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Depuis qu’Arnold SCHWARZENEGGER a immortalisé le personnage de Conan en barbare-bas du front-kitschouille expert en coup de glaive et en répliques monosyllabiques, la sword-and-sorcery est associée dans l’esprit général à la fantasy la plus beta qui soit.
Réparons une injustice : si une part [non négligeable] de la fantasy héroïque se cantonne aux archétypes, paraphrasant sans talent ni esprit les récits tolkienniens, le créateur de Conan, Robert E. HOWARD, est un auteur plus profond qu’il ne semble, trahi par ceux qui publièrent son œuvre, en partie restée inédite après sa disparition soudaine.


A sa mort en juin 1936, HOWARD laisse derrière lui des centaines de tapuscrits jamais publiés, des histoires de Conan mais aussi beaucoup d’autres, et de nombreux poèmes. Dans les années 50, l’un de ses fans, Glenn LORD s’attache à faire publier certains de ses textes, mais c’est l’auteur de SF Lyon SPRAGUE DE CAMP et son assistante Lin CARTER qui firent publier et connaître au plus large public ces histoires restées impubliées.
Leur travail, en association avec l’éditeur Lancer Books, fut un succès inespéré : des millions d’exemplaires des nouvelles aventures de Conan furent vendues. Conan le flibustier, Conan le guerrier, Conan l’usurpateur, Conan le conquérant... les tomes se succédèrent. L’ennui c’est que SPRAGUE et CARTER ne se contentaient pas de remettre en forme les notes léguées par HOWARD : ils les remaniaient beaucoup, ajoutaient des éléments de leur propre crû, changeaient les fins...
Et lorsqu’il eut épuisé le fond laissé par HOWARD, au lieu de s’en tenir là, SPRAGUE se mit à imaginer lui-même la suite des aventures du cimmérien : Conan le barbare, Conan l’explorateur, Conan le justicier, etc, etc, etc.
Pas regardant, le public suivit : dans les années 70, le personnage de Conan atteint le maximum de sa popularité, fut adapté en comics, puis au cinéma par le musculeux Arnold.

Il fallu attendre les année 80 pour que des essayistes posent la question du travail de SPRAGUE DE CAMP : n’avait-il pas franchement modifié l’esprit original de l’œuvre ? N’avait-il pas caricaturé le personnage de Conan, en faisant une brute épaisse sans états d’âmes, prêt à tout dans sa quête d’une couronne ?

La réédition récente des récits originaux de HOWARD, expurgés des modifications apportées par SPRAGUE, répond à l’envie des passionnés de retrouver l’esprit du travail de HOWARD, plus pessimiste, plus sombre, plus mélancolique que ce qu’en avait fait SPRAGUE.
En France, ce sont les éditions Bragelonne qui ont publié ce travail d’archéologie littéraire, mené en grande partie par un Français, Patrice LOUINET, passionné de longue date par l’œuvre d’HOWARD, un type plus complexe qu’on aurait pu le penser de prime abord.

Robert Ervin HOWARD est né au Texas, d’un père médecin. Les attaches de ses parents dans les Etats du Sud, anciens Etats confédérés de la Guerre de Sécession, éveillent très tôt chez le jeune garçon le goût des épopées militaires, des contes indiens, et peut-être un certain sens du tragique.

Passionné de lecture, sous l’influence de sa mère, il découvre des auteurs comme Rudyard KIPLING et Jack LONDON, ainsi que les premiers pulps. A 9 ans, il se sent déjà l’envie d’imaginer des récits d’aventures et se met à l’écriture, imaginant des récits guerriers pleins de Vikings...
A 19 ans, il publie Spear and Fang [Lance et Crocs] dans le pulp Weird Tales, et il devient l’un des auteurs publiés régulièrement dans cette future revue culte, créant plusieurs héros batailleurs, comme Solomon Kane.

Mais ses débuts en littérature sont difficiles. Et une autre passion va lui permettent de compléter ses pauvres revenus : la boxe.
Marqué par les récits de lynchage de l’époque de l’esclavage et le souvenirs des horreurs des guerres entre blancs et indiens, HOWARD est convaincu que dans ce pauvre monde la force physique est un atout nécessaire. Jeune homme, il s’astreint à un entraînement sportif régulier.
Il faut savoir que dans les années 20, la boxe est largement le sport le plus populaire des Etats-Unis. HOWARD va devenir un passionné, pratiquer la boxe lui-même avec quelques réussites au niveau local, et écrire des fictions situées dans l’univers des boxeurs.
Ses nouvelles, publiées dans le magazine spécialisé Fight Stories, se taillent un franc succès auprès des lecteurs et améliorent l’ordinaire du jeune homme. A 23 ans, il quitte l’université et peut déjà se permettre de vivre de ce qu’il écrit.

Influencé par LOVECRAFT et Edgar A. POE, HOWARD commence à introduire dans ses histoires de barbares des éléments de fantastique et même d’horreur : en août 1929, son Shadow Kingdom met en scène un guerrier impitoyable, King Kull, roi d’une île du continent imaginaire de Lémurie, dont l’ennemi mortel est un sorcier baptisé Thulsa Doom. Le genre Sword And Sorcery, qu’on pourrait définir rapidement comme un bâtard de TOLKIEN et de LOVECRAFT, vient de naître.
L’influence de H.P. LOVECRAFT sera d’autant plus prégnante que HOWARD entretiendra avec son contemporain, publié lui aussi dans Weird Tales, une relation épistolaire très suivie, depuis les années 30 jusqu’à sa mort.

