MITCHELL
  • L’homme le plus doué du monde de Edward Page MITCHELL
  • En plein soleil de Robert Duncan MILNE
  • La maison du chat noir de Yumiko KURAHASHI
  • L’enfant de Mars de David GERROLD
  • Que ça parle de la mer de Jeffrey FORD
  • Écho de Elizabeth HAND
  • Les petites choses de Bridget McKENNA
  • Du thé et des hamsters de Michael CONEY

ET AUSSI :

  • Patrice Duvic [hommage] de Pierre PELOT
  • Paddington et les ombres, une rétrospective de Greg VEZON & Laurent QUEYSSI
  • Portfolio de Hannes BOK
  • « Zombies », 2ème partie d’un essai de Julien BÉTAN & Raphaël COLSON
  • Pour s’envoyer en l’air le regard /2 de A.-F. RUAUD & Raphaël COLSON
  • 23 juin, un récit graphique de DAYLON
  • John CROWLEY, le grand œuvre du temps de Elizabeth HAND

Commençons par faire un tour rapide de tout ce qui ne nous a fait qu’une impression moyenne : à commencer par ces auteurs "re-découverts" dont Fiction publie fièrement les textes. Edward Page MITCHELL et Robert Duncan MILNE, pionniers de la SF américaine du siècle dernier, ou Theodor STORM, écrivain allemand de fantastique, sont sans doute des auteurs importants de la Grande Histoire en Majuscules de la SF, mais, bon... les textes ici présentés, de bonne tenue, ne poussent pas assez loin pour qu’on se précipite sur le net à la recherche de leurs écrits oubliés...
Le style de ces trois anciens a hélas vieilli. MILNE imagine une fin du monde par embrasement solaire que Jules VERNE aurait pû écrire s’il avait orienté son imagination dans la direction fin du monde cataclysmique. La légende proposée par STORM ne déparerait pas chez Edgar POE, avec ses relents gothiques séduisants ; mais on lit tout cela avec ce plaisir qu’on a à observer d’antiques horloges dans une brocante.
L’historiette de Theodore STURGEON, pareillement, pour jolie qu’elle soit, vous arrachera-t-elle un sourire ? Pas davantage en tous cas - et encore, si vous êtes bien luné. Ce n’était, dès le départ, qu’un exercice de style défini par son petit nombre de caractères.

La brièveté des textes est d’ailleurs un défaut redondant de cette anthologie : 20 nouvelles [là où les précédents numéros ne dépassaient la douze-ou-quinzaine], dont certaines sont réellement très courtes, et pas suffisament consistantes. Suivez mon regard vers le texte de Yumiko KURAHASHI, fade, et le roman graphique de DAYLON, potentiellement assez intrigant, mais seulement potentiellement.
Ceci dit, il y a exception : Alfred BESTER, en deux billets d’humeur et d’humour, réussit à faire pétiller l’esprit. C’est toujours ça de pris.

Bridget McKENNA ne fait pas court, mais ne convainc pas davantage. Son histoire d’invasion d’un gentil village par des nuées de fées en plein migration est simplement croustillante. Sans plus.

Il faut donc traverser la moitié du recueil pour atteindre enfin les morceaux de choix : L’enfant de Mars de David GERROLD, Que ça parle de la mer de Jeffrey FORD et Écho de Elizabeth HAND.

David GERROLD livre le meilleur des trois. Les questionnements et les doutes d’un célibataire qui souhaite adopter un enfant forment la trame extraordinairement sensible d’une intrigue amusée mais grave : et si le gosse était vraiment un martien, comme il le prétend ?
C’est finaud, juste, et mené le sourire en coin. Et, redisons-le, extrêmement bien senti quant aux rapports de tout parent avec sa progéniture [toute l’ambiguïté résidant dans la coupe longitudinale du possessif "sa"]. La nouvelle a obtenu le Prix Nebula 2006.

Jeffrey FORD est un maître et Fiction a pris l’habitude de le publier à chaque numéro, avec pour le moment un parcours sans faute. Ce type est un cas d’école, une plume à étudier pour tous les prétendants-écrivains : comment fait-il pour libérer à ce point son imagination à travers les mots ? Il est question ici d’une histoire contée à une fillette par son oncle, une histoire qui parle de mer, et qui va littéralement déborder dans l’histoire, agitée de scènes d’une beauté sauvage.

Elizabeth HAND est un auteur à découvrir pour tout ceux qui aiment le fantastique en nuance, l’érudition et le tact. Sa nouvelle, Echo, accompagnent l’impression donnée par son très recommandable roman L’Ensorceleuse - même si là encore la brièveté est un peu dommageable. Prix Nebula 2007, catégorie Short Story.

Nous avons gardé pour la fin Du thé et des hamsters de Michael CONEY qui clôt le recueil, parce que c’est un cas à part : l’air de rien, cette affaire d’intégration d’un extra-terrestre reptilien mangeur de rongeurs en pleine ruralité US est très très drôle.


COMMANDER

Il y a donc un peu de déception à parcourir ce n°6 - habitués que nous avons été par les précédents numéros à de la très bonne confiture, nous voici maintenant devenus gourmands...
Ajouterons-nous que les illustrations du présent recueil nous ont également peu épaté ? Non, ce serait trop.

Faites donc l’acquisition de Fiction n°6 en connaissance de cause.
Ou pour soutenir le travail éditorial des Moutons.