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de Jean-Philippe Jaworski
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A VOIR AUSSI

Publié le 01/07/2002

L’âge de diamant de Neal Stephenson

[The Diamond Age, 1995]

ED. RIVAGES, AVRIL 1996 - REED. LIVRE DE POCHE, 1998

Par oman

Le Manuel Illustré d’Education pour les Jeunes Filles, c’est le sous-titre du roman.
Ce manuel, totalement interactif, s’adapte à la vie et aux problèmes de la personne qui le lit. En l’occurence une pauvre fillette, Nell, que les amants de sa mère battent régulièrement.

Dans un monde où les nanothechnologies ont atteint un degré de complexité incroyable, où les Humains vivent dans des castes culturelles, le manuel va éduquer Nell, l’aider à s’enfuir et changer non seulement sa vie, mais le destin de toute la société qui l’entoure.


PRIX HUGO 1996


XXIème siècle.. Le monde est organisé en secteurs qui n’ont peu ou pas à voir avec notre monde actuel. Le monde est nanotechnologie. Dans l’est asiatique, la Chine est éclatée en différents secteurs, dont une partie est dominée par le gouvernement néo-victorien. Les différences sociales se sont accrus depuis l’avènement de L’Alim, qui fournit l’énergie et les matériaux pour produire n’importe quoi grâce aux MC, les compilateurs de matière. Hackwoth est ingénieur spécialisé dans la nanotechnologie, et décide de travailler secrètement sur un manuel d’éducation de jeunes filles pour sa propre fille ainsi que celle du Lord actionnaire, Lord Mac Finkle Mac Graw. C’est en sortant en fraude sa création que les choses ne se passent pas tout à fait comme prévu...

Nanotechnologie.

Ce mot est dans tous les esprits des amateurs de science fiction, car il est synonyme de progrès, de nouvelles technologies. Et ce mot est aussi dans l’esprit de scientifiques visionnaires.

Dans le domaine de l’électronique, les nanotechnologies permettent la miniaturisation des composants, servant, entre autre aux ordinateurs. Dans le domaine biologique, les biopuces permettraient le développement des tests pharmaceutiques, les réactions de certaines antibiotiques, mais aussi l’analyse de l’environnement, ou la fabrication de « robots moléculaires » qui traqueraient les infections cancéreuses à l’intérieur même du corps !

En mécanique, nous arrivons à fabriquer des nanotubes qui sont soit conducteurs, soit semi-conducteurs, dont les propriétés mécaniques dépassent de loin l’acier, par exemple. VOIR LE DOSSIER DU CAFARD COSMIQUE SUR LES NANOTECHNOLOGIES

La société du futur.

Au vu de ces perspectives, qui sont bientôt pour demain, Stephenson a imaginé un monde bardé de nanotechnologies avec une mine d’idées : le compacteur de matière [qui est aussi évoqué dans le Tomorrow’s parties de William Gibson], les mites miniatures mécaniques qui permettent de traquer de manière visuelle un individu dans la rue, et aussi les nanocytes dans le sang.
Le tout dans une société complètement chamboulée par les affres du progrès. Car le progrès fera t-il le bonheur de tout le monde ? Certains types de société sont ils capables d’absorber à bon escient ce progrès ?

Ce livre est riche. Ce livre est dense, quant aux perspectives, quant aux interrogations. Ce livre est difficile d’accès.
Un monde technologique, terriblement avancé, un monde où les frontières géographiques ont souffert du progrès. Un monde empli de sub-cultures, de révoltés, de sectes, de contre-pouvoirs.
Un monde où la notion d’acteur a complètement changé : les acteurs sont maintenant des racteurs, où l’interactivité est de mise. Le spectateur peut intervenir dans les actions des acteurs, dans l’intrigue.

L’information est maintenant bidirectionnelle.
L’information a même trouvé un nouveau support pour le calcul.

Stephenson y trouve la place de mettre un joli conte de princesse, qui au fil des aventures va apprendre à se révolter, à se défendre, à développer une astuce et une intelligence hors du commun. Et cette histoire va influencer une jeune fille, puis un peuple.
Stephenson a réussi à décrire quasiment un manga, par moment, avec comme une obsession de la culture orientale, il maîtrise son sujet sur le bout des doigts.


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Le début du récit est difficile : beaucoup de personnages, un monde complexe, l’omniprésence déroutante des nanotechnologies. Mais on accroche vite.

L’ascension de la fillette est passionante : des passages entiers du Manuel s’insèrent dans le récit et là l’intelligence de l’auteur permet des contes pleins de nuances qui savent aider la gamine à faire face dans la vie réelle.

Les récits périphériques [plusieurs personnages sont à la recherche de Nell et de son manuel] sont bien construits. L’univers du livre est riche et original [la coexistence des tribus, les Tambourinaires, secte aquatique aux moeurs étranges]. Il est décrit avec beaucoup de détail, dans une langue élégante, presque trop élégante parfois.

Petit regret : la fin s’emballe un peu vite, et l’apothéose laisse un goût de baclage : il y avait en fait de quoi faire deux volumes ! Une suite serait justifiée. Et d’ailleurs le roman offre un voyage aux paysages si neufs qu’on se ferait bien le retour sur la même compagnie.

Au final : une jolie fable, une société extraordinairement décrite, une intrigue excellente, un monde du futur impressionnant. Un chef d’œuvre.