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Par Daylon
Okay, c’est bien gentil, mais en attendant, sieur AGRATI écrit. Toujours des nouvelles.
Pour son nouveau recueil déjà plus-ou-moins sorti en plus-ou-moins avant-première galactique, « Ils m’ont mis une nouvelle bouche », AGRATI revient chez les Éditions Hermaphrodite [qu’on aime bien aussi] [si je me fais un pic de motivation d’ici les prochaines glaciations, je vous parlerai du bien intentionné mais relativement médiocre Pancake ; qui mérite qu’on en parle quand même].
Premier avantage de la lecture : avec AGRATI, on se sent comme à la maison. On connaît les pièces, les meubles, l’odeur ; vous voyez ? Et si le papier peint ou la déco évolue, on n’est jamais perdu.
Bon, okay, super ; mais le contenu, hein ? Le contenu ? Y’a de la joie, du bonheur, des chiens, des rêves, de la bite, de la viande, William S., des enfants, du gore ?
Un peu de tout ça, oui. Chaque nouvelle est un collage traçant les contours d’un petit conte moderne. Avec une intention et tout.
De la vraie littérature, les enfants. Ce soir, on se couchera tous aussi cons, mais avec plein d’images dans la tête. Et c’est ça qui est bien.
« Ils m’ont mis une nouvelle bouche » reprend globalement les thématiques d’AGRATI, tout en apportant de nouvelles images, de nouvelles références, de nouveaux personnages.
Vous voyez Tetsuo ? Le film ?
Enlevez les boulons et ajoutez des couleurs. Voilà. Vous y êtes.
Ceci-dit, je dois [je crois que je ne suis pas le seul] m’avouer un peu déçu par le début. Le départ [disons les 3-4 premiers textes, sur un total de 19] du recueil est un peu mou. Manque de punch et/ou d’intention réelle.
Expliquons : si les univers développés possèdent de la patate et enthousiasment, il est parfois difficile d’interpréter le message qu’essaie de nous transmettre l’auteur. De la friture sur la ligne. Parfois, certaines clés manquent à la compréhension. L’idée sous-jacente de certains textes se dilue, parfois.
Mais ? C’est une imposture ? Où a-t-on bien pu ranger le vrai AGRATI ?
Okay : si on ne le savait pas et qu’on voulait pourrir le bouquin, ce serait déjà fait. Donc on a aimé. Le vrai AGRATI est là, juste sous votre nez.
Ouais.
Il faut attendre l’excellent « La pêche miraculeuse » pour se remettre à courir partout, faire des roulades et décapsuler d’autres bières.
Je vais pas vous en faire 50 tartines. Si vous devez piocher dans ce recueil, vous lirez :
Et si on oublie le début très mitigé, on garde une certaine sympathie pour la globalité du bouquin. Genre « y’a des défauts, mais lisez-le quand même ». Ça fera plaisir à la critique-super-engagée-d’en-face-là [un truc avec du million de pages views].
Une fois le recueil terminé, on retire plusieurs constatations :
1 - en soit, ce n’est pas le « meilleur » AGRATI, si on devait s’obliger à pondre une « moyenne ».
2 - de facto, on ne conseillera pas forcément [en dehors de quelques textes isolés, confère plus haut] à de nouveaux lecteurs.
3 - on s’en branle : ce recueil frise le fan-service. Et on craque. Si vous aimez AGRATI, vous êtes obligé de le lire.
Tout se joue sur la transmission du message auteur-lecteur. Si vous ne voulez pas vous contenter [quoiqu’on aura vu pire comme lot de consolation] uniquement des univers, commencez par son premier recueil. Et mettez des sous de coté pour vous acheter une nouvelle bouche, si jamais vous accrochez.
Ah ! Par contre ; un détail : j’ai eu plusieurs fois ce débat sur l’analogie entre AGRATI et des auteurs comme CALVO [voir ze CALVO imessèlfe]. Gna gna gna que ça vaut pas ci ; gna gna gna que ça vaut pas machin. So, avant de dégainer une pioche et d’aller péter des gueules [c’est pas moi, l’idée de la pioche] avec, je vais tenter de démarquer un peu le terrain :
La patte AGRATI, si on peut appeler ça comme ainsi, consiste à utiliser cette même écriture [confère CALVO, donc] nerveuse et naïve ; très énumérative, quasi paniquée ; qui se concentre plus sur une poignée de micro-détails qu’une scène complète ; mais à appliquer ce style dans des contextes adultes, exagérés. Parfois obscènes.
Aveu : je n’aime pas le gore.
Mais AGRATI demeure fascinant par la distance faussement enfantine [ça fera plaisir à Epikt] de son propos. Un mélange volontairement grossier de réel et d’imaginaire ; de poésie et de brutalité. Ce sont de petits contes modernes. Voilà. C’est ça, AGRATI. Je crois.
C’est un débat.
On pourra toujours se bourrer la gueule avant. Ou après. Ou les deux. Hein. C’est vous qui voyez.
« Ils m’ont mis une nouvelle bouche », donc.
Ça vous changera toujours des new-space-op’-sa-mère[s] [garantis sans bollocks].
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Quand les corps sont tous froids, les membres mous, la plume lâche et le cerveau fondu ; alors, oui, maintenant, là, aujourd’hui, oui, toi, lecteur, oui, je te le dis : Jean-Marc AGRATI c’est le bien. Alors, vous ne lirez peut-être pas celui-là. Peut-être un autre. Peut-être que vous testerez [testez le Chien si vous êtes du commun des mortels] [optez pour un Éléphant Fou Furieux si vous avez plein de sous dans vos poches et que vous ne savez pas quoi en faire]. Mais vous lirez AGRATI. |
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