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Première publication le 01/12/2005
Publié le 22/06/2006

"L’homme noir - L’assassin royal T.12" de Robin HOBB

["The black man"]

ED. PYGMALION, NOV 2005

Par K2R2

Je ne sais pas pour vous, mais moi, le cycle de "L’assassin royal", je commençais un peu à m’en lasser, malgré tout l’enthousiasme que j’ai pu éprouver auparavant pour les aventures de Fitz Chevalerie et de ses petits camarades. C’est donc avec circonspection que j’ai entamé la lecture de ce douzième et avant-dernier tome. Et comme d’habitude, je dois bien avouer que je me suis laissé emporter par l’aventure et le talent de narratrice de Robin HOBB...


A la fin du onzième tome, "Le dragon de glace", l’expédition menée par les représentants du royaume des Six Duchés et les Outriliens posait le pied sur Aslevjal, l’ile glacée où le dragon Glasfeu semble avoir trouvé son dernier repos. Le prince Devoir doit accomplir le pacte qu’il a scellé avec le clan du Narval ; après avoir trouvé la dernière demeure du dragon, il devra lui couper la tête et rapporter le trophée à la Narcheska Eliania comme cadeau de mariage.

Mais au sein même du camp du prince, plusieurs factions s’opposent. Umbre, le conseiller du prince, souhaite que Devoir accomplisse à la lettre les doléances du clan du Narval, afin que l’alliance soit enfin célébrée entre le royaume des Six Duchés et les Outriliens, mais le clan du Vif est révolté par la nécessaire décapitation d’un dragon dont on ne sait réellement s’il est mort ou simplement endormi.

C’est également sans compter sur le Fou, ex sire Doré, persuadé qu’il doit accomplir son destin de prophète blanc en sauvant Glasfeu, et ainsi lui permettre de s’accoupler avec la dernière femelle encore en vie, Tintaglia, afin de faire renaître la race des dragons. Tandis que dans le camp même des Outriliens, certains clans s’inquiètent des mauvais présages qui s’accumulent alors même qu’ils viennent à peine de mettre le pied sur l’ile.

Quant à Fitz, comme à son habitude, il se retrouve tiraillé entre sa fidélité envers sa propre famille et son amitié pour le Fou, qui lui a prédi qu’il trouverait la mort en accomplissant son destin à Aslevjal. Si vous n’avez rien compris à ce résumé, ce n’est pas grave, lisez les onze premiers volumes, ça ira mieux.

La première partie du roman est exclusivement centrée sur les préparatifs et l’ascension du glacier au sommet duquel repose le dragon Glasfeu. Pour tout avouer, il ne se passe pas grand chose et le lecteur attend patiemment que Robin HOBB se décide à lui mettre quelque chose de plus savoureux sous la dent, ce qui tarde un peu à venir tant le roman se traîne bien au-delà de la centième page. Mais comme chacun sait, la dame a du métier, et c’est avec une certaine dextérité qu’elle glisse insidieusement quelques éléments de rupture, de quoi gentiment agacer le lecteur attentif.

Ainsi, on se demande rapidement ce que peut bien venir faire ce mytérieux homme noir dans l’aventure ; il n’intervient qu’à de brefs instants dans le récit, mais recèle suffisamment de mystère pour que le lecteur devine rapidement que le personnage sera d’une importance capitale à un moment ou à un autre.

Pourtant, ce n’est pas là que réside l’essentiel de l’intrigue et pour une fois, Robin HOBB se décide à lever le voile sur certains éléments qui taraudent le lecteur depuis déjà plusieurs tomes [ah ah, même ceux qui avaient renoncé à comprendre les tenants et les aboutissants de la forgisation en auront pour leur argent]. Il était temps dirons nous !

Ainsi, ceux qui s’interrogeaient sur le rôle effectif de la Narcheska et de son mentor seront à la fête, vous saurez tout, oui je dis bien tout sur le fin mot de cette affaire. Sur les non-dits, sur les ellipses, sur les habiles dissimulations, ... bref, le rideau est enfin tombé sur ceux qui tirent réellement les ficelles et le suspense atteint au cours des cent dernières pages un degré paroxysmique.

Quant aux esprits chagrins qui se plaignaient du manque d’action, ils n’auront plus de raison de râler, ça pleure, ça saigne, ça coupe et ça déchire. Les doigts me brûlent de vous annoncer quelque révélation fracassante, mais cela vous gâcherait irrémédiablement le plaisir de lecture, alors je m’en tiendrai là, mais sachez néanmoins que les âmes les plus sensibles auront des raisons de pleurer à la fin de ce douzième volet.


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Que dire de plus, sinon que Robin HOBB est égale à elle-même, ses fans seront comblés, ses détracteurs ne trouveront pas de raison nouvelle de s’intéresser à son oeuvre. Une écriture fluide et plutôt élégante, en tout cas terriblement efficace, un maîtrise de l’intrigue étonnante et un talent de narratrice [voire de conteuse] absolument magistral. Des atouts qu’elle cultive et perfectionne tout au long de se romans et celui-ci ne fait pas exception. Vivement le treizième et ultime volet de cette saga, qui sans doute tiendra toutes ses promesses.