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aux Ed. Moutons Électriques

 

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Publié le 01/11/2005

"Fiction" n°2

Anthologie périodique de Fantasy & Science-Fiction

LES MOUTONS ELECTRIQUES, AUTOMNE 2005

Par PAT

Luxueuse revue dont le titre donne des frissons aux plus anciens d’entre nous, Fiction persiste et signe dans l’excellence avec un tome deux [automne 2005] qui remplit toutes les promesses du numéro précédent.

Exigeance éditoriale rare, traitement intelligent de l’actualité, présentation et tenue remarquable, Fiction est assurément la meilleure surprise de l’année. Avec un format original et une mise en page sobre, la revue emmenée par André-François Ruaud alterne les genres dans un pot-pourri bien ficelé susceptible de plaire au plus grand nombre sans jamais niveler par le bas.


Mention spéciale pour la couverture du numéro un, particulièrement éloignée des guerriers velus et des vaisseaux spatiaux quantique, et dont la rigueur et le décalage faisaient mouche. Ce tome deux surfe sur la même veine, mais loupe son coup en proposant une illustration de F’Murr [dont le talent n’est pas à remettre en cause] bêtement anecdotique. Si la ligne graphique est bien là, on souhaite que Fiction maintienne le cap prit lors du tome un et s’éloigne d’un figuratif trop présent en littérature de l’imaginaire. Passons.

L’intérêt principal de Fiction, c’est heureusement ce qu’on trouve à l’intérieur, et ce tome deux est bien la preuve que la revue n’a rien du pétard mouillé. Outre des auteurs connus et reconnus [de SHINER à SALLIS en passant par VONARBURG ou FORD], on trouve des étoiles montantes dont les textes sont, au pire, remarquables : MacLEOD, Elizabeth HAND [auteure que l’hexagone doit maintenant découvrir au pus vite, tant ses oeuvres sont pétrifiantes de sensibilité et d’intelligence] ou encore Julien BOUVET [qui fait ici ces presque premières armes et dont on reparlera]. L’exotisme n’est pas oublié, le serbe Zoran ZIVKOVIC et le danois H.H. LOYCHE, complétant un sommaire alléchant et de haute tenue.

On ne résumera évidemment pas tout ici, mais on insistera sur plusieurs textes. Tout d’abord, celui de LOYCHE ["Ce qu’il y a de bien dans la vie"], dont l’absurde et le comique masquent un tragique aussi poignant qu’effrayant [une course de vélo qui voit disparaître son favori, dans un monde où les humains peuvent se déconnecter de la réalité et de ses nombreuses émotions en se mettant en Pilote Automatique]. De très grande classe, cette courte nouvelle assomme son lecteur et plane longtemps sur son humeur.

On apprécie également le superbe récit de Ian R. MacLEOD, "Le temps du retour" qui, s’il est de facture archi classique, n’en reste pas moins l’une des approches les plus sensibles du voyage dans le temps jamais publiée. Trois scientifiques à l’étroit dans leur nacelle temporelle font le voyage jusqu’en antarctique pour tenter de faire mentir la théorie [et jusqu’à preuve du contraire, la pratique] qui rend impossible tout changement dans la ligne du temps. Développé au compte-goutte, le scénario est implacable, en marge de la désastreuse expédition polaire de Scott. Poignante et étonnamment dense, cette nouvelle est tout simplement formidable.

Ne manquez pas non plus la case Julien BOUVET, dont le très étrange et très intériorisé "Coalescence", donne une vision à la fois terrifiante et personnelle du voyage spatial.

Enfin, le très court texte du serbe ZIVKOVIC, "Le trou dans le mur", entraîne le lecteur dans un face à face inattendu entre un psychiatre et une jeune internée suicidaire censée pouvoir discerner l’avenir du brouillard qui nous enveloppe tous.


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Ne pas lire Fiction - Tome 2 est assurément une erreur.

Ne pas lire Fiction - Tome 1 en était déjà une.

Soyons fous et résumons : manquer Fiction tout court est un aveu d’échec. En deux volumes seulement, l’équipe rédactionnelle a réussi à rendre incontournable ce qui n’était qu’un pari. Chapeau...