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Publié le 01/03/2009

Galaxies Nouvelle série n°3

[Revue trimestrielle dirigée par Pierre GÉVART]

HIVER 2009

Par W(illiam Guyard)

Depuis l’effrayant premier numéro du printemps dernier, la « sister revue » de Bifrost a commis trois livraisons, dont un volume 1 bis, version partiellement corrigée du premier opus.
Chronique d’un naufrage annoncé.


Il y a du mieux chez Galaxies.

  • Tout d’abord dans la présentation. Changement d’imprimeur, correction d’erreurs de maquette, le numéro 1 bis a déjà fait faire un bond à la revue. Depuis, les illustrations de couverture ont évolué pour un numéro 3 enfin de bon goût. Et si la pixellisation sévit encore dans les photos et publicités, elle est en décrue.
  • Ensuite il y a l’exercice obligé de la revue : le cahier critique. S’il n’était pas exempt de défauts dans les premières livraisons, le travail de sélection des collaborateurs et d’équilibrage des papiers a été fait. C’est aujourd’hui la partie la plus convaincante de Galaxies NS.
  • Enfin les nouvelles. Si on trouvait [seulement] deux bons textes dans le premier opus, il n’y en avait plus dans le deuxième, seuls trois auteurs proposant des textes au mieux intéressants [Alain DAMASIO, Stephen WOODWORTH et Linda NAGATA]. Un grand bond en avant a en revanche été fait avec la dernière livraison. On retiendra en particulier le texte de Xavier MAUMÉJEAN, qui illustre le dossier qui lui est consacré par un extrait de son prochain roman, un space-opera très alléchant. Les nouvelles de Shane TOURTELOTTE [une classique histoire de mort numérisé] et David REA [qui imagine une société future basée sur le jeu et le sadisme] sont aussi très agréables. Et rien de déshonorant dans le reste des textes.

Si les fictions commencent à être satisfaisantes, c’est du côté des articles que Galaxies NS pèche lourdement. En premier lieu les dossiers, fer de lance de l’ancien Galaxies. Depuis le lamentable dossier Alastair REYNOLDS du numéro 1, la situation n’a fait que se dégrader. On en jugera en consultant la bibliographie commentée du dossier MAUMÉJEAN [Galaxies NS 3], composée pour plus de moitié d’extraits de chroniques récupérés sur ActuSF et dans Galaxies. Et le cahier critique mis à part, c’est tout le rédactionnel qui souffre d’une médiocrité et d’un manque de pertinence accablants. Seul article à sauver de ces trois premiers tomes, l’entretien avec Joëlle WINTREBERT, déjà signalé, du premier opus.

Et il reste les coquilles. Pas de simples et communes erreurs de frappe ou fautes d’orthographe, mais des bourdes grossières telle cette annonce d’un texte fantôme de Frédéric CHAUBERT au sommaire... ou encore les bibliographies exhaustive et commentée du dossier MAUMÉJEAN, incompatibles dans certaines dates de publication et noms d’éditeurs.

Contrairement à ce que semble penser le rédacteur en chef [1], ceci est loin de faire rire le lecteur.
Outre une direction calamiteuse, Pierre GÉVART nous inflige copieusement sa prose indigeste. Et les griefs sont nombreux :

  • Emploi quasi systématique, et malheureux, de la première personne du singulier [« Je m’y suis lancé illico, lecture en trois étapes : la moitié le premier soir [...] Deuxième étape, second soir [...] Troisième étape : les dix dernières pages ; le matin, entre le café du réveil et la douche... » [2]].
  • Nombreuses anecdotes personnelles, déplacées et sans intérêt [« « New York, me dit un jour fredgev, le rédacteur en chef du fanzine Géante rouge, tu verras, c’est LA ville ». Et c’est vrai. Comme lui, et comme Xavier MAUMÉJEAN, qui y séjourna quelquefois, j’ai pu sentir l’étrange force d’attraction de ce lieu magique. « It’s New York ! » me balança comme une évidence le chauffeur du taxi pour justifier l’énormité du pourboire exigé. Eh oui, it’s New York. » [3]].
  • Absence de modestie [les références faites à son propre travail d’auteur dans l’interview de Xavier MAUMÉJEAN, ou la chronique de Bifrost dans le numéro 2, tournent à la farce].
  • Déontologie douteuse [incessantes mentions au fanzine Géante rouge, que Pierre GÉVART dirigeait précédemment et qui est resté une affaire familiale].

De quoi nous faire regretter Stéphanie NICOT et ses éditoriaux fielleux.


On retiendra donc des ces premiers numéros une réelle progression de la qualité des textes et une partie critique tout à fait satisfaisante mais un bilan plus que calamiteux pour tout le reste, c’est-à-dire ce qui fait une revue.

Ce n’est pas la récente annonce du départ d’Olivier NOËL de la rédaction qui rassurera. Et Pierre GÉVART devra engager une sérieuse refonte de l’équipe s’il souhaite élever Galaxies NS au dessus de ce niveau, à peine digne d’un fanzine.



NOTES

[1] Interview accordée à ActuSF, disponible en version audio.

[2] Critique de Comme le fantôme d’un jazzman dans la station Mir en déroute, Galaxies NS 3, p. 182.

[3] Article La part de l’auteur à propos de Xavier MAUMÉJEAN, Galaxies NS 3, p. 87.