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C’est le roman qui a révélé Jeff NOON au Royaume-Uni, la première plume d’un cauchemar trash et poétique qui s’est depuis développé sur quatre romans.
Se plonger dans Vurt, c’est donc assister à la naissance d’un monde glauque et superbe. L’expérience est intense car l’univers noonien est certainement un des plus déboussolants qu’il nous ait été donné d’explorer ces dix dernières années.
Vurt a reçu le Prix Arthur C. CLARKE 1994
La critique de Vurt

Il existe plusieurs RESNICK. L’un, magnifique, humain et poète, auteur des superbes Kirinyaga et L’infernale comédie, l’autre plus adolescent, fan de western galactique, que l’on retrouve dans Santiago.
Enfin, il existe aussi le RESNICK gros con de texan éleveur de chiens, chasseur en Afrique avec la thune que lui rapportent ses livres. L’avant-poste appartient au troisième RESNICK.
Ça se passe au bar de L’avant-poste, au fin fond de la galaxie. Un établissement sympathique peuplé de héros sur le retour, de légendes vivantes, de ces types bodybuildés qui font que l’espace est un lieu où l’on s’amuse. On y trouve Catastrophe baker, Ouragan Smith et d’autres figures comme la pulpeuse Sendrillon.
Tous ont des aventures palpitantes à raconter. Et c’est d’ailleurs ce que RESNICK nous inflige, L’avant-poste n’étant pas autre chose qu’une discussion de comptoir entre machos fascisants [avec le niveau philosophique que cela implique], chacun y allant de sa petite histoire niaise, stupide et tellement lamentable qu’on en est mal à l’aise.
Résumer l’histoire de ce roman est un acte éprouvant et périlleux, car celui-ci se compose d’une accumulation, d’une juxtaposition de récits qui ont pour dénominateur commun ce lieu de l’avant-poste justement, sorte de bistrot du coin de la frontière interne, chère à RESNICK.
A vrai dire, comme dans tout bistrot qui se respecte, les conversations qui s’y déroulent sont agrémentées de plaisanteries "grâcieuses", de "on-dit", de vantardises et de remarques de philosophie de bazar [d’ailleurs, la question, "est-ce l’oeuf qui a précédé la poule ou le contraire ?" revient souvent]. Cela ne prête évidemment pas à conséquence, mais le procédé finit par lasser.
Néanmoins, si l’histoire paraît faible, la démarche envisagée par RESNICK demeure originale. En effet, confronter la légende aux faits bruts, puis à la restitution qui en est faite par l’Histoire ( la légende, les faits et l’Histoire, titres des trois parties du roman ), voilà un choix pouvant déboucher sur une reflexion captivante.
Hélas, celle-ci n’aboutit pas car : 1) l’auteur s’égare en chemin en empilant les récits racontés par ses personnages au cours de leur conversation au coin du zinc ; 2) il oublie qu’en Histoire un recul est nécessaire et que celle-ci use des témoignages et en n’est pas la restitution directe.
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"L’avant-poste" est un RESNICK mineur. Des histoires galactiques de sauvetage, de guerre, de sexe, de batailles, parfois moralisantes, toujours faibles, et essentiellement mal écrites. Non, vraiment aucun doute, désolé Mike, mais "L’avant-poste", c’est de la merde. |
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