EN BREF

 
VOS LIVRES DANS LA BOITE AU LETTRES !




En commandant vos livres sur Amazon.fr vous faites des économies [-5%] et vous participez au financement du site car le Cafard cosmique reçoit une petite commission sur les ventes.

Le livre le plus acheté
en mai 2010 :
Janua Vera +
de Jean-Philippe Jaworski
aux Ed. Moutons Électriques

 

A VOIR AUSSI

Publié le 03/09/2006

« La Forêt d’Envers-Monde » de Thomas B. SWANN

[« The Not-World », 1975]

REED. FOLIO SF, JUILL. 2006

Par Ubik

Edités naguère par OPTA dans sa collection Aventures fantastiques, les deux courts romans de Thomas Burnett SWANN, « La forêt d’Envers-Monde » et « Les dieux demeurent », sont réédités chez Folio SF accompagnés d’une nouvelle inédite. Accompagnés, et non enrichis car cet ajout intitulé « Le peintre » et consacré à Jérôme Bosch, m’est apparu très fade. Mais au Cafard Cosmique, nous sommes un certain nombre [au moins deux, c’est vous dire...] à apprécier cet auteur états-unien singulier, aussi ne pouvait-on pas passer à côté de cette réédition.


Thomas Burnett SWANN manifeste une préférence délicieuse pour une Fantasy volontiers antiquisante - c’est le cas pour « Les dieux demeurent » - et éminemment charnelle. Il enchante par une imagination inspirée de la mythologie méditerranéenne tout en se défiant d’un classicisme et d’une application trop stricte des cadres géographique et chronologique qui pourrait figer la narration.

« La forêt d’Envers-Monde », premier titre de ce livre, s’écarte un peu de la période historique de prédilection de l’auteur pour nous projeter au XVIIIème siècle aux côtés d’une jeune femme, quelque peu handicapée et en quête de romantisme, de sa tante dans le rôle du chaperon... déluré et d’un jeune matelot amoureux. Tous les trois se lancent dans un périple sylvestre à la recherche du poète Thomas Chatterton, donné pour mort à Londres, mais dont l’esprit hante la mystérieuse forêt d’Envers-Monde, lieu hors du temps où se cristallisent superstitions, peurs ancestrales et créatures maléfiques. L’aventure assez simple à comprendre, est le prétexte à mille péripéties amusantes - rencontre avec des nains concupiscents, avec un esprit féminin tentateur particulièrement entreprenant et avec quelques cavales de la nuit menaçantes.

SWANN y donne libre cours à sa facétie et à des libertinages fort réjouissants. Les dieux demeurent, quant à lui, revient dans cette Antiquité chère au cœur de SWANN, pour être plus précis au moment du règne de Constantin et des persécutions chrétiennes contre les adeptes des cultes primordiaux et leurs ultimes représentants. Nouveau périple, l’histoire est agrémentée de trouvailles imaginaires étonnantes - notamment un cerbère végétal -, de références aux mythologies celte, étrusque et gréco-romaine et de quelques orgies bucoliques mais fermement réprouvées et châtiées en conséquence, par la morale judéo-chrétienne. Celui-ci nous emmène d’Italie à Envers-Monde en Grande-Bretagne, ce qui fournit un ancrage commun aux deux récits.

Dans ces deux textes, la religion chrétienne n’est pas dépeinte sous son meilleur jour. Dans un cas, elle perverti et dans l’autre elle détruit. Cependant, il ne faut pas voir là une charge - un pamphlet pour paraphraser l’auteur - contre ce culte monothéiste qui n’est pas plus coupable d’intolérance que les rituels qui l’ont précédé. Mais, il faut plutôt les lire comme une ode dédiée à un temps d’innocence désormais révolu, sans doute en grande partie idéalisé. Un Âge d’or fantasmé, où la passion, la sensualité des corps n’étaient pas jugées en terme de péchés.


COMMANDER

Thomas Burnett SWANN nous invite à un voyage mélancolique, en aucune façon paillard dans une Fantasy fantasmée.

Jamais revancharde, aigrie ou militante, sa prose enchante autant qu’elle séduit. Elle repose l’esprit en le berçant de douces illusions poétiques.