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C’est le roman qui a révélé Jeff NOON au Royaume-Uni, la première plume d’un cauchemar trash et poétique qui s’est depuis développé sur quatre romans.
Se plonger dans Vurt, c’est donc assister à la naissance d’un monde glauque et superbe. L’expérience est intense car l’univers noonien est certainement un des plus déboussolants qu’il nous ait été donné d’explorer ces dix dernières années.
Vurt a reçu le Prix Arthur C. CLARKE 1994
La critique de Vurt

Le premier opus de China MIEVILLE « Perdido Street station » était prometteur, un monde fantasmagorique où les canons de la fantasy sont distordus pour donner naissance à des êtres et à des lieux à la fois étranges, horribles et fascinants.
Ce qui attire en premier chez "Iron Council" ce n’est pas tant la promesse de retrouver l’univers de "Perdido Street Station" et des "Scarifiés" mais c’est... la moindre épaisseur du volume ! Le plus gros reproche que l’on pouvait faire à l’introduction à l’univers de Nouvelle Crobuzon était sa longueur. Avec 250 pages de moins ont peut donc espérer qu’« Iron Council » évite le travers des descriptions longuettes d’une cité n’en finissant pas de pourrir. En plus de concision le livre a aussi gagné l’Arthur C. Clarke Award 2005, il n’en faut pas plus pour que j’attaque les 600 et quelques pages du pavé.
Les visites des contrées entourant New Crobuzon sont prétexte à la dénonciation de l’absurdité de la guerre et du capitalisme à outrance, mais aussi à revisiter le mythe du far west et du cheval de fer ou encore à proposer une certaine vision de la révolution.
L’utilisation du terme caucus pour désigner les révolutionnaires de la cité [terme qui signifie comité politique mais aussi clique politique au sens péjoratif] donne une bonne idée de l’ambiguïté des situations. Car ici rien n’est blanc ou noir tout est gris, on est aux antipodes de la fantasy qui envahit nos étalages. Les héros meurent et trahissent, magie et technologie s’unissent ou s’affrontent pour torturer et façonner, des paysages à la fois étranges et dérangeants défilent. Mais le tout reste plus réaliste que n’importe quelle quête initiatique à base d’anneau magique car ici on ne rencontre pas de héros mais des humains déchirés par leur intérêts, la survie, leurs rêves. Les protagonistes ne provoquent pas vraiment les situations, ils ne sont pas des légendes mais se retrouvent au milieu d’évènement qui les dépassent et font ce qu’ils peuvent.
Les lieux, l’histoire et les espèces déjà présentes dans les opus précédents ne sont qu’évoqués. Il est donc recommandé mais pas indispensable d’être déjà un peu familier de l’univers pour ne pas être perdu dans le bestiaire qui apparaît au détour des pages ni être semé dans les rues de New Crobuzon et c’est probablement là le seul reproche à faire à ce livre.
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Dans cet univers digne des peintures de Jérôme Bosch le lecteur en prend plein les yeux et ne peut s’empêcher de ressentir aussi un certain malaise une fois le livre refermé. Car on retrace ici l’histoire des hommes qui font les révolutions et contrairement à ce que disent les livres d’histoires ou les contes épiques il y a là plus de noirceur et de gâchis que d’héroïsme... L’auteur dans ses différentes interviews revendique son opposition au libéralisme à tout va et cela se confirme dans ce roman. Mais ce livre montre aussi qu’il est sans illusions concernant les alternatives et leurs propres dérives. Au final c’est un coup gagnant pour MIEVILLE qui a réussi à conserver toutes les qualités de ses romans précédents en y ajoutant ce petit quelque chose en plus. |
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