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Publié le 01/06/2003

Fight Club de Chuck Palahniuk

[Fight Club, 1996]

REED. FOLIO SF, MARS 2002

Par oman

« Tyler me trouve un boulot comme serveur, après ça, y a Tyler qui me fourre une arme dans la bouche en disant :
- Le premier pas vers la vie éternelle, c’est que tu dois mourir.
Pendant un long moment pourtant, Tyler et moi avons été les meilleurs amis du monde. Les gens n’arrêtent pas de me demander : est ce que j’étais au courant pour Tyler Durden ?
Le canon de l’arme appuyé sur le fond de ma gorge, Tyler dit :
- En fait, nous ne mourrons pas vraiment... »


La vie de tous les jours peut parfois être d’un commun : les journées réglées comme une horloge, avoir un travail commun, avoir un chez soi commun, aller travailler dormir manger aller travailler dormir manger. Alors quand on est dans les assurances pour estimer les risques et que l’on doit estimer s’il vaut mieux financièrement rappeler un produit dangereux ou prendre le risque de payer des dommages et intérêts aux futures victimes éventuellement procédurières, on peut être dégoûté de sa vie, rêver d’une vie meilleure, perdre le sommeil, avoir des insomnies, décider d’aller dans les groupes de soutien pour s’évader et trouver le sommeil. Et puis l’on rencontre Marla. Et puis on rencontre un être qui va changer sa vie : Tyler Durden.
Et puis le fight club...

Fight club : le film.

En 1999, le réalisateur David Fincher réalise son troisième film, après les succès de Seven en 1995 et The game en 1998. Et il a choisi de mettre son talent au service de ce roman de Palahniuk : Fight club. Tout de suite, ce film devient culte, peut-être à cause de sa violence intentionnellement montrée crue, sans fioriture.
Peut-être à cause de ces excellents acteurs que sont Brad Pitt et Edward Norton, complètement déjantés dans leur rôles respectifs. Peut-être à cause de la révélation finale qui retourne le film.
Images chocs et parfois brutales, film réalisé à partir d’un roman choc, interprété magistralement. Voilà tous les ingrédients pour ériger un film culte.

Le malaise d’une société.

Chuck Palahniuk signe là son premier roman, qui est une critique bien acide d’une société en plein malaise. Un malaise transparaissant dès les premières pages que retranscrit Palahniuk avec un style à la hauteur de la critique.

« On achète des meubles. On se dit : ce sera le dernier canapé dont j’aurai jamais besoin de toute mon existence. On achète le canapé, et pendant quelques années on se satisfait du fait que, quoi qui puisse arriver, au moins on a réglé le problème du canapé. Et ensuite le bon service de table. Ensuite le lit parfait. Les rideaux. Le tapis.
Ensuite, on se retrouve pris au piège de son adorable nid d’amour, et les choses qu’on possédait, ce sont elles qui vous possèdent maintenant. »


Il s’en prend aux rouages des multinationales américaines, en campant un héros (ou anti-héros) travaillant dans une entreprise évaluant les risques financiers à rappeler des produits, ce qui ne m’a pas empêcher de penser à l’affaire de Renault et ses limiteurs de vitesse. Il nous conte les tours que peuvent jouer un projectionniste ou un serveur, ce qui ne peut qu’alimenter les légendes qui ont toujours parcouru les couloirs de grands restaurants, et certaines salles de cinéma. L’auteur nous raconte les événements qui pourraient se passer dans les caves de certains bars...
Mais c’est une génération d’anarchistes frustrés où rien ne se passe de bien méchant, où la situation est plus ou moins stable et qui veulent tout faire écrouler pour tout reconstruire. Une bonne guerre et tout ira mieux ?
Mouais, personnellement, les systèmes stables sont quand même plus sympathiques à vivre, je trouve.

« Le charme des voyages, c’est que , où que j’aille, c’est petite vie, vie minuscule. Je vais à l’hôtel savon minuscule, shampoings minuscules, carrés de beurre pour un, lotion dentifrice minuscule, brosse à dent à usage unique. Vous vous pliez au creux d’un siège d’avion standard. Et vous voilà géant. Le problème, c’est que vous avez les épaules trop larges. Vos jambes modèle Alice au pays des merveilles mesurent tout soudainement des kilomètres, si longues qu’elles touchent les pieds de la personne assis devant vous. »


Des ingrédients pour le moins atypiques. Un des autres éléments qui font de ce roman une pure merveille est que l’une des bases de tout cela repose sur ...du savon ! On y apprend à confectionner le savon de manière très particulière. Les terroristes en herbe seront d’ailleurs aux anges : il y a ici moult façon de fabriquer des engins de guerre artisanaux.

« Il existe une prise d’étranglement qui laisse juste assez d’air pour garder son individu éveillé, et ce soir-là, au fight club, j’ai frappé notre novice, j’ai martelé cette belle gueule d’angelot, d’abord avec les jointures osseuses de mon poing pareilles à une molaire pilonneuse, et ensuite avec la base nouée serrée de mon poing après que mes jointures se furent retrouvées à vif à force de racler ses dents qui avaient défoncé ses lèvres. Puis le môme m’est tombé dans les bars en tas de chiffe molle. »


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Première vague, la découverte d’un nouveau monde avec de nouvelles valeurs, de nouveaux modes de pensée.
Deuxième vague, plus inquiétante, plus rapide et incontrôlable. Le héros perd pied et est entraîné de son plein gré dans le remous du courant fight club.

En bref, un très bon roman avec beaucoup d’idées ingénieuses au style accrocheur. Un roman-culte et qui l’aurait été sans le film de Fincher aussi.