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Première publication le 25/09/2009
Publié le 10/11/2010

La Lignée - t. 1
de Guillermo del Toro
et Chuck Hogan

[The Strain, JUIN 2009]

REED. POCKET, OCT. 2010
1ERE ED. PRESSES DE LA CITE, SEPT. 2009

Par Mr.C

Premier volume d’une trilogie vampirique gore cosignée par le réalisateur Guillermo del Toro, connu pour Le Labyrinthe de Pan ou l’adaptation du comics Hellboy.
De la peur, de l’action et du sang pour un bouquin qui tient plus du scénario que de la littérature.


Un Boeing 777 atterrit à l’aéroport JFK de New York avant de s’arrêter net sur le tarmac, toutes communications coupées. L’engin semble mort alors que cinq minutes plus tôt encore, les échanges avec la tour de contrôle étaient parfaitement anodins. Tous les hublots sont obturés. Ni l’équipage ni aucun des cent quatre-vingt-dix-neuf passagers ne donnent plus signe de vie.
Le GIGN local se fraie une entrée en découpant la porte au chalumeau (pour résumer) et découvre – horreur ! - que tout le monde est mort là-dedans, complètement mort SAUF quelques passagers. Une équipe médicale spécialisée dans les risques biologiques entre en action... mais personne ne soupçonne que la cause du carnage est un virus vampirique, ni que le patient zéro a fait le voyage en soute et qu’il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

S’ensuit une pseudo-enquête course poursuite entre les héros (un gentil médecin porté sur l’alcool qui a quand même des soucis avec son divorce et un vieillard mystérieux originaire des confins des Balkans, armé d’une canne-épée d’argent) et les vilains (féroces et contagieux vampires, guidés par un Maître ténébreux, une sorte de Nosferatu assez vieux pour avoir bu des coups avec Mathusalem en personne).

La Lignée n’est pas à proprement parler un livre. Il s’agit plutôt d’un virus : pour sa parution en grand format, en septembre 2009, la chose fut promue comme un film, avec campagne marketing sur la toile digne des blockbusters hollywoodiens : site dédié, pages Facebook-Twitter-MySpace, interview filmée de l’auteur, et même plusieurs vidéos sur YouTube, des « trailers pour livres », avec acteurs et effets spéciaux, l’esquisse d’une future adaptation ciné ou télé à peu près inévitable.

Argument principal de la promo : Guillermo del Toro. Son nom fit d’ailleurs office de couverture au livre version grand format, le titre en tout petit lui cédant la place.
L’homme n’est pourtant pas écrivain : c’est un réalisateur, correct mais pataud, épigone de Peter Jackson dont il est d’ailleurs le clone en quadra rondouillard, cheveux en bataille et lunettes rondes.
Mais ses films ont marqué par leurs trouvailles visuelles, et del Toro d’être intronisé « réalisateur qui monte ». Il tourne en 2011 un Bilbo le hobbit produit par Jackson très attendu des fans de la trilogie du Seigneur des anneaux.

L’ennui, c’est que del Toro n’est pas (encore ?) un écrivain. Il a pourtant fait appel à un soutier de la plume pour muscler sa prose (Chuck Hogan, auteur de thrillers sans renommée), mais rien n’y fait. Son histoire reste davantage un script qu’un roman.
Pour résumer La Lignée, on pense immédiatement à des films : au pire, la mauvaise adaptation de Je suis une légende de Richard Matheson (il semble que del Toro ait été pressenti pour la tourner) ou, au mieux, l’effrayant 28 jours plus tard.
Il y a des images, mais aucun style. Des situations mais pas de réflexion. Des stéréotypes en guise de personnages. Et tous les clichés du genre. Quant il s’agit d’une chasse aux vampires à New York, on imagine le carnage littéraire au niveau des formules toutes faites...


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La mode automne-hiver est au vampire, dans l’édition comme sur les écrans. Les libraires, rassurés par le poids de la promotion, veilleront à mettre largement en avant cette réédition en poche d’un bouquin certifié best-seller avant même sa sortie.
Certains lecteurs prendront plaisir à dévorer ces pages de déjà-vu grand-guignolesque comme on va au train fantôme, pour rigoler un bon coup parce que ça fait pas vraiment peur.

C’est ça, La Lignée : de la peur pas dangereuse, de l’horreur propre, du prêt à consommer.
Ça peut détendre. Mais ça ne fait pas un bon livre.