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Publié le 05/09/2006

« L’oiseau moqueur » de Sean STEWART

[« Mockingbirds », 1998]

ED. CALMANN-LEVY / INTERSTICES, JUILLET 2006

Par PAT

Heureuse surprise dans la collection Interstices, Sean STEWART tape très fort avec « L’oiseau-moqueur ». Belle allégorie sur le lien familial, subtile description intérieure de la vie d’une femme aux prises avec un environnement pour le moins hostile, ce joli roman distille agréablement une saveur douce-amère qui fait souvent défaut dans la littérature dite de genre.


Soyons clair, l’alibi fantastique est ici très ténu, même si sa présence est évidemment attestée et - c’est d’ailleurs l’intérêt de la chose - parfaitement intégrée comme normale. Les lecteurs suivront le délicat [et symbolique] passage à l’âge adulte de Toni Beauchamp, trentenaire post-adolescente aux prises avec ce qui fait mal dans l’existence.

D’abord la disparition de sa mère, sorcière bien connue dans son bled pour ses régulières "possessions" pendant lesquelles sa personnalité s’efface au profit de divinités [démons ? esprits ?] pour le moins dingos. Vient ensuite son licenciement et, pour finir, la décision unilatérale de faire un enfant par insémination artificielle, le stock d’hommes disponibles tendant à décroître de façon exponentielle à mesure que les années s’accumulent.

Sur ce postulat a priori bien barré du côté de la tranche de vie délirante et absurde, Sean STEWART dresse un portrait tout en pudeur de la condition féminine et s’autorise parfois des élucubrations pseudo philosophiques d’une grande justesse et d’une rare drôlerie [« Vous voulez toucher le coeur d’un homme ? Sciez-lui les côtes »].

« L’oiseau moqueur », c’est avant tout une belle galerie de personnages bien saisis, bien grillés et attachants, de la soeur femme-enfant, à son copain latino qui écume la ville aux commandes de la désormais célèbre muertemobile, en passant par la figure rassurante d’un père parti trop tôt car vraiment pas adapté à la vie commune avec une sorcière. STEWART n’oublie pas non plus les seconds-rôles et donne une réelle épaisseur à une histoire somme toute d’une grande simplicité. Le piment dans l’affaire, c’est essentiellement le "don" [ou la malédiction"] de la mère qui échoit à Toni, l’obligeant à assumer des responsabilités dont elle n’a que faire. Responsabilités qui commencent par l’acceptation pleine et entière de ses origines.


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« L’oiseau-moqueur » fait partie de ces livres dont la petite musique, la tendresse et l’intelligence laisse une empreinte durable dans l’esprit de ceux qui font le voyage. On est à mille lieux d’un fantastique haut en couleur, mais plutôt dans la peinture impressionniste d’un monde intimiste, désespérément normal et pourtant extraordinaire. De quoi nous donner envie d’en lire plus et d’espérer pour bientôt d’autres romans de Sean STEWART. A ne pas rater.

PS : La traduction de Nathalie Mège est absolument irréprochable.