Publié le 13/09/2001

"L’aube écarlate" de Lucius SHEPARD

REEDITIONS FOLIO SF, 2001

Par PAT

Au premier coup d’oeil, cette réédition pourrait bien s’intituler "Agatha Christie au pays des vampires". Au premier coup d’oeil seulement, car l’auteur n’est autre que Lucius SHEPARD, novelliste hors pair, dont on peut encore apprécier le superbe "Zone de feu émeraude" [chez PdF].


Au deuxième coup d’oeil, le roman est inclassable. Polar ? Fantastique ? SF ? Fantasy ? Difficile de lui coller une étiquette rassurante. C’est d’ailleurs ce qui fait son charme. Un charme suranné, quelque peu désuet, tout comme ces vampires décrits avec soin, à la fois décadents et modernes, sans doute voués à la disparition.

Shepard travaille sur le mythe avec une étonnante acuité, et son intrigue n’est finalement qu’un prétexte : la crème des vampires est rassemblée dans un château monstrueux, perdu au coeur desCarpates [vous avez dit classique ? attendez !], pour y célébrer un rituel sanglant. Une superbe jeune fille [joliment nommée Nectar pour l’occasion], dont le sang est un met raffiné, voire franchement orgasmique, est sauvagement assassinée avant la cérémonie. Le coupable est dans la salle [encore classique ? un peu de patience !].

C’est un vampire novice [ex-inspecteur de police à Paris] qui est chargé de l’enquête. La traque ne s’avère pas facile, et notre sympathique [?] vampire doit louvoyer entre les différents conflits politico-idéologiques qui secouent ce petit monde nocturne.

À partir d’un postulat très " casse-gueule ", Lucius SHEPARD décrit minutieusement la société des vampires, leurs forces, leurs faiblesses, leur sexualité, leur hiérarchie, sans oublier leurs intrigues sournoises pour capter la moindre parcelle de pouvoir.


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C’est surtout le style qui frappe : Gothique, démesuré, terriblement érotique, sensuel, à la limite du baroque et d’une violence quasi-viscérale.

Un tour de force exceptionnel qui laisse orphelin une fois la dernière page tournée. À découvrir au plus vite.