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Publié le 01/07/2007

« L’hiver d’Helliconia » de Brian ALDISS

[« Helliconia Winter », 1985]

ED. ROBERT LAFFONT / A&D, JUIN 2007

Par Soleil vert

La parution de ce volume clôt la réédition du splendide cycle d’Helliconia chez Ailleurs et Demain, une oeuvre à laquelle Brian ALDISS consacra sept années d’écriture. Oeuvre science fictionnesque où l’auteur s’attache à détailler les mécanismes astronomiques et biologiques qui gouvernent le biosystème d’une planète atypique.


Petit rappel : Helliconia est une planète appartenant à un système d’étoile double. Elle décrit un parcours elliptique d’environ 2500 années terrestres autour de la plus massive, Freyr, et tourne autour de la plus petite, Batalix, en 480 jours - ce qui génère un hiver de 1000 ans et un été de même durée. Entre les deux, un court printemps.
Deux espèces intelligentes et rivales dominent tour à tour cette planète, les phagors [plus adaptés aux températures basses] et les humains. Les générations mais aussi les civilisations se succèdent et l’alternance des enfers climatiques a pour corollaire l’oubli des temps anciens et la mort ou la nécessaire transformation biologique des êtres vivants.


Voici donc qu’à nouveau Helliconia et son soleil Batalix s’éloignent de l’étoile géante Freyr. Cela signifie pour les phagors l’espoir de redevenir l’espèce intelligente dominante de la planète et pour les humains le devoir de survivre à des conditions climatiques infernales.

C’est en Sibornal, terre boréale que cette nécessité est la plus clairement ressentie. Un Pouvoir impitoyable, aussi cruel que l’hiver d’Helliconia, s’y exerce.
Ainsi après avoir envoyé une armée contrer les forces de Pannoval, l’Oligarque qui exerce son autorité sur ce continent depuis la capitale Askitosh, n’hésite pas à éliminer ses troupes lors de leur retour victorieux, afin, croit il, d’endiguer l’épidémie de « Mort Grasse » et de conserver coûte que coûte l’organisation sociale, malgré les rigueurs climatiques d’Helliconia.

Comme dans le tome précédent, le récit est construit autour d’une figure centrale, ici Luterin Shoderankit, fils du Gardien de la Grande Roue de Kharnabhar.
Celui-ci, rescapé du massacre évoqué plus haut, effectue un long voyage de retour avec quelques compagnons, tout en essayant de trouver un chemin moral honorable entre les us et coutumes pas très recommandables de ses semblables sibornaliens [l’esclavage par exemple] et l’affrontement auquel se livrent l’Oligarque et l’Eglise.

Ce troisième volet se lit plus rapidement que le précédent. L’affrontement Père-Fils, une tarte à la crème de la SF, vient dramatiser l’intrigue, mais on retiendra comme toujours chez ALDISS, l’habileté à décrire des sociétés et des rites religieux avec force détails crédibles.
Plus fort : on se demandera si les caméras de l’Avernus, ce satellite terrien en orbite autour d’Helliconia ne préfigurent pas les émissions de télé réalité !


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Le lecteur curieux effectuera un parallèle entre « L’hiver d’Helliconia » et « La Schismatrice » de Bruce STERLING, parus la même année. L’un suggère que l’homme ne peut vivre en dehors de son environnement natif, l’autre suggère que celui-ci en se transformant peut s’adapter à n’importe quel contexte.
Pour alimenter ce débat, lisez, relisez le Cycle d’Helliconia.


A LIRE AUSSI : La critique des tomes 1 et 2 de la trilogie :