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Publié le 25/10/2002

L’espace de la révélation d’Alastair Reynolds

[Revelation Space, 2000]

ED. PRESSES DE LA CITE, 2002 - REED. POCKET SF

Par ARN

L’homme a fait ses premiers pas dans l’espace, en explorant la proche banlieue du système solaire. Et il n’a trouvé que les traces de civilisations extraterrestres éteintes.
Dan Sylveste, sur la planète Resurgam, cherche à savoir ce qui a causé la disparition de la race Amarantin. Mais à bord du lighthuger "Nostalgia for infinity" plusieurs personnes sont bien décidées à le retrouver.

Le roman qui a révélé Alastair Reynolds, et le point de départ du Cycle des Inhibiteurs.


Des sentiments mitigés

L’histoire débute en 2524 pour Ana khouri, assassin du Jeu de l’Ombre. L’énigmatique Demoiselle lui confie l’élimination de Dan Sylveste, un archéologue en poste sur Resurgam.

L’histoire débute en 2543 pour Ilia Volyova, expert en armements sur le Spleen de l’infini en route pour Resurgam. Son équipage veut enlever Dan SYLVESTE, dans l’espoir qu’il puisse sauver leur capitaine d’une infection techno-virale foudroyante.

L’histoire débute en 2551 pour ce fameux Dan Sylveste plongé dans l’étude des Amarantins, une race extraterrestre mystérieusement disparus au cours de l’Evénement. Etude qu’il entrepris après son retour miraculeux d’un Voile, zone spatiale qui échappe à l’entendement.

En 2546 Volyova embrigade Khouri dans son équipage pour remplacer son artilleur victime du Voleur de Soleils, une improbable entité qui hante le Spleen.
En 2566 les histoires fusionnent et les protagonistes font voile vers le système Cerbère-Hadés, graal du paradoxe de Fermi, pourquoi sommes-nous seuls dans l’univers ?

Imbroglio dans les dates ? Normal, Alastair Reynolds développe son récit dans le respect des lois connues - pas d’hyperespace et de vitesse supérieure à la lumière, la théorie de la relativité règne en maître. L’action débute donc en 2561 pour Sylveste mais en 2543 pour Volyova et Khouri. Ces deux segments de temps se rejoignent en 2566 ce qui nous donne un rapport de 1 pour 5 et donc une vitesse moyenne d’environ 20% de la lumière pour le Spleen de l’infini [confirmation p.268, le Spleen file à 25% de la vitesse lumière].

Si nous observons l’histoire du Spleen selon le temps de Sylveste, le temps du Spleen se contracte. Par contre, si nous observons l’histoire de Sylveste selon Volyova, le temps de Sylveste se dilate ; Contraction ou dilatation, superbe travail de l’auteur sur l’unité de temps en relation avec les distances qui séparent les différents systèmes planétaires.
Trêve de plaisanteries, le roman me laisse perplexe. Je suis passé alternativement de l’ennui à l’envie puis à l’ennui...

Un bon ‘Space Opera’ ‘Hard Science’, du style Stephen Baxter, mais la construction de l’intrigue avec ses sauts hautes fréquences entre les différents personnages agace plus qu’elle n’entretient le ‘sense of wonder’. Pour l’absence relative de suspense, c’est normal pour un roman de Space Opera, l’intérêt est ailleurs.

La conclusion est digne d’un scientifique, plus de questions que de réponses, mais laisse néanmoins le lecteur un peu accro à l’astrophysique perplexe. Le trou noir, au-delà du rayon de Schwarzchild, annihile toute information. Comment peut-il, dans ces conditions, permettre la création d’un ordinateur ignorant la causalité ? Mais, nous ne connaissons pas encore toutes les lois physiques alors...


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Le space opera a bien changé. Exit les personnages manichéens, les protagonistes sont ici humains. Ils ont beaucoup de défauts, certaines qualités et dans l’ensemble n’agissent que dans leur propre intérêt. Pas de gizmo technologique non plus, les vaisseaux se déplacent à des vitesses relativistes dans les limites de nos connaissances de la physique. Cependant l’aspect scientifique est uniquement au service de l’histoire et non l’inverse.

C’est un premier roman qui se lit vite et bien, malgré quelques erreurs de jeunesse. Nanotechnologie, bio engineering et environnement techno-gothique complètent le tableau.