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Par PAT
Qu’on aime ou pas Harry Potter est devenu presque secondaire dans un tel bordel. Malgré des défauts certains et une indéniable niaiserie, la série se laisse lire et n’est somme toute pas autre chose que ce qu’elle prétend être : une histoire pour enfants et pré-ados, bien ficelée, plutôt maligne, évidemment pleine de bons sentiments mais agréable à suivre et parfois passionnante.
Malgré ces incontestables qualités, il clair que le pouvoir financier de l’auteur est à même de faire taire tout éditeur éventuellement tenté de calmer la pagination en se demandant si, ça et là, il ne serait pas judicieux d’utiliser une bonne pare de ciseaux. De fait, les tomes 3, 4 et 5 sont devenus de plus en plus ventrus, une tendance à l’obésité que l’arrivée du tome 6 ne dément pas. Il est désormais plus qu’évident que ROWLING écrit et fait ce qu’elle veut, l’éditeur se contenant d’acquiescer en d’empocher l’argent. C’est dommage, car la qualité de la série est évidente pour peu qu’on la regarde avec honnêteté. Et finalement, à force de démission, la dégradation progressive des romans est aujourd’hui flagrante.
Long, affreusement long, poussif et finalement désespérément vide, « Harry Potter et le prince de sang-mêlé » est l’archétype du roman inutile. Si la sortie annuelle est millimétré par un marketing bien huilé, si tout le monde sait que la série doit s’achever l’année prochaine avec le septième et dernier tome qui verra Harry Potter triompher de Voldemort et Ron épouser Hermione, il fallait néanmoins un tome 6 pour préparer le terrain. Hélas, ROWLING n’a vraisemblablement rien à dire dans cet épisode, et elle s’y applique avec beaucoup de talent.
Bilan de l’affaire : Page 1 à 300, Harry réintègre Poudlard.
De la page 300 à 500, il ne se passe rien.
De la page 500 à 600, ça devient enfin intéressant et l’essentiel de ce sixième tome s’y concentre.
Sixième tome qui s’achève par la mort du principal, donc. Apparemment Voldemort aurait scindé son âme en plusieurs exemplaires [d’où sa bien commode tendance à revenir à chaque épisode]. A charge de Harry et de Dumbledore de découvrir où le super vilain stocke ses âmes pour mieux les détruire les unes après les autres. Quant au personnage le plus intéressant de la série, le professeur Rogue [Snape, en anglais], son rôle trouble l’est encore plus.
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Deux choses se dessinent : soit J.K. ROWLING s’aligne sur un premier degré déconcertant de nullité et auquel cas, c’est toute la série qui s’écroule. Soit elle fait dans l’intelligence [ce qu’on lui souhaite et ce dont, honnêtement, on se doute] et travaille son personnage dans l’ambiguïté et le double-jeu. Si la deuxième option est retenue, cela promet un tome 7 vraiment passionnant. Sinon, ami[e]s fans, vous pouvez lâcher le train en route. A la lumière de ces éclaircissements, on pourra y découvrir un splendide coup médiatique. Faire un livre tellement mauvais et tellement gros que l’idiot du village se précipitera sur la suite, tandis que l’intello de salon se jettera lui aussi sur le suivant pour savoir si cet éventuel second degré se confirme. Dans tout les cas, on passe la caisse. C’est pas génial, ça ? |
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