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Publié le 21/11/2010

L’o10ssée : l’odyssée Folio SF en 10 nouvelles

ED. FOLIO SF / SEPT. 2010

Par Soleil vert

Après la collection Denoël « Lunes d’encre », Folio SF fête ses dix ans d’existence en publiant une anthologie de dix nouvelles représentatives du catalogue de la collection, complétée par quelques réflexions ou points de vue sur notre littérature préférée, émanant d’auteurs non SF. Pas de quoi révolutionner le genre, mais bon, c’est offert.


Fort de ses dix années et d’un succès jamais démenti (une croissance du chiffre d’affaires à deux chiffres sur les neufs premiers mois de l’année 2010 !) Folio SF offre à ses lecteurs un gâteau d’anniversaire en forme d’anthologie comportant quelques reprises mais aussi six inédits.
Au nombre de ces reprises on comptera quelques récits d’auteurs classiques comme « La Bétonnière à mafiosi » de Ray Bradbury, « Le Constructeur » de Philip K. Dick ou « Passagers » de Robert Silverberg. Des textes sans surprise, voire évitables comme « La Bétonnière à mafiosi » dans lequel un voyageur temporel s’efforce de modifier l’histoire de la littérature. Un sujet intéressant mais traité à l’emporte-pièce. « Le Constructeur », récit de fin du monde accuse son âge, alors que « Passagers », histoire de vampirisme psychique, préfigure dans une belle sobriété L’échiquier du mal, une des œuvres majeures de Dan Simmons.

« Utriusque Cosmi » de Robert Charles Wilson, un des auteurs phares de la SF anglo-saxonne, laisse une impression mitigée. Un être humain surgi du plus lointain futur et emporté jadis par une flotte d’extra-terrestres se penche sur son propre passé. Malgré les moyens stylistiques mis en œuvre, on s’interroge encore sur la signification de ce texte.
D’autres déceptions attendent le lecteur. Mary Gentle dans « La Route de Jérusalem » dresse le portrait d’une guerrière en conflit avec son Ordre (une confrérie apparentée aux templiers). Le récit, une fantasy historique, spécialité de l’auteur, ne démérite pas mais tombe un peu à plat. Difficile aussi de s’attacher au texte de Stéphane Beauverger, « Okw- », qui tient plus de la pochade politique qu’autre chose.

Heureusement Maïa Mazaurette tire son épingle du jeu avec « Chronos », récit dans lequel une star hollywoodienne vieillissante tente par tous les moyens de ne pas se laisser distancer par sa fille… en mettant le rouge à table. Jean-Philippe Jaworsky reprend à son compte avec « Kenningar » la thématique du double obsessionnel abordée notamment par Edgar Poe dans « William Wilson ». La narration semblera à certains un peu hiératique, mais incontestablement, en incorporant des archétypes à ses nouvelles, l’auteur tire la fantasy par le haut.

Enfin deux textes dominent les débats : en premier lieu, « Ethologie du tigre » de Thomas Day s’inscrit dans une veine thématique Shepardienne avec le récit d’une traque à la fois réelle et fantastique d’une tigresse à laquelle s’identifie le chasseur. Belle fin désabusée, écriture toute en fluidité, rien ne manque au plaisir du lecteur.
« Vestige », nouvelle de Christophe Priest appartenant au cycle de L’archipel du rêve, décrit l’ultime rencontre entre deux amants. Récit d’un deuil, dans un style à la fois sobre et haletant, Priest dit tout en très peu de pages : l’espèce d’arrachement de soi que constitue une séparation, métaphorisé ici par un voyage interminable, l’éphémèrité, l’immatérialité des choses essentielles.


Prendre date avec une anthologie qui ne fera pas forcément date, voilà un peu l’ambiguïté de cet ouvrage au demeurant sympathique et sans prétention. Mais les quelques nouvelles qui surnagent valent le détour. Bon anniversaire !