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Livraison de printemps pour notre anthologie périodique préférée : sous ce numéro 9, quelques merveilles, mais trop peu à notre goût, et beaucoup de remplissage, hélas, qui nous font regretter les volumes précédents.
AU SOMMAIRE DES NOUVELLES :
ET AUSSI :
Ne cherchons pas à être exhaustif : Fiction est un épais recueil, épais et foisonnant puisqu’on y trouve, comme à l’habitude, nouvelles, articles, critiques et portfolios graphiques.
Pour une fois, commençons par la partie graphique : il est devenu traditionnel que Fiction habille ses pages de dessins et cela fut parfois réussi. Le numéro 9, de ce point de vue, détonne en proposant quantités d’aimables croquis sans intérêt dont on peine encore à comprendre la présence en ces pages. Que viennent faire ici les chiens-chiens à chapeau de Nicolas Depresles ? Et les croquignolets animaux peints par Laurence Chassard ? On n’a rien contre ces illustrateurs mais on peine encore à comprendre la raison de leurs interventions récurrentes.
Y-a-t-il eu erreur à l’impression ?
Le strip du Chat de Schrödinger, au contraire, touche juste : faire de l’infortuné matou un personnage de bd est une idée amusante et le résultat fait plaisamment sourire.
Voyons ce que le sommaire nous propose de nouvelles - c’est quand même pour ça qu’on achète Fiction, non ?
Expédions ce qui ne nous a pas convaincu. On reste perplexe face aux Révélations du Prince de Feu de Léo Henry : sa plume gothique flamboyante plonge l’esprit dans des labyrinthes de phrases interminables et si c’est parfois superbe c’est souvent confus. On salut la belle audace qu’il y a à jeter Blaise Cendrars et Corto Maltese au cœur une enquête criminelle à Rio de Janeiro, à la Noël 1927. L’humour n’est pas absent, et c’est heureux. Mais la lecture n’est pas fluide et sur la longueur, c’est lassant.
Glinky de Ray Vukcevich est une gentille plaisanterie, Boris Vian mixé avec Robert Sheckley, mais sans réelle finalité. Même écho tiède pour Le retour du capitaine Rayo de Pablo Dobrinin, Je ne savais pas quelle heure il était de Carter Scholtz, et quelques autres, qui ne réussissent pas à marquer l’esprit.
En revanche, deux tiers restant du sommaire sont plutôt recommandables. En particulier : le Lot n°97 de Laurent Genefort, récit poétique qui manie l’ellipse avec panache autour d’un personnage de riche héritier capricieux et arty, que sa quête d’absolu mène très très très loin. L’épouse au tombeau de Gwyneth Jones, pour sa langue élégante, même si l’intrigue - une histoire d’artefact alien hanté - se laisse anticiper. Serpent de James Kelly pour la drôlerie de la variation au Paradis perdu.
La nouvelle trimestrielle de Jeffrey Ford ne nous déçoit pas : Sous le fond du lac se noue un conte morbide superbe. Pas le meilleur de ce que Ford a livré auparavant dans Fiction, mais néanmoins superbe.
Un voyage dans l’au-delà de M. Rickert est certainement le plus étonnant des récits de ce recueil : ça commence comme une légende gothique, un phare hanté par des marins morts, une histoire d’amour d’outre-tombe, ça se poursuit comme une comédie romantique d’aujourd’hui avant de basculer dans... le totalement inattendu. Mary Rickert, qui signe un autre texte court, Trahison, tout aussi étonnant, est désormais à nos yeux une plume à surveiller.
Barrières de G. David Nordley imagine un amour rendu impossible par l’espace et le temps avec ce qu’il faut de précision dans les mots pour convaincre malgré la brièveté du récit. De même que Eugène Mirabelli, dont Le seul saut connu à travers le temps est un petit bijou de rétro-futurisme.
Quant à La vieille qui, là-haut, porte son fagot noir de Timothée Rey, c’est une réussite ténébreuse, qui évoque certains contes courts de Ray Bradbury.
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On est au final pas mécontent de ce n°9, et pourtant le fait que les textes y soient parfois très très courts (sans être pour autant, systématiquement, très très bons) et parfois sympathiques mais pas excellents nous laisse un peu coi. Peut être a-t-on été trop mal habitué par les premiers numéros de la revue. |
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