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Première publication le 01/05/2005
Publié le 26/09/2009

Forteresse de Georges Panchard

REED. LIVRE DE POCHE, SEPT. 09
1ERE ED. CHEZ ROBERT LAFFONT / A&D, 2005

Par K2R2

Georges Panchard est né à Fribourg [Suisse] en 1955. Peu connu, cet ex-juriste s’est néanmoins fait remarquer grâce à la publication d’une petite dizaine de nouvelles [publiées entre 1981 et 2005]. Forteresse, son premier roman, devait initialement paraître chez ISF [Imaginaire Sans Frontière], mais la disparition prématurée de cet éditeur a retardé sa sortie ; c’est finalement Gérard Klein qui l’a publié en Ailleurs & Demain en 2005 - et voici maintenant la réédition en poche.
Les lecteurs indécis qui souhaiteraient néanmoins faire connaissance avec cet écrivain peuvent consulter le numéro 34 de la revue Galaxies, au sommaire duquel figure une petite nouvelle intitulée « Comme une fumée ».


Au début du XXIème siècle, la géopolitique mondiale a totalement changé de visage, les Etats-Unis ont fini par céder irrémédiablement aux sirènes d’un néoconservatisme théocratique en fondant l’Union des Etats Bibliques, tandis que l’Europe a connu une grave crise politique appelée « Correction », sorte d’idéologie extrémiste bien-pensante rejetant toute idée de nationalisme.

A l’issue de cette remédiation idéologique, l’Europe sombre rapidement dans la violence réactionnaire et fratricide. Violence qui assoit encore d’avantage le pouvoir économique de puissantes multinationales, non sans contreparties. Adrian Clayborne est le chef de la sécurité d’Haviland Corporation, l’une des plus grandes compagnies de la planète, et sa mission prioritaire consiste à en protéger le dirigeant, Brian Mannering. Retranché dans sa forteresse high-tech de Castell One, le président de Haviland est probablement l’un des hommes les mieux protégés au monde, mais lorsque Clayborne apprend que l’Union des Etats Bibliques projette de supprimer Mannering et qu’un système offensif indétectable surnommé Ghost vient d’être dérobé dans un laboratoire suédois, il ne peut s’empêcher de faire un douloureux rapprochement. Il faudra désormais passer à l’offensive pour tenter de court-circuiter le projet meurtrier.

Autant l’avouer tout de suite, l’intrigue du roman n’est pas dénuée d’une certaine complexité. La situation politique, économique et sociale imaginée par Georges Panchard n’a rien de transparent, et le lecteur doit patiemment reconstituer le contexte global au fil des pages. D’autant plus que la structure narrative est pour le moins déroutante, l’auteur ayant habilement entremêlé les différentes périodes de l’action ; il faut parfois noter en début de chapitre la date à laquelle se déroule la scène

Les personnages sont nombreux, les flashbacks réguliers et le contexte plus ou moins facile à appréhender, mais sans pour autant faire de "Forteresse" un roman difficile à lire. Le style de Panchard donne dans une sobriété efficace et bienvenue. Ici, pas d’effets de style ni de lyrisme exacerbé. L’apparence confuse de l’intrigue est en réalité parfaitement maîtrisée par l’auteur, un talent que les dernières pages du roman révèlent au grand jour.


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Après avoir terminé le dernier chapitre, on s’empresse de revenir au premier, histoire de vérifier qu’on a bien saisi le fin mot de l’histoire, tant la chute remet en question la lente construction intellectuelle entreprise dès les premières pages. Tout ceci est fort troublant et révèle qu’en matière de littérature comme dans la vie, les apparences sont parfois trompeuses.
Forteresse est incontestablement une grande réussite formelle, mais certains lecteurs peuvent buter sur l’idéologie qui transparaît dans le contexte socio-politique développé par Georges Panchard.