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Publié le 01/05/2006

L’ami de la mort de Pedro-Antonio De Alarçon / Le Cardinal Napellus de Gustav Meyrink

REED. PANAMA / LA BIBLIOTHEQUE DE BABEL 1 ET 2

Par PAT

Les initiatives éditoriales aussi intelligentes que suicidaires sont suffisamment rares pour être saluées [et signalées] avec le respect qu’elles méritent. Louons donc ici la formidable idée des éditions Panama : rééditer en fac-similé la très belle collection confiée à Borges himself en 1972 par le jeune éditeur Franco Maria Ricci.

Mais enfin qu’est-ce que c’est ? Tout simplement trente livres fantastiques spécialement choisis par le vénérable [et décidément très recommandable] maître argentin et dûment préfacés par lui. Trente titres généralement inédits en France et tous aussi intelligents qu’importants.


> L’ami de la mort de Pedro-Antonio De Alarçon

> Le Cardinal Napellus de Gustav Meyrink

Pour l’amateur de littérature tout court et l’amateur de littérature fantastique en particulier, cette collection relève du mythe. Imaginez Meyrink, Alarçon, Chesterton, Melville, Papini, Bloy et quelques autres du même calibre, tous réunis sous des couvertures épatantes (tu m’entends, Manchu ?) et vieillottes, aussi délicieusement datés que modernes, dans une collection qui a tout du sublime.

Enfin balancé sous des cieux délavés, on est loin ici du vaisseau spatial et du gobelin grimaçant. Chaque texte propose une véritable vision du monde, vision dérangeante, érotique, effrayante ou terriblement fantastique. Vision borgienne, évidemment, vision labyrinthique. Autant dire que les romans proposés sous cette bannière tiennent plus de Lautréamont, Maturin, Lewis ou de Potocki que d’Asimov. Au final, force est de reconnaître que ça ne fait jamais de mal de s’éloigner quelques heures d’une sous-littérature pour adolescents boutonneux et de savourer un thé en bonne compagnie.

Au menu des deux premières rééditions, L’ami de la mort d’Alarçon et Le cardinal Lapellus de Meyrink. Beaucoup plus court que les autres, ce dernier a le mérite de condenser tout Meyrink en quelques pages. Tout est là. Le golem, bien sûr, l’ésotérisme juif, la subtile terreur qui réconcilie Byron et Stocker, l’ensemble symbolisé par une fleur délicieusement vénéneuse et profondément maléfique. Tout, on vous dit.

Avec L’ami de la mort, on est en plein romantisme dix-neuvième. Le jeune Gil Gil, fils de cordonnier, est amoureux fou d’Elena, la fille d’un noble chez qui il est employé comme page. Évidemment, c’est une amour impossible. Mais la Mort va, par amitié pour lui, se proposer de rectifier un destin terriblement funeste...
Un pacte avec la mort, un scénario à rebondissements (que beaucoup de critiques ciné devraient lire avant de crier au génie face aux pauvres trucs narratifs développés par les réalisateurs tendance d’aujourd’hui), des aventures sombres et oniriques, et au final, les vers. Forcément gagnants.


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En attendant les autres [NDCC : signés Franz Kafka, Arthur Machen, Saki, Lord Dunsany, Chesterton, Jack London, Lugones...et, à paraitre en septembre, Le miroir qui fuit de Giovanni Papini et Les amis des amis de Henry James], précipitez-vous sur ces deux volumes certes pas donnés, mais tellement indispensables que tout amateur de littérature un tant soit peu exigeante et décalée se surprendra à les trouver incroyablement modernes et subtils.

Révisez vos classiques, les enfants, c’est un point de départ qui, à l’instar du ruban de Möebius, dépasse souvent ce qui est censé le laisser derrière. Et je mathématise si je veux.