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C’est le roman qui a révélé Jeff NOON au Royaume-Uni, la première plume d’un cauchemar trash et poétique qui s’est depuis développé sur quatre romans.
Se plonger dans Vurt, c’est donc assister à la naissance d’un monde glauque et superbe. L’expérience est intense car l’univers noonien est certainement un des plus déboussolants qu’il nous ait été donné d’explorer ces dix dernières années.
Vurt a reçu le Prix Arthur C. CLARKE 1994
La critique de Vurt

Par K2R2
PRIX NEBULA 2000
Attention attention, ami lecteur ce roman contient une bonne dose de hard science et demeure fortement contre-indiqué aux personnes allergiques à ce type de littérature. Selon certains, dont je tairai le nom par politesse et par respect, il nécessite une bonne dose de culture scientifique, notamment en matière de biologie virale. Néanmoins, les difficultés intrinsèques de cette oeuvre ne doivent pas masquer ses nombreuses qualités d’écriture et de narration.
Dans un futur proche, l’humanité est confrontée à la résurgence d’un rétrovirus [un virus enfoui dans les gènes de chaque être humain depuis des milliers d’années] appelé SHEVA. Ce virus est responsable de la grippe d’Hérode, une maladie qui n’affecte que les femmes enceintes, entraînant des fausses couches et des mutations étranges sur le fœtus des femmes contaminées. Cependant, la biologiste Kaye Lang, première scientifique à avoir découvert SHEVA, soupçonne ce rétrovirus d’être davantage qu’un simple agent infectieux.
De son côté, l’anthropologue Mitch Rafelson a découvert dans les Alpes suisses, les corps congelés depuis plus de 10 000 ans d’une famille néandertalienne. Mitch constate avec incrédulité que le corps de l’enfant semble étrangement moderne par rapport à celui de ses parents, comme s’il n’appartenait plus tout à fait à la même espèce. Cette découverte est-elle liée à la résurgence de SHEVA ? Nos théories sur l’évolution sont-elles erronées ?
A l’heure où les manipulations génétiques divisent la société [et le monde pourrait-on dire], ce roman, qui arrive à point nommé, a le mérite de poser certaines questions essentielles du point de vue scientifique et éthique.
Le postulat sur lequel repose "L’échelle de Darwin", s’il peut paraître incongru, reflète pourtant des hypothèses qui circulent parmi certains généticiens [loin d’être majoritaires cependant] ; c’est ce qu’on appelle la biologie évolutionniste.
Néanmoins, l’auteur extrapole à partir de données incomplètes et spécule largement sur les avancées de la recherche en matière de biogénétique. C’est d’ailleurs ce qu’il a le mérite de préciser dans une postface agrémentée d’un judicieux glossaire, fort utile pour les lecteurs qui n’auraient pas passé leur doctorat de biologie [rassurez-vous, le roman reste tout à fait compréhensible pour un lecteur disposant d’un minimum de culture scientifique].
Par ailleurs, cette plongée directe dans le milieu de la recherche biologique américaine est tout à fait édifiante, étrangement réaliste, mais également affligeante, car les propos de Greg BEAR condamnent irrémédiablement le comportement de certains laboratoires, et de l’industrie pharmaceutique en général, qui abusent honteusement de situations sanitaires catastrophiques pour faire des profits indécents.
La collusion entre les groupes industriels privés et les autorités sanitaires paraît ici étrangement réaliste.
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"L’échelle de Darwin" est donc un excellent roman, son style clair et agréable n’a d’égal que la profondeur de son discours, dont les problématiques résonnent étrangement dans une société qui aujourd’hui se méfie de la science sans pour autant réussir à s’en passer. Greg BEAR a donné une suite à ce roman, "Les enfants de Darwin" |
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