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C’est le roman qui a révélé Jeff NOON au Royaume-Uni, la première plume d’un cauchemar trash et poétique qui s’est depuis développé sur quatre romans.
Se plonger dans Vurt, c’est donc assister à la naissance d’un monde glauque et superbe. L’expérience est intense car l’univers noonien est certainement un des plus déboussolants qu’il nous ait été donné d’explorer ces dix dernières années.
Vurt a reçu le Prix Arthur C. CLARKE 1994
La critique de Vurt

Par K2R2
Malgré ce que laisse entendre le sous-titre du roman, "L’homme qui voulait tuer l’empereur" n’est pas à proprement parler la suite de "La voie du sabre". Certes, l’histoire se déroule une trentaine d’années après les péripéties de Miyamoto Musashi et de son disciple, mais la comparaison s’arrête là, en dehors d’une ou deux allusions au cours du récit. Le lecteur est invité à suivre l’histoire tragique du seigneur Ichimonji Daigoro, dont le femme et les enfants sont sauvagement assassinés par les samouraïs au service de l’empereur dragon, qui convoite la très belle Shirôzaemon Reiko, concubine dudit seigneur. Bien décidé à ne pas céder aux velléités de l’empereur, le seigneur Daigoro est contraint de se réfugier dans sa forteresse, désormais assiégée par de puissantes troupes. Son domaine est rapidement anéanti, ses gens massacrés et sa concubine, la splendide Reiko, périt dans l’assaut.
Daigoro est sauvé par l’intervention d’un démon du feu, dont les intentions sont pour le moins obscures. Depuis ce triste jour, le seigneur Daigoro n’aura de cesse de se venger, et pour cela, il devra tuer l’empereur de ses propres mains. La vengeance est ainsi devenue sa seule raison de vivre. Epaulé par cet étrange démon du feu, qui prend l’apparence de sa splendide mais néanmoins défunte concubine, Daigoro est entraîné jusqu’au pied du Mont Fuji, où se dresse la porte des enfers. Il y fait la rencontre d’un improbable compagnon de route, un aventurier venu d’une lointaine contrée appelée France. Les trois compères déchainent les hordes de l’enfer, qui foncent vers Edo, la capitale, afin de mettre l’empereur à genoux.
Davantage encore que dans son précédent roman, dont la valeur initiatique était fondamentale, Thomas DAY laisse une place prépondérante à l’action. Nul temps mort, nul discussion philosophique alambiquée, mais de la bagarre, des tripes, du sang et pas mal de sexe. DAY fait parfois dans le gore, voire le scato, n’hésitant pas à nous asséner quelques scènes pour le moins choquantes pour le lecteur non averti. Âmes sensibles, s’abstenir. Le style a le mérite d’être efficace et de permettre une lecture alerte ; comme il s’agit essentiellement d’action débridée, cette fluidité est tout à fait bienvenue.
Le récit souffre néanmoins de quelques défauts, qui, sans être rédhibitoires, modèrent quelque peu l’enthousiasme. D’une part, la narration est parfois elliptique, DAY ne prenant pas toujours le temps de poser les éléments fondamentaux de l’histoire, voulant sans doute aller trop vite à l’essentiel. Nous sommes par exemple à mille lieues d’un roman comme "La pierre et le sabre", qui multiplie les personnages et les situations. Ici tout se passe dans trois lieux, avec rarement plus de cinq personnages simultanément. Cette simplicité ne permet jamais à l’histoire de prendre toute son ampleur et sa dimension épique. Certaines scènes sont expédiées à une vitesse affolante et enchaînent immédiatement sur de nouveaux rebondissements. Des personnages, qui auraient pu au fil du récit prendre du relief et de l’importance, sont passés par les armes sans aucun regret de la part de l’auteur.
A croire que "L’homme qui voulait tuer l’empereur" souffre du passage du statut de novella à celui de roman, indiscutablement, DAY aurait gagné à développer son récit sur une centaine de pages supplémentaires.
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Sans se prendre trop au sérieux, Thomas DAY nous propose un roman déjanté et relativement sympathique, mais bien décevant comparé à "La voie du sabre". A noter que, tout comme dans le roman prédécent, l’auteur propose en fin de volume une bibliographie/filmographie commentée des oeuvres de fictions et des ouvrages documentaires qui l’ont inspiré ou qui lui ont permis d’étayer les éléments culturels et historiques de son récit. Une initiative à saluer. |
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