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Par Ubik
« Après plusieurs mois passés à réfléchir à ces nouveaux aspects, je suis arrivé à la conclusion que Le tour du monde en quatre-vingts jours contenait deux histoires. La première, faite d’événements extérieurs et facilement observables, est celle que relate Verne sous la forme d’un récit d’aventures intéressant mais totalement dépourvu de perspectives inquiétantes. La seconde est ésotérique, se passe dans les coulisses, et recèle des implications dangereuses pour l’humanité. Il y a une histoire de science-fiction dans Le tour du monde en quatre-vingts jours que Verne, le père de la science-fiction n’a pas racontée. Et cela, soit parce qu’il en ignorait tout, soit parce qu’il n’osait pas la révéler, soit encore parce que les soupçons qu’il nourrissait ne lui ont pas permis de procéder que par allusion. »
Ainsi, commence cet autre voyage de Phileas Fogg que nous narre Philip José FARMER à la manière d’une histoire secrète dont les tenants et les aboutissants lui ont été révélés par le journal intime rédigé par Fogg lui-même.
Qu’y apprend-t-on ? Que le réputé globe-trotter appartient à un des deux groupes extra-terrestres, les Eridanéens et les Capelléens, qui s’affrontent dans une lutte à mort pour le contrôle de l’humanité. Le périple de Fogg apparaît ainsi sous le jour d’une partie d’échec entre ces deux factions. Le procédé est intéressant malheureusement, il fait long feu et on se surprend à compter les pages en espérant que la fin arrive vite.
Pourtant, FARMER se donne du mal, en usant d’un télé-porteur portatif, en introduisant dans son récit l’épisode de la Marie-Céleste, des aventures supplémentaires en Inde et en faisant même intervenir une version maléfique de Nemo. Mais, rien n’y fait, le récit reste fade.
« L’imprévu n’existe pas » rappelle FARMER à plusieurs reprises lorsqu’il évoque Fogg et c’est bien là le problème. On est loin de l’auteur de cycles d’aventures épiques ["Le monde du fleuve" et "Les hommes dieux"], ou de celui du roman briseur de tabous, comme "Les amants étrangers". Ici, FARMER nous livre un honnête pastiche rendant hommage aux personnages de ses romans de jeunesse préférés. Incidemment, le récit se teinte de nuances proto-steampunk, mais tout cela reste bien terne et sans souffle quand même.