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Publié le 03/04/2010

L’Ange blond de Laurent Poujois

ÉD. MNÉMOS / ICARES, FÉV.2010

Par Tallis

La jeune Aurore Lefèvre, plus connue dans les milieux musicaux de ce début de XXIe siècle sous le pseudonyme de l’Ange blond, a tout de la parfaite risque tout : amatrice de sensations fortes, la voilà qui tente – et réussit – en compagnie de son ami Marco un « saut extrême » sur la capitale anglaise au nez et à la barbe des autorités. Avant le plus tranquillement de monde de rentrer chez elle pour se préparer pour son concert du soir.

En rentrant dans son appartement, un commando l’intercepte et la conduit en toute discrétion dans un lieu secret. Là, on lui explique fermement qu’elle doit aider à infiltrer une organisation soupçonnée de vouloir attenter à la vie de l’impératrice lors de la commémoration du bicentenaire du débarquement en Angleterre. Adieu anonymat et tranquillité…


Après deux romans pour adolescents publiés aux éditions Milan, Laurent Poujois livre ici un premier roman pour adultes qui fait la part belle à l’action et aux rebondissements. Si l’intrigue prend place dans les années 2000, le décor n’a quant à lui que peu à voir avec notre univers. L’uchronie bâtie par l’auteur prend en effet pour point de divergence le débarquement réussi de Napoléon dans la perfide Albion. Un débarquement qui assoit définitivement l’hégémonie française en Europe et ouvre deux siècles ininterrompus de domination du Grand Empire.
La construction repose sur une recette des plus solides : chapitres nerveux, introduits à chaque fois par de courts articles (encyclopédie, extraits de journaux…) qui permettent de présenter à la fois les principales étapes historiques et les grands enjeux de l’uchronie mise en place. Un principe des plus classiques mais fort bien utilisé par l’auteur.
Pour le reste, L’Ange blond se veut avant tout un roman d’aventures : de la scène de sport extrême qui ouvre le livre au dénouement final, le lecteur n’a que peu l’occasion de souffler. L’auteur enchaîne sans temps morts les rebondissements et les scènes de combats, plaçant son héroïne dans un entrelacs de situations toutes plus risquées les unes que les autres. Le tout avec un talent certain : l’écriture très directe possède un indéniable sens cinématographique (une autre des activités parallèles de Laurent Poujois), la construction, pour classique qu’elle soit, est menée sans fausse note et avec suffisamment de zones d’ombre pour aiguiser jusqu’au bout la curiosité du lecteur.
Si on rajoute à cela une indéniable originalité dans l’univers (avec quelques trouvailles fort bien senties comme la découverte et l’exploitation des biônes) et la capacité de camper des personnages archétypaux sans sombrer dans la caricature, on tient en l’Ange blond un très bon roman qui augure du meilleur pour la suite.

Du coup, on n’en regrette que davantage le manque d’ambition et les quelques fautes de goût qui parsèment le roman. Si L’Ange blond atteint en effet parfaitement son but pour ce qui est de l’action et du dépaysement, l’arrière-plan uchronique reste encore léger et réclame davantage de précisions. Attachants et bien campés, les personnages ne dépassent toutefois pas le stade de figures imposées et familières : la faute probablement au manque de scènes de transition permettant à la fois de poser davantage le récit et d’inscrire l’héroïne dans un cadre familier. Car il faut bien l’avouer, cette Aurore Lefèvre ne semble jamais vouloir se reposer et enchaîne les exploits comme d’autres font le ménage ou vont au travail.

Dommage également que Laurent Poujois se permette quelques clins d’œil mal venus : avec un cours historique dévié en 1808, impossible d’imaginer que l’un des acteurs du complot de 2008 soit un descendant… d’Adolf Hitler. Ou qu’une vague d’attentats religieux ait secoué l’Europe le 11 septembre 2001. Voilà qui décrédibilise fortement un univers par ailleurs astucieusement construit.


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L’impression finale reste donc mitigée : L’Ange blond se veut un livre d’action fun et, en tant que tel, remplit parfaitement son but. L’arrière-plan uchronique bâti par l’auteur tient la route et apporte un indéniable plus à l’ensemble. Malgré tout, le manque d’ambition presque frustrant agace, au regard du potentiel de l’ensemble.

Défauts qui n’empêchent pas ce roman d’être parfaitement recommandable et qui donnent envie de suivre de près l’auteur en espérant que son prochain ouvrage franchisse encore un cap.