Publié le 22/10/2004

L’Instinct de l’Equarisseur : Vie et Mort de Sherlock Holmes de Thomas Day

ED. MNEMOS / ICARES, 2002
REED. FOLIO SF, 2004

Par Daylon

Arthur Conan Doyle, père du célébrissime Sherlock Holmes, voit débarquer dans son bureau, dans un déluge de lumière, John Halliwell Watson, inventeur maladroit mais génial, et compère du célèbre inspecteur, le tout pour embarquer son [pseudo] créateur dans un Londres alternatif où ils vivront moult [ !] aventures !


Au premier regard, on remarque tout de suite l’épaisseur du pavé. Sachez qu’aucune page n’a été volée. En fait, c’est un travail titanesque de compilation qui a été effectué par l’auteur [à voir, la longueur de la bibliographie !], une suite incroyable de clin d’œils et autres références, le tout ponctué d’une rigueur historique plus qu’impressionnante.

Thomas Day, de son propre aveu, raconte une histoire où Holmes « est un psychopathe avéré... Et avarié », une espèce de cocaïnomane [et adepte d’autres douceurs plus ou moins addictives] fasciné par les exécutions grandiloquentes, vivant dans un monde parallèle au nôtre ; où Londres s’appelle Londen ; où une espèce pacifique [!], les Worsh, cohabitent avec les humains depuis 7 000 ans ; où les monstres des légendes sont tout à fait réels ; un monde, enfin, où plonge A.C. Doyle à chaque fois que Watson débarque avec fracas dans son entourage.

A noter que ces apparitions risquent fort de devenir anthologiques [mention spéciale à la scène sur le bord de mer].

Pour le terme d’ "avarié" cité plus haut, c’est tout à fait vrai aussi, mais on ne va pas vous raconter l’histoire pour autant ! Holmes et Moriarty se livrent bataille depuis des années. Pour ainsi dire, ce sont des ennemis de trente ans. Ils se livrent à un jeu mortel aux règles parfaitement définies, visualisée via les pièces d’un échiquier. Et aujourd’hui, le célèbre assassin royal est sur le point d’être mat.

Vous livrer tous les clins d’œil qui parsèment cette œuvre serait vite ennuyeux. Mais sachez néanmoins que l’auteur arrive ici à faire cohabiter, outre les personnages de Doyle [et Doyle lui-même, à vrai dire] : Oscar Wilde, Jack London, Jack L’Eventreur, des extra-terrestres [à la tête façon cousin Machin de la Famille Adams... Référence à laquelle vous risquez sans nul doute de penser], H.G. Wells, .... La liste est longue.

L’Instinct de l’Equarisseur est une sorte d’hommage de 350 pages de long, un travail d’orfèvre pour lier l’histoire, la fiction et le plus pur délire personnel, dont l’intrigue ne sera pas en reste (oui, ce fameux Instinct de l’Equarrisseur, en fait. Si la touche humoristique semble un peu laborieuse au début [où on sent que le processus n’est pas naturel], elle prend rapidement de la maturité et quelques fous rires seront au rendez-vous sur la fin du roman.

Et chose importance, le final vaut le détour ! L’Instinct de l’Equarisseur est un puissant hommage aux références innombrables, issu d’une recherche qu’on ne peut que saluer, servie par une histoire passionnante [je me répète mais je tiens à ce que ce soit souligné].


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Pas de réel reproche, L’Instinct est un bon roman, un de ceux qu’on pose sur l’étagère une fois finis et qu’on oublie un peu, avant de se décider quelques mois/années plus tard à relire, car il nous avait laissé un agréable souvenir.
Une véritable réussite qui vous fera passer un excellent moment.