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Publié le 10/09/2005

« Harry Potter et le prince de sang-mêlé » [Harry Potter VI] de J.K. ROWLING

[« The Half Blood Prince », 2005]

ED. GALLIMARD, 2006

Par PAT

Oubliez la guerre, les émeutes, la pauvreté, oubliez Noël, oubliez tout, Harry POTTER revient. Evènement littéraire sans comparaison qui ferait passer le lancement du nouveau HOUELLEBECQ pour une chanson mineure de Michel SARDOU, le sixième tome des aventures du petit sorcier est déjà meilleure vente depuis août 2005... en France. Et ce malgré une traduction attendue pour Octobre. Autant dire que l’engouement des foules pour ce désormais jeune homme ne se dément pas avec les années. Autant dire aussi que l’animal se passe de critiques, commentaires ou autres exégèses. La chose est lancée, et, un peu à la manière d’un Sarkozy dans la course à l’Elysée, rien ni personne ne pourra l’arrêter.


Qu’on aime ou pas Harry Potter est devenu presque secondaire dans un tel bordel. Malgré des défauts certains et une indéniable niaiserie, la série se laisse lire et n’est somme toute pas autre chose que ce qu’elle prétend être : une histoire pour enfants et pré-ados, bien ficelée, plutôt maligne, évidemment pleine de bons sentiments mais agréable à suivre et parfois passionnante.

Malgré ces incontestables qualités, il clair que le pouvoir financier de l’auteur est à même de faire taire tout éditeur éventuellement tenté de calmer la pagination en se demandant si, ça et là, il ne serait pas judicieux d’utiliser une bonne pare de ciseaux. De fait, les tomes 3, 4 et 5 sont devenus de plus en plus ventrus, une tendance à l’obésité que l’arrivée du tome 6 ne dément pas. Il est désormais plus qu’évident que ROWLING écrit et fait ce qu’elle veut, l’éditeur se contenant d’acquiescer en d’empocher l’argent. C’est dommage, car la qualité de la série est évidente pour peu qu’on la regarde avec honnêteté. Et finalement, à force de démission, la dégradation progressive des romans est aujourd’hui flagrante.

Long, affreusement long, poussif et finalement désespérément vide, « Harry Potter et le prince de sang-mêlé » est l’archétype du roman inutile. Si la sortie annuelle est millimétré par un marketing bien huilé, si tout le monde sait que la série doit s’achever l’année prochaine avec le septième et dernier tome qui verra Harry Potter triompher de Voldemort et Ron épouser Hermione, il fallait néanmoins un tome 6 pour préparer le terrain. Hélas, ROWLING n’a vraisemblablement rien à dire dans cet épisode, et elle s’y applique avec beaucoup de talent.

[ATTENTION SPOILER] Histoire de pimenter un scénario inexistant, L’auteure tue Dumbledore à la fin. C’est gagné, nous avons le drame, les attachés de presse ont quelque chose à se mettre sous la dent et le lecteur est content. Ah ça, il s’en est passé, des choses.

Bilan de l’affaire : Page 1 à 300, Harry réintègre Poudlard.
De la page 300 à 500, il ne se passe rien.
De la page 500 à 600, ça devient enfin intéressant et l’essentiel de ce sixième tome s’y concentre.
Sixième tome qui s’achève par la mort du principal, donc. Apparemment Voldemort aurait scindé son âme en plusieurs exemplaires [d’où sa bien commode tendance à revenir à chaque épisode]. A charge de Harry et de Dumbledore de découvrir où le super vilain stocke ses âmes pour mieux les détruire les unes après les autres. Quant au personnage le plus intéressant de la série, le professeur Rogue [Snape, en anglais], son rôle trouble l’est encore plus.


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Deux choses se dessinent : soit J.K. ROWLING s’aligne sur un premier degré déconcertant de nullité et auquel cas, c’est toute la série qui s’écroule. Soit elle fait dans l’intelligence [ce qu’on lui souhaite et ce dont, honnêtement, on se doute] et travaille son personnage dans l’ambiguïté et le double-jeu. Si la deuxième option est retenue, cela promet un tome 7 vraiment passionnant. Sinon, ami[e]s fans, vous pouvez lâcher le train en route. A la lumière de ces éclaircissements, on pourra y découvrir un splendide coup médiatique. Faire un livre tellement mauvais et tellement gros que l’idiot du village se précipitera sur la suite, tandis que l’intello de salon se jettera lui aussi sur le suivant pour savoir si cet éventuel second degré se confirme.

Dans tout les cas, on passe la caisse. C’est pas génial, ça ?