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Auteur controversé par excellence, tant par son oeuvre que par ses propos parfois explosifs, Michel HOUELLEBECQ méritait sa fiche sur le Cafard cosmique tant ses romans flirtent régulièrement avec la prospective et un goût certain pour l’anticipation sociale.
Né des amours d’un guide de haute-montagne et d’une anesthésiste, le jeune Michel est vite confié à sa grand-mère, dont le nom lui servira de pseudonyme.
Il découvre LOVECRAFT à 16 ans, qui lui fera une impression durable. Son premier livre sera d’ailleurs consacré au reclus de Providence. Sa scolarité brillante le mène dans les prépas aux grandes écoles, puis à l’Institut national agronomique Paris-Grignon. Il commence à publier ses premiers poèmes dans une revue qu’il publie au sein de son école.
Diplomé d’agronomie, il se lance alors dans des études de cinéma et se marie. A sa sortie de l’école, en 1981, nait son fils Etienne. Il divorce rapidement et sombre dans la dépression. Il trouve une place d’informaticien chez Unilog puis au Ministère de l’agriculture.
Ce n’est qu’au début des années 90 qu’il commence à publier. Tout d’abord des poèmes, puis son essai sur LOVECRAFT. Son premier roman est publié en 1994, « Extension du domaine de la lutte », un roman autobiographique et mainstream, qui le fera connaitre. Quatre ans plus tard, il publie son premier roman de SF, « Les particules élémentaires », qui soulève de nombreuses polémiques pour ses propos jugés réactionnaires.
En 2000, il publie une novella accompagnée d’un recueil de photos : « Lanzarotte ». Le livre provoque une nouvelle polémique, car il est jugé pro-raélien par certains.
En 2001 sort « Plateforme », nouvelle oeuvre mainstream traitant du tourisme sexuel. Là encore, l’auteur provoque une polémique. Il est vrai que le roman n’est pas tendre pour l’Islam. C’est d’ailleurs dans une interview donnée à l’occasion de ce roman qu’il jette un pavé dans la mare germanopratine, en déclarant que l’Islam est la religion la plus con. Le tout Paris littéraire se mobilise à son procès, et l’auteur est relaxé.
En 2005, HOUELLEBECQ sort son dernier roman à ce jour, « La possibilité d’une île ». Le roman est tenu secret, les services de presse ne sont envoyés qu’à la presse la plus amicale envers l’auteur. L’écrivain-critique Angelo RINALDI étrille à nouveau HOUELLEBECQ, en attaquant la science-fiction. La rumeur court que HOUELLEBECQ devrait recevoir le Goncourt, mais il n’aura que l’Interralié.
Le gourou Raël saluera ce roman, provoquant là encore la polémique, d’autant plus que HOUELLEBECQ fait ouvertement état de ses sympathies pour la secte.
En 2007, HOUELLEBECQ se lance dans l’adaptation cinématographique de « La possibilité d’une île », qu’il réalisera lui-même.
[EDITIONS FAYARD 2005] Prix Interallié
Les eaux tranquilles de la SF ont encaissé en 2005 la chute du dernier météore HOUELLEBECQ. La possibilité d’une île est il à la hauteur du vacarme médiatique généré ? Pas sur.
L’ouvrage raconte les tribulations sexuelles d’un humoriste qui soigne ses peines de cœur dans une secte religieuse, les Elohim. Celle ci met au point une technique de clonage qui va contribuer au succès de sa doctrine et décider du futur de l’humanité. La narration est alimentée par les récits des clones successifs de l’humoriste Daniel.
Qu’en penser ?
Le thème du roman, la recherche vaine du bonheur à travers la sexualité, est desservi par une intrigue aux ficelles énormes et le lecteur fera immédiatement le lien avec les pitoyables exploits récents de Rael et la peudo cloneuse Brigitte au décolleté avantageux.
La première partie du récit qu’on pourrait sous titrer « Pétasses et grosses bagnoles », pour reprendre les expressions de l’auteur, est très pénible. Oui la religion est omniprésente, oui le sexe est en berne, moi aussi je connais mon Sollers par cœur.
On eut souhaité que HOUELLEBECQ, grand connaisseur de LOVECRAFT, transforma ses lubies en monstres comme le génial écrivain de Providence ou le SUSKIND du « Parfum », et nous épargna [comme d’autres] ce bloc-notes.
La suite cependant s’améliore et les ébats avec Esther glissent peu à peu dans un cérémonial funèbre évoquant « l’empire des sens ». Enfin, oh surprise, la troisième et courte partie narrant la recherche des humains primitifs par un néo humain est carrément un récit de SF qui sent bon son H.G WELLS.
Un ouvrage noir à classer comme une curiosité.

Deux frères à l’opposé l’un de l’autre dans la gestion de leur vie sexuelle. Un panorama peut-être trop caricatural d’une certaine France et un final de science-fiction grand guinolesque... HOUELLEBECQ n’y va pas avec le dos de la cuillère.
Olivier
Soleil vert