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Publié le 01/10/2008

« L’heure et l’ombre » de Pierre JOURDE

1ERE ED. L’ESPRIT DES PENINSULES, AOUT 2006 - REED. POCHE, SEPT. 2008

Par PAT

Ciel, un nouveau Pierre JOURDE... Après la claque de "Festins secrets", se jeter sur "L’heure et l’ombre" relève du naturel le plus élémentaire. Et surprise, JOURDE se calme question critique sociale pour se concentrer sur des personnages de plus en plus éthérés. Une ambiance onirique qui hante un récit là encore tout sauf naturaliste [malgré quelques moment d’anthologie relatés plus bas], via une histoire retorse et machiavélique...


Pour le critique, le travail ne manque pas. Comment ne serait-ce que tenter de résumer une histoire qui réconcilie CELINE, Alain FOURNIER, MAUPASSANT, POE et bien sûr, NERVAL ? Roman à tiroir, L’heure et l’ombre se mérite. On y suit les dérive de quelqu’un qui écoute quelqu’un d’autre qui a été témoin de quelque chose vécu par un type curieux, lui-même narrateur ou acteur d’une vie mystérieuse mais peut-être que non, finalement.

Bon.

Résumons.

Lent ballet articulé autour d’un amour fou et/ou impossible, plusieurs personnages [des fantômes ? Pas impossible] tournent lentement autour de la mystérieuse station balnéaire de Saint-Savin. Image d’un père absent et amnésique qui abandonne sa famille pour en fonder une autre et dépérir à demi-fou dans une maison isolée, laissant sa fille se débrouiller seule dans un village de fin du monde [comme il en existe des milliers en France]. Image d’un jeune homme qui perd sa vie à la gagner et sombre dans la démence en tentant de retrouver un amour d’enfance. Image d’une jeune fille obligée de simuler sa propre mort pour échapper à l’indicible. Image de deux amis séparés par la vie, même si cette dernière n’est, comme de juste, rien d’autre qu’un malentendu.

Et au milieu de ce foutoir remarquablement bien organisé qui lorgne vers un fantastique subtil et élégant [avec parfois une petite touche Lovecraftienne proprement terrifiante], quelques saillies hilarantes sur le monde moderne, forcément décérébré au regard de ce passé fantasmé qui n’en finit jamais de fuir : un dîner avec une famille homme-femme-enfant insupportable qui s’étire sur une dizaine de page et qui fera hurler de rire celles et ceux qui savent à quel point les enfants peuvent peser sur la conversation. Une rencontre avec une famille de français moyens comme on en trouve partout et quelques jolies lignes contre la stupidité inhérente aux poses machistes affichées par la rappeurs les plus crétins... Mais ce serait maltraiter le roman que de le réduire à ces quelques anecdotes.

De fait, L’heure et l’ombre est un long et beau poème. Obscur, effrayant, angoissant et souvent vicieux, il happe le lecteur au risque de l’étourdir. L’exceptionnel talent littéraire de Pierrre JOURDE y fait beaucoup, même si l’animal se lâche parfois au détour d’un chapitre au risque de semer le lecteur qui rame derrière en attendant une explication qui, on s’en doute, ne viendra jamais.


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Rêve, aventure, amour perdu, jeunesse, nostalgie et amertume forment la trame d’une histoire complexe, magnifique de sincérité et très joliment traitée.

L’heure et l’ombre est décidément un roman à part, et son auteur décidément envoûtant.