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Publié le 01/12/2003

« L’Ordre du Phoenix » [Harry Potter V] de J.K. ROWLING

[« Harry Potter and the Order of the Phoenix », 2003]

ED. GALLIMARD, 2003

Par PAT

Il agace, il énerve, il séduit, il suscite moult réactions pas toujours flatteuses, mais il poursuit son petit bonhomme de chemin millionnaire...S’il est possible [et même assez sain] de critiquer l’effet marketing de Harry Potter [au point que les plus jeunes ignorent même qu’au départ, il y a un livre et non une boîte de céréales], de râler contre les films, les poupées, les porte-clés et autres morceaux de la vraie croix, les bouquins, eux, sont remarquablement inattaquables. Bien fichus, bien racontés, drôles et malins, on ne peut décemment pas leur reprocher grand-chose, à part une certaine niaiserie [d’ailleurs décroissante] trop souvent présente dans la littérature pour enfants [passez par la case PULLMAN pour trouver l’exception qui confirme la règle].


Au menu de ce Harry Potter Tome V longtemps attendu, 800 pages de lutte entre le bien et le mal, avec une tendance jouissive à l’injustice. Eh oui, les gens sont méchants et, bien souvent, ce sont eux qui gagnent à la fin...

Aattardons-nous sur la méthode « ROWLING » : quand on aborde une série, on peut choisir de décrire des personnages qui ne vieillissent pas [Le club des cinq, par exemple]. ROWLING opte pour le principe plus délicat [mais sans doute plus adulte] qui consiste à faire grandir son héro au fil des pages. Ainsi, ROWLING traite un livre par année scolaire, avec les changements physiques et psychologiques qui en découlent.

Premier de la série, « Harry Potter à l’école des sorciers » [audacieuse traduction de « Harry Potter and the philosopher’s stone »] raconte la première année au collège de Poudlard d’un certain Harry [11 ans]. Il y fait la connaissance d’Hermione, de Ron et d’autres excellents seconds rôles, dans un cadre amusant et merveilleux. ROWLING a eu l’idée géniale de décrire un enseignement de la magie dans un contexte quasi universitaire, avec tout un bestiaire emprunté aussi bien aux sagas islandaises qu’à TOLKIEN ou qu’au célébrissime Beowulf. Rien de bien renversant dans ce premier tome, si ce n’est une mise en place du décor, avec un « 300 pages » millimétré, un début, une fin et une morale. Le pied.

« Harry Potter et la chambre des secrets », tome 2, reprend le même principe, mais le pimente avec un scénario plus tortueux et une psychologie des personnages plus fouillée. Dès lors, la suite est logique.

« Le prisonnier d’Azkaban », Harry numéro 3, est une véritable prouesse scénaristique et le premier « vraiment adulte » de la série. ROWLING se lâche niveau pagination et se permet absolument tout ce qu’elle veut [avec un tel compte en banque, qui ne le ferait pas ?] avec « Harry Potter et la coupe de feu », pavé de 700 pages dans lequel Harry [alors âgé de 14 ans] découvre la mort, l’injustice et la folie.

Aujourd’hui âgé de 15 ans, Harry Potter revient avec un cinquième tome dans la lignée du précédent. Gros, épais et terriblement lisible [dur à lâcher, en quelque sorte], « Harry Potter et l’ordre du phénix » raconte [pour résumer] l’aveuglement du ministère de la magie face au retour de Voldemort [le Sauron local]. Harry s’y montre assez désagréable, voire inique, mais c’est un corollaire logique de l’adolescence. Il découvre également l’amertume de l’amour, en accumulant échecs après échecs avec la très jolie Cho [elle l’embrasse, quand même, mais c’est à peu près la seule concession érotique de ROWLING].
Au final, pas grand-chose de neuf.


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A la fin du tome IV, Voldemort revient mais le ministère de la magie refuse d’y croire. A la fin du tome V, Voldemort est de retour et le ministère y croit. Voilà.

Simpliste ? Oui et non. D’abord parce que la longueur du pavé ne peut qu’être salutaire aux petits [c’est assez merveilleux de penser que des mômes ne s’effraient aucunement de l’épaisseur de la chose, et en redemandent...]. Ensuite parce que ROWLING prend son temps [trop, sans doute], ce qui lui permet de travailler encore un peu plus ses personnages.

Divertissant, intelligent et évidemment pour enfants, Harry Potter tome V reste un livre à lire. Pourquoi s’en priver ?