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Le livre le plus acheté
en mai 2010 :
Janua Vera +
de Jean-Philippe Jaworski
aux Ed. Moutons Électriques

 

A VOIR AUSSI

Première publication le 21/06/2007
Publié le 05/03/2009

Janua Vera de Jean-Philippe Jaworski

ED. LES MOUTONS ELECTRIQUES, MAI 2007

Par Mr.C

En sept histoires, le portrait de sept personnages qui n’ont en commun que de vivre dans ce Vieux Royaume en voie d’effondrement. Un chevalier incorruptible, une paysanne, un barbare tourmenté, un scribouillard malchanceux, un assassin, un prêtre ayant fait voeu d’Obscurité, un roi tout puissant rongé par les cauchemars... petits ou grands, leur vie se précipite, et la destinée les frappe.
Superbe et même envoûtant.


PRIX DU CAFARD COSMIQUE 2008


au sommaire de ce recueil :

  • « Janua Vera »
  • « Mauvaise donne »
  • « Le service des dames »
  • « Une offrande très précieuse »
  • « Conte de Suzelle »
  • « Jour de guigne »
  • « Un amour dévorant » [nouvelle ajoutée à l’édition originale grand format]
  • « Le Confident »

Derrière une couverture plutôt sombre et un titre énigmatique se cache l’une des meilleures surprises de cette fin de printemps. De l’auteur, on ne sait rien - Jean-Philippe Jaworski, c’est son premier livre [ lire son interview dans nos pages ici ] - et du monde qu’il a imaginé on ne saura jamais beaucoup : ce Vieux Royaume, d’où nous vient-il ? Qu’est-ce qui fait donc qu’il nous semble si réel, davantage hérité de l’Histoire médiévale que de Tolkien ?

Question de vocabulaire sans doute, et là est toute la force de « Janua Vera » : la langue y est raffinée, comme l’écrit Laurent Kloetzer en quatrième de couverture, et c’est le mot exact qu’il fallait employer. "Raffinée". Non pas seulement belle et élégante, pas non plus seulement subtile et d’un vocabulaire choisi, mais tout cela à la fois. Et propre encore à dire les arrières-pensées et les fausses politesses, l’angoisses des petites gens et la terreur des grands.

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L’édition originale
[Les Moutons Electriques, 2007]

Audacieux, l’auteur varie les plaisirs et les styles : il est capable d’imiter les pastiches de Terry Pratchett dans un « Jour de guigne » drôlatique, de reprendre les thèmes, la façon et les personnages des romans chevaleresques de Chrétien De Troyes [« Le service des dames »], de gérer un suspens [« Mauvaise donne »], d’être émouvant [« Conte de Suzelle »], ou ténébreux [« Le Confident »]...

Habile à jouer de la psychologie et des sentiments, Jaworski sait aussi comme personne décrire les faits d’armes : où donc a-t-il été chercher cette façon de décrire les sièges de villes fortes, les assauts et les joutes, les affrontements chevaleresques et les corps à corps boueux ? A-t-il vécu en ces temps là ? Y-est-il allé, au Vieux Royaume ? Il semble que oui, tant ses personnages sont de chair, tant il sait leur donner vie avec toujours le mot juste, qu’ils soient Roi-Dieu, barbare sans cervelle ou polissonne de village.

J’ai pensé parfois que cet effet de réalisme troublant était comparable à celui obtenu par François Bourgeon dans sa trilogie Les compagnons du crépuscule, chef-d’œuvre de la bande-dessinée qui, appuyé sur de conséquentes recherches documentaires, reconstitue avec une implacable vérité les temps troublés de la Guerre de Cent Ans, tout en y ajoutant des éléments de merveilleux souvent cruels.
Il y a de cela dans Janua Vera, et les éléments de merveilleux y sont d’autant plus troublants qu’ils y sont rares et subtils.

Alors il n’y a pas de magicien à barbe blanche dans ce livre. Il n’y a pas de dragons affrontant les armées napoléoniennes, pas de boules de feu, ni de complot de cour dialogués pendant cent pages. Il n’y aura pas non plus de tome 2, 3 puis 4 et ainsi de suite...
En revanche il y a un univers d’une beauté terrible et d’une terrible crédibilité, de la rouille, du sang et des chocs métalliques, des intrigues habiles et surprenantes, des sous-bois obscurs qu’on a déjà vus en rêve, une façon de donner vie à la fiction qu’on avait pas lu en France depuis longtemps - et tous les tourments de l’âme humaine...


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Janua Vera est un livre beau et captivant. Captivant, comme « qui vous retient captif » : une part de votre esprit demeure là-bas, au Vieux Royaume. Et l’on est gagné par la mélancolie lorsque le livre se referme.

La consolation réside dans le fait que son auteur n’en est qu’à son premier livre. Il s’appelle Jean-Philippe Jaworski ; je vous recommande de le noter dans vos carnets. Et de lire ce recueil, parce que vous m’adorerez bientôt pour vous l’avoir conseillé.


A LIRE AUSSI :
> L’interview de Jean-Philippe Jaworski à propos de Janua Vera