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Publié le 01/11/2009

Izaïn, né du désert (La quête d’Espérance T. 1) de Johan Héliot

ED. L’ATALANTE / LE MAEDRE, OCT. 2009

Par MeTaL_PoU

Auteur à la bibliographie atypique et inégale, Johan Héliot passe d’un jouissif premier roman – La lune n’est pas pour nous – à des textes plus ou moins anecdotiques. Il poursuit depuis quelques années un parcours intéressant en littérature jeunesse et a à son actif plusieurs romans, en particulier pour Mango, dont le très réussi Ados sous contrôle. Il nous sert ici dans la toute jeune collection « Le Maedre » [1] de l’Atalante le premier tome d’un roman d’aventure, entre fantasy et récit de piraterie. Reste à savoir de quel côté se situent les pérégrinations de l’Espérance : réussite jubilatoire ou texte insipide ?


Un désert à perte de vue, « sillonné » par d’immenses vaisseaux animaux commerçant d’oasis en oasis. Parmi eux, l’Espérance, dirigé par la jeune et fougueuse Légyria, seule descendante d’une lignée illustre. Le bosco du vaisseau, Orso, sauve un garçon d’une mort certaine. Bien vite nommé du seul mot qui franchit ses lèvres, Izaïn, celui-ci souffre d’une étrange amnésie et possède un livre écrit dans une langue mystérieuse. Sur le chemin du marché aux esclaves, où Orso souhaite vendre Izaïn, tous deux échappent in extremis à une tentative d’enlèvement dont le garçon est la cible. Il devient finalement mousse sur l’Espérance, engagé par Légyria dans une mission extrêmement dangereuse...

Chaque personnage possède sa part d’ombre... Complots et vengeances se fomentent en coulisses. D’une plume élégante, Héliot distille juste assez d’éléments et titille la curiosité du lecteur sans pour autant déflorer l’intrigue. Il met en place habilement plusieurs pièces d’un puzzle complexe, qui – on l’imagine – s’imbriqueront dans les tomes suivants. Il dispose d’une matière riche, un monde aride où les alliances se concluent aussi vite que les trahisons, et dans lequel le chacun pour soi règne en maître.

La narration est vive, percutante. Chaque chapitre saute d’un personnage à l’autre, donnant au lecteur l’envie de tourner la page pour voir plus avant. Héliot a un excellent sens du rythme, rendant la lecture plaisante et sans accroc, malgré tout victime de certaines facilités. Le déroulement de l’intrigue et les personnages laissent ainsi peu de place aux surprises. Alors que transparaît le plaisir de l’auteur à raconter une histoire de pirates à la sauce fantasy, un peu plus de liberté de sa part aurait pu rendre ce livre purement réjouissant.

Ce roman se conclut par un cliffhanger du plus bel effet. Pourquoi, alors, avoir rajouté un paragraphe qui, rappelant tous les mystères posés par ce premier tome, promet les réponses dans le volume suivant ? Un bien maladroit, et surtout inutile « La réponse à toutes ces questions dans le deuxième livre, à paraître bientôt ! »... Tout comme la quatrième de couverture qui dévoile certains éléments de la suite, au risque de grandement frustrer le lecteur. Le texte suffit à donner envie de lire la suite sans tous ces artifices.


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Un texte plaisant, bien ficelé qui donne envie de se plonger dans la suite... Que demander de plus ? Espérons qu’Héliot explorera plus avant un univers seulement esquissé, avec autant d’adresse que dans ce bien agréable roman d’aventure. Et peut-être offrira-t-il le zeste d’extravagance qui manque dans ce premier livre de la Quête d’Espérance ?



NOTES

[1] Cette collection résolument orientée vers la littérature SFFF sous la houlette de Stéphane Manfredo compte déjà quelques perles comme le diptyque d’Anne Fakhouri, Le Clairvoyage.