HOWARD poursuit l’exploration du genre qu’il a créé, lâchant assez rapidement King Kull pour imaginer le personnage de Bran Mak Morn, roi d’une version romancée de la tribu picte [les premiers écossais, qui affrontèrent l’envahisseur romains], puis son héros le plus célèbre, Conan le Cimmérien, qui apparaît en décembre 1932 dans la nouvelle The Phoenix on the Sword.
Conan est rapidement si populaire que Weird Tales achète 17 récits le concernant de 1933 à 1936.

Conan ne résume pas l’œuvre d’HOWARD : celui-ci est un auteur prolifique qui contribue dans les années 30 à une douzaine de pulps différents, touchant à tous les styles, de l’enquête policière historique aux histoires de pirates ou de cow-boy, en passant par l’horreur pure. Mais c’est bien Conan qui fera rentrer HOWARD dans la postérité.

En 1934, Howard noue une idylle avec une séduisante institutrice, Novalyne PRICE, qui vient d’être nommée dans sa ville de Cross Plains. Après deux ans de rapports houleux, passionnés, riche en disputes et en retrouvailles, leur relation prend définitivement fin au printemps 1936 [1].
Cette histoire d’amour triste éclaire le personnage de HOWARD sous un jour nouveau : cet homme très physique, féru de sport de combat, qui imaginait les aventures épiques de guerriers conquérants, était un dépressif chronique mal dans sa peau. Dans des périodes difficiles pour lui, il avait plusieurs fois évoqué le suicide, devant sa famille ou ses amis. De là vient sans doute la mélancolie qui imprègnent les aventures de Conan, le pessimisme latent qui s’en dégage - et que SPRAGUE DE CAMP avait édulcoré.

Très atteint par la maladie de sa mère, qui avait contracté la tuberculose, HOWARD encaisse très mal l’aggravation de son état, lorsqu’elle sombre dans le coma en juin 1936. Convaincu qu’elle ne se réveillerait jamais, il se donne la mort dans sa voiture avec un pistolet emprunté. Il avait 30 ans.
Sa mère décède le lendemain. Ils sont inhumé ensemble, trois jours plus tard, au Greenleaf Cemetery de Brownwood, au Texas.



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Échos de Cimmérie. Hommage à Robert Ervin Howard, 1906-1936 sous la direction de Fabrice Tortey

Plus de soixante-dix ans après la mort de l’auteur, l’actualité howardienne en France est pour le moins chargée : après les rééditions entreprises chez Bragelonne par l’excellent Patrice Louinet (les intégrales de Conan et de Solomon Kane, auxquelles il faut ajouter Le Seigneur de Samarcande), suivies du volume de la « Bibliothèque rouge » consacré à Conan sous la direction de Simon Sanahujas, voilà que les éditions de L’Œil du Sphinx nous proposent à leur tour une impressionnante somme sur Robert E. Howard, sous la direction de Fabrice Tortey.

 

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Conan, l’Intégrale 3/3 - Les Clous Rouges, 1934-1935 de Robert E. Howard

[The Conquering Sword of Conan, NOV. 2005]

Le voici, il est paru, le troisiéme tome comprenant l’intégrale des nouvelles écrites par Robert E. Howard mettant en scène Conan le Cimmérien. Celui ci vient conclure cette édition intégrale regroupée en trois volumes, après le Conan le Cimmérien et L’heure du Dragon.

 

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Solomon Kane. L’Intégrale de Robert E. Howard

[The Savage Tales of Solomon Kane, 1998]

De Robert E. HOWARD, nous connaissons tous le fameux personnage de Conan le Cimmérien. Ou plutôt, nous croyions le connaître, jusqu’à ce que le passionné Patrice LOUINET nous permette, au travers d’une superbe réédition chez Bragelonne, de redécouvrir les aventures du célèbre barbare dans une intégrale enfin débarrassée des traficotages de Lyon SPRAGUE DE CAMP. Mais Conan est à certains égards l’arbre qui cache la forêt. On saluera d’autant plus cette belle initiative visant à nous faire redécouvrir en un beau volume plus complet que jamais, et selon les mêmes impératifs d’authenticité que pour Conan, cette autre remarquable création howardienne que fut Solomon Kane le Puritain.

 

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Conan, l’Intégrale 2/3 - L’heure du Dragon, 1934 de Robert E. Howard

[The Bloody Crown of Conan, 1934]

L’heure du Dragon est le deuxième volume de l’intégrale de Conan qui parait chez Bragelonne, avec rappelons-le, la particularité de présenter les écrits de Robert E. Howard dans leur version d’origine non retouchée par Sprague de Camp.

 

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Conan, l’Intégrale - Conan le Cimmérien, 1932-1933 de Robert E. Howard - Tome 1/3 [1932-1933]

[The coming of Conan the Cimmerian, 2003]

Soixante-dix ans ! Il aura fallu attendre plus de soixante-dix ans pour voir enfin publiées les aventures de Conan dans le respect de l’œuvre originale de Robert E. Howard. L’initiative n’est pas à mettre au crédit des éditions Bragelonne, mais remercions tout de même cet éditeur d’avoir eu l’ excellente idée de traduire cette édition parue en 2002 chez l’éditeur américain Wandering Star.
Par ailleurs réjouissons nous, car on retrouve aux manettes de ce projet l’excellent Patrice Louinet, qui s’était également occupé de l’édition anglo-saxonne et qui demeure l’un des plus grands connaisseurs au monde de l’œuvre de Robert Howard. Après un travail d’exégète tout à fait admirable, ne serait-ce que parce qu’il a permis de retrouver l’essentiel des textes originaux de Howard, Patrice Louinet a entrepris un travail éditorial remarquable qui permet désormais aux lecteurs d’accéder aux textes originaux écrits par l’auteur texan.

 

Mr.C


NOTES

[1] En 1985, Novalyne PRICE racontera cet amour dévorant et impossible dans le roman autobiographique The Whole Wide World, porté au cinéma en 1997.