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Publié le 03/11/2007

« L’énigme du cadran solaire » de Mary GENTLE

[« 1610 : A Sundial in a Grave », 2003]

ED. DENOËL / LUNES D’ENCRE, OCT. 2007

Par PAT

Proposé en deux [très gros] volumes dans la collection Lunes D’encre, le nouveau GENTLE, auteur du déjà recommandé cycle de Cendres, recycle avec brio et intelligence les canons du roman de cape et d’épée.
Un vrai bonheur de lecture à découvrir là, tout de suite, vite, qu’attendez-vous ?


Désormais moyenagisée après le très bon et très long cycle de Cendres, Mary GENTLE n’abandonne pas le thème, mais décale sensiblement sa plume avec L’énigme du cadran solaire.
Si la date [1610, en VO] annonce clairement la couleur [la mort d’Henri IV, pour les cancres], le roman cache bien son jeu et passe tour à tour du roman de cape et d’épée au roman d’aventure, du fantastique au pornographique, du tragique au comique avec une facilité et une légèreté qui en disent long sur le talent de GENTLE.

Au-delà du très bel hommage que l’anglaise rend à notre Alexandre DUMAS national, L’énigme du cadran solaire est un petit bijou d’humour et un vrai plaisir de lecture. Une fois les 2 millions de signes délicieusement avalés, le lecteur a la fâcheuse tendance à se sentir orphelin et laisse volontiers passer quelques jours avant d’ouvrir un autre bouquin.
Deux signes qui ne trompent pas et qui confirment au passage l’exceptionnel talent de conteuse de GENTLE.

L’énigme du cadran solaire s’ouvre classiquement. On y suit les mésaventures de Messire Rochefort, espion, ex-gentilhomme, duelliste et bretteur, connu dans le tout Paris comme l’homme de main du Duc de Sully, alors ministre des finances du bon roi Henri IV.
Loyal jusqu’à l’obsession, Rochefort est entraîné malgré lui dans le complot ourdi par la reine Marie de Medicis contre son propre mari Henri. Décidé à faussement collaborer avec la traîtresse aux tendances régicides, Rochefort engage un homme de main pour assassiner le roi, persuadé que ce dernier [un certain Ravaillac] manquera son coup. Pas de bol, ça marche, et voilà Rochefort bien embêté, avec sur les bras un roi mort, des témoins l’ayant vu aux côtés de l’assassin au moment du crime, une reine désormais complètement reine très apte à éliminer ceux qui en savent trop, un patron [le Duc de Sully, donc] mis à mal et potentiellement écarté du pouvoir suite à la disparition de son roi et protecteur, bref tout un nid de problèmes absolument ingérables.

Conscient de la précarité de sa condition et du poids de son éventuel témoignage, Rochefort envisage de fuir en Angleterre pour se mettre à l’abri [ce qui, au passage, tend à disculper le Duc de Sully de toute responsabilité dans l’affaire] et envisager la suite des évènements plus sereinement. Malheureusement, il bute sur l’abominable Dariole, insupportable jeune homme à peine post-pubère dont les indéniables talents de bretteur ont déjà valu à Rochefort quelques humiliations et bosses. Dépassés par les évènements, les deux ennemis font une alliance toute temporaire pour prendre la route de Londres, sauvant en chemin un samouraï japonais naufragé. Le voyage se déroule tant bien que mal et tous trois finissent par rallier à peu près normalement la capitale britannique.

Peu à peu horrifié par ses propres sentiments, Rochefort se découvre une attirance contre-nature pour le jeune Dariole [d’où une scène de sodomie d’anthologie], avant de découvrir encore plus de choses [dont on ne soufflera mot ici] sur cet étrange jeune homme.

Mais si Londres offre un abri provisoire, c’est sans compter sur un autre complot dans lequel Rochefort [c’est une manie] est entraîné à nouveau : Disciple de Giordano Bruno, Robert Fludd a développé une méthode de divination qui renvoie Nostradamus chez sa mère. Capable de prévoir les siècles à venir, Fludd n’est pas du tout [mais alors pas du tout] satisfait de ses prédictions. Seul remède, faire assassiner le Roi Jean I et couronner son fils Henry Stuart à sa place. Et que disent les prédictions ? Que Messire Rochefort est l’Homme de la situation...

Décidément malchanceux, Rochefort est une fois de plus contraint à participer à un régicide, mais il décide de reprendre la barre de sa propre vie, un peu affolée ces derniers jours. C’est dangereusement sous-estimer le talent de Fludd et sa très sérieuse motivation...


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Flamboyant, délirant, absurde, crédible, drôle, tragique, poétique et parfois bouleversant, L’énigme du cadran solaire est un très long voyage [jusqu’au Japon - et retour] qui jamais ne déçoit.

Roman de cape et d’épée unique en son genre, il renouvelle tous les canons du mythe avec brio. La petite touche fantastique possède la [rare] particularité d’être étonnamment crédible, les personnages sont remarquablement attachants, l’histoire est menée de main de maître et le plaisir est total.

Un vrai bon bouquin, divertissant et intelligent.


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