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de Jean-Philippe Jaworski
aux Ed. Moutons Électriques

 

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Publié le 01/02/2010

La Conspiration des ténèbres – Final Cut de Théodore Roszak

[Flicker, 1991]

ÉD. LE CHERCHE MIDI / NEO, NOV. 2009

Par paul muad’dib

Publié aux États-Unis en 1991 et traduit en français en 2004, La Conspiration des ténèbres, est un thriller à tendance conspirationniste. Bien que déjà disponible en deux tomes au format poche, celui-ci est réédité intégralement en grand format — enrichi de quelques textes inédits écrits pour l’occasion en 2005.
Theodore Roszak enseigne l’Histoire à l’Université de Californie. Fort de quelques publications romanesques SF et fantastiques, il est surtout connu pour être à l’origine du concept de « contre-culture » défini dans l’un de ses essais paru dans les années 1970 : « Vers une contre-culture ».


À l’aube des années 1960, Jonathan Gates, un jeune californien passionné de cinéma — plus cinéphile que réellement critique — fréquente assidûment le « classic », une salle de cinéma plutôt modeste au cœur de Los Angeles, réputée pour la promotion de l’image intellectuelle du septième art. Cette salle est tenue par une cinéphile influente doublée d’une critique avisée : Clarissa Swan, alias Clare.

Devenu à la fois son amant et son élève, Jonathan acquiert auprès de Clare les bases d’un bon esprit critique sur le cinéma — classique ou série B. C’est par son intermédiaire qu’il découvre un inconnu : un certain Max Castle. Réalisateur allemand de l’époque du muet réputé génial et promis à un bel avenir sur le Nouveau Monde, il se cantonne aux films de série B d’horreur tels que Docteur zombie ou Le Festin des morts vivants. Après nombre de recherches infructueuses, le couple arrive à mettre la main sur un inédit remarquable. Ce qu’ils découvrent leur apparaît à la fois consternant et étrangement malsain. Ils entrent alors en contact avec Zip Lipsky, nain et caméraman hors pair de Castle à l’époque où celui-ci tournait en amérique. Ce dernier leur permet de voir sa collection de films originaux en version non censurée.

Jonathan est interloqué par le sentiment étrange et répugnant que la vision de l’œuvre de Castle lui procure. Touchée elle aussi par les films de Castle, Clare n’en persiste pas moins à les trouver sans intérêt.

Jonathan Gates se lance dans une quête personnelle et entreprend seul une enquête sur le réalisateur, afin de comprendre le mystère qui entoure chacun de ses films. Il découvre au fil de ses pérégrinations que certains des associés du cinéaste le considéraient comme un génie, au même titre que Fritz Lang ou Georges Méliès. Il découvrira surtout que certains passages renferment en eux d’autres images, subliminales, particulièrement élaborées. C’est à l’aide d’un étrange appareil, « le Sallyrand », récupéré durant ses investigations, que Gates commence à percer le secret des films de Castle. L’obsession de Jonathan le conduit à la rencontre d’une étrange religion, bien plus ancienne que le catholicisme, et bien éloignée du cinéma.

Ce roman précurseur évoquera sans nul doute aux amateurs de films fantastiques le superbe Cigarets Burns de John Carpenter, issu de la série des « Masters of Horrors », dans lequel il est aussi question de cinéma et de religion.

Le lecteur suit le cinéma d’après-guerre ainsi que la naissance du concept de film d’auteur au travers des yeux de Clare au début du roman. Il découvre ensuite les classiques tels que Citizen Kane, puis aborde le cinéma français et Jean-Paul Belmondo — et vogue pour terminer avec le cinéma B du fantastique et de l’horreur mis en exergue par ce que l’on appelle les « nanars ». C’est grâce à cette énorme culture que le roman de Roszak s’éloigne des romans conspirationnistes actuels (le Da Vinci Code, par exemple). Il se distingue surtout par la vingtaine d’années de travail et de documentation rassemblés par l’auteur avant de se mettre à l’ouvrage et mêle sa fiction à l’histoire officielle du cinéma, poussant le plaisir jusqu’à nous faire croire à une réelle existence de Castle et de ses films.


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Cinéma classique, série B, auteurs obscurs, références anecdotiques, projets abandonnés, manipulation des masses par l’image et images subliminales, culture bis et cinéma d’horreur, ésotérisme et formidable talent de conteur, tous ces ingrédients font de La Conspiration des ténèbres un roman exceptionnel.