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    de Jeff NOON

    C’est le roman qui a révélé Jeff NOON au Royaume-Uni, la première plume d’un cauchemar trash et poétique qui s’est depuis développé sur quatre romans.
    Se plonger dans Vurt, c’est donc assister à la naissance d’un monde glauque et superbe. L’expérience est intense car l’univers noonien est certainement un des plus déboussolants qu’il nous ait été donné d’explorer ces dix dernières années.

    Vurt a reçu le Prix Arthur C. CLARKE 1994

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Publié le 01/04/2006

"La Nef des fous" de Richard-Paul RUSSO

EDITIONS LE BELIAL’, MARS 2006

Par PAT

Œuvre d’un auteur connu pour ses polars-SF, "La nef des fous" est une réussite à défaut d’être un chef d’œuvre. Avec beaucoup de roublardise et une maîtrise de la narration étonnante, Richard-Paul RUSSO captive le lecteur en utilisant pourtant des ficelles éculées.

Ainsi, l’action implique plusieurs mystères assez fascinants qui trouvent [ou non] une explication au cours du roman. De fait, il est difficile de lâcher "La nef des fous" avant la dernière ligne, particularité qui caractérise les bons romans à suspense...


Au départ, on hérite d’un scénario assez classique en SF : un vaisseau spatial très ancien, énorme et peuplé de plusieurs milliers d’individus, poursuit sa route dans l’espace.

Véritable « vaisseau-monde », l’Argonos est un navire sans mission, sans but précis, dont les différentes générations d’humains qui l’habitent ont oublié l’histoire. Crée par qui, où et dans quel but ? Premier mystère, laissé volontairement sans réponse. On pense inévitablement à la « Croisière sans escale » de Brian ALDISS, sauf qu’avec RUSSO, les protagonistes savent parfaitement à quoi ils ont affaire.

La société qui vit à l’intérieur de l’Argonos est assez stratifiée, avec ses citoyens de bas niveau et ses VIP, statut quo social déséquilibré qui entraîne une mutinerie bien pratique pour décrire l’ambiance à bord du vaisseau et présenter les personnages.

RUSSO prend le temps de donner corps et vie aux individus, ce qui les rend attachants et profondément humains. On trouve Nikos, le capitaine, bientôt en disgrâce et en proie aux affres de la solitude. L’évêque Soldano, homme de pouvoir, inquiétant et sombre, véritable Richelieu à bord de l’Argonos. Le « père » Véronique, femme de foi, victime du doute. Pär, le nain planteur de café, sans oublier Bartoloméo, héros principal du roman, phocomèle difforme affublé d’un exosquelette de soutien et de prothèses de bras.

Le deuxième mystère se situe sur la planète baptisée sommairement Antioche : bien décidé à explorer ce monde dont l’Argonos a capté des transmissions inexpliquées, Nikos envoie un petit contingent sur la terre ferme, histoire de savoir de quoi il retourne. Sur Antioche, Bartolomeo et le père Véronique font une macabre découverte. Des bâtiments sombres qui renferment des milliers de squelettes, tous accrochés à de sinistres crochets.

Génocide, suicide collectif ? Mais les choses ne s’arrêtent évidemment pas là. Après avoir quitté Antioche, l’Argonos doit faire face à un troisième mystère, sans doute encore plus fascinant : un mystérieux vaisseau spatial, gigantesque et résolument étranger, est repéré. Apparemment inerte, il va faire l’objet d’une minutieuse exploration, qui, on s’en doute, ne sera pas de tout repos.

Classique et prenante, cette seconde partie du roman rappelle « Rendez-vous avec Rama » et « Alien », de part l’excitation et la terreur que ressent le lecteur au fil des découvertes et des révélations.


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Comme on pouvait le craindre depuis le début, "La nef des fous" peut décevoir par un côté volontairement explicatif qui ôte une certaine part de poésie.

Fort heureusement, RUSSO prend soin de ne pas trop en révéler, ce qui laisse le lecteur agréablement sur sa fin. Malgré certains clichés, le texte est un excellent roman d’aventures, peuplé de personnages attachants et fouillés. Un bon cru pour une littérature avant tout distrayante, mais toujours intelligente.


 
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