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Publié le 05/07/2008

Galaxies Nouvelle série n°1

[Revue trimestrielle dirigée par Pierre GÉVART]

ÉTÉ 2008

Par W(illiam Guyard)

Même pas mort ! Après plusieurs mois d’agonie, la méritante revue Galaxies quitte la scène en 2007... pour revenir aujourd’hui en pleine forme après refonte complète. Longue vie à Galaxies Nouvelle série !
Ou pas...


Sous la houlette de Pierre GÉVART - sympathique créateur du fanzine Géante Rouge - Galaxies redémarre à zéro. Nouvelle maquette, nouvelle équipe, bref nouvelle revue. De quoi relancer la machine ?
À première vue, non. Impossible de passer sous silence l’aspect franchement catastrophique de la chose.
On l’a dit, Pierre GÉVART vient du fanzinat. Et ce qui est bon pour un fanzine n’est tout simplement pas tolérable pour une publication professionnelle. Composition de la couverture, maquette intérieure, mise en page, matériaux, choix esthétiques, polices de caractère... Tout jure furieusement. Sans parler de la couverture honteusement pixelisée et enterrée par une impression médiocre... Erreur technique vite reconnue et corrigée en partie, c’est surtout le résultat d’une sortie précipitée. Bref, de l’amateurisme, au mieux gênant, au pire énervant. D’entrée de jeu, ça ne va pas être facile... Bifrost et Fiction planent largement au-dessus.

Pour le contenu, c’est traditionnel, on trouve d’abord de nombreuses nouvelles, dont celles de Georges PANCHARD et de Xavier MAUMÉJEAN. Le texte de PANCHARD - sur le thème de la manipulation du vivant - est une amusante diatribe du monde de l’entreprise, malheureusement truffée d’interludes censés retranscrire le monologue intérieur d’un arbre, pas assez autre pour vraiment fonctionner. Engadine de MAUMÉJEAN, est centrée autour du majordome d’un ange installé sur Terre pour on ne sait trop quelle raison. Un peu long à démarrer, le texte est prompt à s’arrêter, coupé au détour d’une phrase par les hasards de la maquette [bug d’autant plus ridicule que la nouvelle en question est une “nouvelle à chute”].
Frédéric SERVA - ancien de Limite - propose un texte ambitieux et bancal axé sur un mode poétique. Thomas GERENCER livre une nouvelle a priori humoristique, mais la traduction peine à rendre le ton loufoque de l’auteur. Alastair REYNOLDS, lui, nous offre L’histoire véritable, ni bonne, ni mauvaise, bien au contraire...
Les autres textes oscillent entre le médiocre et l’authentiquement mauvais. Celui des BELMAS, notamment, couple d’écrivains que Galaxies soutient depuis longtemps. Une nouvelle poussive située dans l’univers des Terres Mortes, racontée sur un mode fantastico-science-fictif, pleine de longueurs et de lourdeurs. Le couple nous avait habitué à mieux. Un simple regard extérieur - un éditeur, donc - aurait suffi à l’améliorer.
On passera également sur les “Trois questions à” qui leurs sont posées, inepte catalogue de chiffres sur la désertification des campagnes. Reste la “Nouvelle plume” de Jean-Pierre GUILLET, niveau Bernard WERBER premier jet.

Après les nouvelles, l’imposant appareil critique.
Commençons pas le dossier consacré à Alastair REYNOLDS. La nouvelle, on l’a vu, se laisse lire, mais ne présente pas le moindre intérêt. Elle est accompagnée d’un article décrivant l’univers du cycle des Inhibiteurs sous la forme d’un catalogue des thèmes abordés, et d’une interview stérile.
L’entretien entre Joëlle WINTREBERT et Olivier NOËL est, lui, bien plus convaincant. L’échange semble assez tendu, mais du coup, WINTREBERT s’investit vraiment et fait de ce papier l’élément le plus intéressant de la revue. On se demande néanmoins pourquoi cette interview n’a pas été mise de côté en attendant un vrai dossier WINTREBERT. Passons.

Ce nouveau Galaxies se disperse bien trop. On y trouve encore une interview de Neil GAIMAN [qui ne mérite vraiment pas de faire la une, mais qui attire le chaland], un article sur les zombies au cinéma [sujet rebattu et infiniment mieux traité dans les tomes 5 et 6 de la revue Fiction], ainsi qu’un état des lieux superficiel et laborieux de la SF en Italie.
Sommaire bien trop riche, donc, avec des articles manquant singulièrement de profondeur pour l’héritière de la revue de référence.

Restent les “Notes de lecture”, fourre-tout disgracieux où l’on passe du très bon [Jérôme LAVADOU pour Un paradis d’enfer] au très mauvais, voire au risible [trilogie de WESTERFELD expédiée en une quinzaine de lignes ; livre critiqué deux fois sans confrontation de point de vue ; critique passant une page et demie à "résumer" le texte...]. On notera la présence d’une louable rubrique destinée à présenter un auteur ayant trempé un orteil dans la science-fiction. Ici c’est Cormac McCARTHY et La route qui sont mis à l’honneur.

Et ensuite ? Eh bien, on referme la revue, on la range et on l’oublie.


Un premier opus des plus décevant donc. Pierre GÉVART est sans conteste plein de bonne volonté, mais il va devoir rapidement s’entourer de gens compétents, que ce soit pour la maquette ou la direction littéraire, comme Stéphanie NICOT avait su le faire voilà douze ans.
Le récif est proche, mais il est encore temps de reprendre la barre en main.