
• liens auteur :
• liens rubrique :

C’est le roman qui a révélé Jeff NOON au Royaume-Uni, la première plume d’un cauchemar trash et poétique qui s’est depuis développé sur quatre romans.
Se plonger dans Vurt, c’est donc assister à la naissance d’un monde glauque et superbe. L’expérience est intense car l’univers noonien est certainement un des plus déboussolants qu’il nous ait été donné d’explorer ces dix dernières années.
Vurt a reçu le Prix Arthur C. CLARKE 1994
La critique de Vurt

Par PAT
George Orr a le don. Ses rêves modifient la réalité. À chaque réveil, il constate avec angoisse, puis terreur, que le monde a changé. Seul avec sa névrose, il vit une multitude de passés, dans un présent incertain.
Terrassé par un pouvoir qui le dépasse, il pense y échapper en prenant des drogues qui l’empêchent de rêver, mais bientôt, son corps le trahit et Orr doit faire face au psychiatre Haber. Rapidement convaincu par l’incroyable, Haber cherche alors à contrôler les rêves d’Orr, pour le plus grand bien de l’humanité.
La terre est surpeuplée ? Et si on revenait à un monde plus calme, sauvant au passage l’écologie planétaire ? Séduisant, non ? Sauf qu’on empêche tout de même 6 milliards d’humains d’exister. Haber a-t-il le droit d’orienter la réalité vers ce qui lui semble bon et juste ? D’autant que les cauchemars guettent, et ce qu’ils réservent n’annonce rien de bon.
|
On aurait tort de chercher dans ce conte moral une paranoïa toute Dickienne sur la nature de la réalité. Le fond de "L’autre côté du rêve" est tout autre, et pose simplement le problème du sens de la justice. Le texte est extrêmement cohérent, et la réflexion profonde [pour peu que le lecteur joue le jeu]. Si le livre peut se résumer à "A-t-on le droit de ?", il n’en reste pas moins dérangeant, et convaincra le lecteur lambda que la SF est effectivement une littérature intelligente. |
|---|
A LIRE AUSSI :
> La fiche bio / biblio de LE GUIN Ursula [et d'autres critiques]