EN BREF

 
VOS LIVRES DANS LA BOITE AU LETTRES !




En commandant vos livres sur Amazon.fr vous faites des économies [-5%] et vous participez au financement du site car le Cafard cosmique reçoit une petite commission sur les ventes.

Le livre le plus acheté
en mai 2010 :
Janua Vera +
de Jean-Philippe Jaworski
aux Ed. Moutons Électriques

 

A VOIR AUSSI

 
 
Publié le 02/11/2008

« L’oeil d’Apollon » de Gilbert K. CHESTERTON

REED. FMR - PANAMA / LA BIBLIOTHEQUE DE BABEL 8

Par PAT

Cousin, parrain, compagnon de route, voire inventeur du roman policier moderne - même si pas mal d’autres se bousculent au portillon, évidemment, parmi lesquels des inconnus comme POE, ou Conan DOYLE - G. K. CHESTERTON fait l’objet de nombreuses éditions en France. On le connaît d’ailleurs pour le personnage du Père Brown, prêtre catholique et détective amateur, toujours là pour résoudre les énigmes les plus tordues.


Idéal pour aborder une oeuvre délicieusement surannée où se côtoient les fantômes de POE, de LOVECRAFT et de WELLS, L’oeil d’Apollon rassemble cinq nouvelles présentées par BORGES himself, dont le célèbre Les trois cavaliers de l’apocalypse, texte de référence pour le vieux maître argentin.
Si la présence de CHESTERTON dans La bibliothèque de Babel peut surprendre, force est de reconnaître que la prose et l’ambiance des histoires distillées ici lorgnent franchement du côté du fantastique, même si la clé de l’énigme s’avère finalement prosaïque et tristement humaine. On a souvent critiqué Chesterton pour son prosélytisme catholique, trait indéniable, mais plutôt léger et somme toute assez secondaire dans une oeuvre évocatrice et surtout humaniste. Pas de quoi fouetter un païen, donc, même si ce détail agace parfois, quand on n’arrive pas à le dépasser.

Nouvelle titre, L’oeil d’Apollon est une sorte de classique. Un accident qui ressemble fort à un meurtre, un gourou illuminé, deux jeunes filles étranges, et... Une explication surprenante.

Très lovecraftienne malgré l’absence d’éléments surnaturels, L’honneur d’Israël Gow plonge au coeur de l’âme écossaise profonde et des croyances pré-chrétiennes encore présentes dans la région.
Plus légère, voire très drôle, Le duel du professeur Hirsh ne se raconte pas sans dévoiler la fin, mais s’y affrontent tout de même deux conceptions du monde. L’idée contre la violence. La violence contre l’idée. Parfois l’idée contre l’idée, car la violence se fait avoir. Toujours.
Texte intéressant car révélateur, Les pas dans le couloir est caractéristique de CHESTERTON. La peur, l’angoisse, l’énigme et sa résolution presque totale (tout est dans le presque), rien ne manque.

Enfin, Les trois cavaliers de l’apocalypse possède plusieurs niveaux de lecture (habituel, chez Chesterton). On y résout un mystère, mais cette histoire à chute possède plusieurs morales.
Aux lecteurs de choisir celle qui leur convient.


COMMANDER

Vieillotte, parfois désuète, mais tout simplement belle et maîtrisée, l’oeuvre de CHESTERTON mérite le détour, ne serait-ce que pour l’habileté des ambiances, la véracité des décors et la tenue des personnages. Ce qui fait déjà beaucoup.
On l’a dit, L’oeil d’Apollon est sans doute le meilleur moyen de se faire une idée. On le répète.