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Publié le 01/07/2006

"Galaxies n°39"

Printemps 2006

Par K2R2

A quelques mois d’intervalle seulement les revues "Galaxies" et "Bifrost" fêtent cette année leurs dix ans. Alors que la concurrence s’est fendue d’un épais numéro d’un peu plus de 380 pages, "Galaxies" se contente de 256 pages, d’un gros retard [décidément ça devient une habitude] et d’un édito qui fait à peine référence à cet anniversaire.

Soit ! L’épaisseur de la revue n’étant pas à priori un gage de qualité, intéressons nous plutôt au sommaire de ce numéro qui consacre son dossier central à l’incontournable Norman SPINRAD.


C’est Raymond ISS qui fait l’ouverture de ce numéro anniversaire, avec un texte intitulé « Ils arrivent ». Contrairement à ce que le titre pourrait laisser entendre, il ne s’agit pas d’une nouvelle d’extraterrestres, mais d’une histoire de voyage temporel sur fond de seconde guerre mondiale. Equilibré, non dénoué d’humour et plutôt bien écrit, ce texte est une bonne mise en bouche et se déguste avec plaisir.

Vient ensuite ce qui pourrait apparaître comme le morceau de choix d’un sommaire qui s’annonçait plus qu’alléchant, à savoir une assez longue nouvelle d’Alastair REYNOLDS que l’on peut rattacher au fameux cycle des Inhibiteurs. L’auteur fait un retour dans le passé assez conséquent puisqu’il s’intéresse cette fois au début du conflit entre La confédération terrienne et les futurs Conjoineurs, alors que les premiers sont en position de force et maintiennent un embargo serré sur la petite colonie de Mars, occupée par à peine quelques milliers de conjoineurs.

L’occasion de retrouver, plus jeune de quelques centaines d’années, le personnage central de Clavain, qui, du camp des confédérés rejoindra celui des conjoineurs. Une nouvelle qui n’a malheureusement d’intérêt que pour les amateurs du cycle des inhibiteurs. Les autres peuvent passer leur chemin, bien que le texte dispose de quelques trouvailles intéressantes.

Après cette semi-réussite, c’est avec plaisir que le lecteur entame la nouvelle de l’excellent Robert REED. Un texte vaguement science-fictif, mais néanmoins assez bien conçu, qui narre la rencontre fortuite d’une jeune cambrioleuse avec un vieux scientifique de renom qu’elle s’apprêtait à dévaliser. L’occasion d’une nouvelle réflexion sur le temps et la mémoire, à laquelle je l’avoue humblement je n’ai pas tout saisi. Une nouvelle tragique, mais également profondément humaine, qui reste dans la bonne moyenne de la production de cet auteur. Mais le petit coup d’air frais vient finalement de là où on ne l’attend pas, avec la contribution de Kathleen Ann GOONAN ; cette longue nouvelle au ton doux-amer est étonnamment sympathique et résolument originale.

Les histoires de princesse et de fantôme sur fond de décor hawaïen ne courent finalement pas les rues et c’est avec plaisir que l’on entre dans cette nouvelle, fort bien écrite et fort bien traduite, ce qui ne gâche rien à l’affaire. Avant de rentrer dans le vif du sujet, [à savoir le dossier SPINRAD], Nathalie LE GENDRE, bien connue pour ses romans jeunesse, nous propose une short short d’un peu plus de deux pages. C’est mignon tout plein, mais personnellement je préfère les textes plus percutants pour ce type d’exercice. Ceci dit, moi aussi j’ai rêvé de voyager dans l’espace quand j’étais petit.

Déçu, déçu, déçu. Voila mon sentiment après avoir lu le dossier consacré à Norman SPINRAD. La faute en incombe à une nouvelle qui très sincèrement ne m’a pas du tout convaincu. Plutôt court, le texte est en réalité construit comme un collage de divers documents [articles issus de divers journaux, extraits d’un journal de bord, rapports] censé relater l’organisation par le Terre d’une mission de secours vers une planète gravitant autour de l’étoile de Barnard. Les hommes ont en effet reçu un message de détresse, de la part d’une civilisation presque anénantie par la pollution et les guerres, et se saignent aux quatre veines pour construire un vaisseau qui tentera de sauver les survivants de Barnard.

Pas complètement dénué de second degré et à certains moments doucement caustique, le texte n’est malheureusement pas assez incisif et la fin, gentiment prévisible et un tantinet moralisatrice, ne sauve pas SPINRAD du naufrage. L’interview quant-à elle laissera quelque peu le lecteur sur sa faim, car bien trop courte. Heureusement, l’article de synthèse de Tom CLEGG est suffisamment bien fait pour réhausser le niveau de ce dossier sans grand relief.


Un numéro anniversaire en demi-teinte, pas franchement transcendant.

On retiendra néanmoins de ce sommaire en forme de pétard mouillé la nouvelle de Kathleen GOONAN, une auteure que la revue a longtemps soutenue et qui tardait à confirmer en France les espoirs que l’on avait placés sur ses frêles épaules, ainsi que dans une moindre mesure les nouvelles de Robert REED et Alastair REYNOLDS.