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Publié le 01/07/2004

"La Lumière des morts" de Thierry DI ROLLO

[LE BELIAL’, 2002 - REED. FOLIO SF, 2004]

Par Daylon

De la poussière. Pour chaque auteur on retrouvera toujours une thématique, une métaphore, une image récurrente. La matière qui semble hanter l’univers de Thierry DI ROLLO, c’est la poussière.

Nous l’avions déjà constaté dans son dernier roman en date [ "La Profondeur des Tombes" ], chroniqué sur notre bon vieux Cafard] mais il suffit de remonter un tout petit peu sa bibliographie pour s’en convaincre.


Folio-SF nous mâche le travail et propose à présent une réédition du roman qui a véritablement révélé DI ROLLO [son premier roman date de 97], "La lumière Des Morts". Première constatation : DI ROLLO se sent beaucoup plus à l’aise dans la forme courte [comptabilisez ses nouvelles]. "La lumière des morts" est un très court roman qui se lira en quelques heures.

Seconde constatation : pas de surprise quand au style, on reconnaît la patte dès la première ligne. Même si l’écriture est beaucoup moins maîtrisée que ce qu’on a pu lire récemment, les phrases restent chocs ; incisives.

Fidèle à ses univers, DI ROLLO nous embarque dans univers sombre, au bord du gouffre... Peut-être même a-t-il déjà sombré. Difficile de parfaitement résumer l’histoire [d’ailleurs, carton rouge pour cette 4ème de couv’ une fois de plus ratée]...

C’est l’histoire [qui tient, je le rappelle, de la novella anglo-saxonne] de deux personnages ; deux humains sur le point de toucher de fond. Deux humanités diluées dans la folie. C’est l’histoire d’une fascination pour la mort, une obsession/peur/trouble manifestée sous la forme d’une icône toute auréolée de bleue... La lumière des morts. L’histoire de deux parties du monde, Afrique et Europe, amenés à se croiser sur le même chemin de la déliquescence.

Le scénario se passe de rebondissements pour foncer droit devant ; à aucune moment on ne s’embarrasse de pirouettes superflues. DI ROLLO décrit deux chutes parallèles, rien de plus. Clairement, DI ROLLO est certainement le seul auteur français [quoique certains travaux de HOUSSIN...] à brasser autant d’images macabres. Son écriture met mal à l’aise, elle noie dans la crasse et dans la dépression. Problèmes : DI ROLLO tente de faire une jonction qui reste désespérément bancale, avec une fin très visuelle mais totalement dénuée de sens. Une fin assez inutile en fait. Difficile de se prononcer d’ailleurs tant on ne comprend pas où l’auteur a voulu en venir.

Il existe de même bien des maladresses dans l’écriture : trop de phrases courtes pas forcément placées aux endroits judicieux. Et surtout, des personnages mi-figue, mi-raisin, avec des aspects très travaillés et d’autres dénués de sens. Un monde visiblement dystopique mais profondément anecdotique. C’est dommage.


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À propos, à force de ressasser les mêmes thématiques, on peut craindre qu’elles finissent par se mordre la queue. Gageons que l’auteur saura varier les plaisirs. Au final, La lumière des morts sera parfait si vous cherchez à découvrir cet auteur qui gagne à être connu. Pas inoubliable, mais court et efficace ; pas exempt de défaut, mais original.

Bref un livre qui, même s’il demeure un peu bancal, se montre tout à fait honnête. Ceux qui seront prêts à débourser un peu plus se jetteront sur "La Profondeur des Tombes", une vision des ténèbres beaucoup aboutie.