Au rayon des idées reçues science-fiction et littérature jeunesse font forcément bon ménage, d’ailleurs c’est bien connu, la SF est une littérature immature réservée aux enfants. Au-delà des clichés, sur lesquels nous ne reviendrons pas, il existe une science-fiction dynamique, intelligente, qui rencontre depuis de nombreuses années son jeune public et poursuit son petit bonhomme de chemin alors même que la science-fiction dite adulte connaît, elle, une crise majeure...


La SF jeunesse se porte bien, si bien même que nombre d’écrivains confirmés franchissent depuis quelques années allègrement la frontière imaginaire tracée par les gardiens du temple. Fini le temps où quelques auteurs isolés, parmi lesquels Christian GRENIER fut probablement le plus prolixe, étaient cantonnés au secteur jeunesse et vivotaient de leurs publications. Aujourd’hui il est de bon ton de ne plus cracher dans la soupe et des auteurs aussi talentueux que J.P. ANDREVON, Pierre BORDAGE, Fabrice COLIN, Johan HELIOT ou bien encore Joëlle WINTREBERT [cette dernière fait d’ailleurs figure de vétéran aux côté de C. GRENIER] publient des romans ou des nouvelles pour les plus jeunes.

Le phénomène n’est d’ailleurs pas typiquement français et pas aussi nouveau que l’on pourrait le croire : aux Etats-Unis, des auteurs comme Isaac ASIMOV [avec la série « Norby le robot félé »] ou bien encore Robert HEINLEIN avaient déjà compris que s’adresser aux plus jeunes des lecteurs n’avaient rien de déshonorant, littérairement parlant.

Certains spécialistes clament parfois haut et fort que la littérature jeunesse n’existe pas et qu’il existe seulement de bons et de mauvais romans ; nous n’entrerons pas dans cette polémique mais nous rappellerons toutefois qu’il n’existe pas de frontière étanche entre la littérature adulte et la littérature jeunesse, les bons livres de SF jeunesse peuvent parfaitement être lus par des adultes, le contraire n’est cependant pas toujours réciproque.

Qu’est-ce que la littérature jeunesse alors ? Et par extension, comment se caractérise la SF jeunesse ? Simplifions à l’extrême, voulez vous, et considérons que relève de la SF jeunesse tout ce qui est publié dans les collections qui lui sont consacrées ; en la matière le calcul est simple, puisqu’en France il n’existe actuellement qu’une seule collection de science-fiction dédiée aux enfants et aux adolescents, il s’agit de la collection Autres Mondes des éditions Mango, créée en 2001 et dirigée par Denis GUIOT.

Auparavant, les jeunes lecteurs ont pu au cours des décennies précédentes s’initier à la SF grâce à Rageot et sa collection Jeunesse Poche Anticipation, puis dans les années 80 chez Laffont [L’âge des étoiles], Duculot [Travelling sur le futur] et Gallimard [Folio Junio SF]. La SF jeunesse connut dans les années 90 une période de flottement, même si la collection Vertiges SF [chez Hachette] permettait toujours aux auteurs jeunesse de science-fiction de s’exprimer. Aujourd’hui, la collection dirigée par Denis GUIOT se porte bien avec en moyenne des tirages autour de 6000 exemplaires et quelques titres au-delà des 10 000 exemplaires vendus, ce qui est un très bon chiffre .

Une question demeure pourtant sur toutes les lèvres : les jeunes lisent-ils de la science-fiction ? Nous avons déjà partiellement répondu à cette question dans le dossier consacré à "La SF à l’école", mais nous pouvons résumer la situation de la manière suivante : sans être un genre plébicité par les plus jeunes, la SF dispose d’un réservoir de lecteurs potentiels relativement vaste mais qui a tendance avec l’âge à se restreindre. Alors que vers 11-12 ans les pré-adolescents sont très réceptifs, curieux et fascinés par la nouveauté, leur intérêt s’émousse à partir de 14-15 ans.

Comment expliquer ce phénomène ? J’y vois deux raisons essentielles :

  • Tout d’abord l’évolution des centres d’intérêt, les adolescents en entrant dans le monde des adultes voient leurs préoccupations et leurs goûts s’affirmer, certains s’orientent vers d’autres types de littérature, se détournent complètement de la lecture au profit d’autres loisirs ou bien encore privilégient le travail scolaire.
  • D’autre part, à leur entrée au lycée, les adolescents s’éloignent de la littérature jeunesse sans pour autant complètement accéder à la littérature adulte, souvent plus âpre, plus complexe dans le style ou la construction narrative, plus mature par ses thématiques. Le lien n’est donc qu’imparfaitement établi entre ces deux types de littérature, bien que certains romans jeunesse soient lisibles à tout âge.

Les études sur le lectorat de science-fiction démontrent que par la suite les jeunes adultes renouent avec le genre, notamment à l’occasion de leurs études supérieures. Il serait d’ailleurs très intéressant d’étudier sur une période de dix ans l’évolution de la situation afin de déterminer si depuis sa création la collection Autres mondes a réussi à combler ce vide générationnel ! En tout état de cause, le succès de cette collection ne doit pas occulter le fait qu’elle est la seule collection spécialisée sur ce marché. D’autre part, ce succès est également et surtout celui d’une politique éditoriale de qualité, littérairement et intellectuellement exigeante, soutenant une production littéraire 100% française. Un exemple que les éditeurs de science-fiction adulte devraient prendre un peu plus en considération.


INTERVIEW


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Denis GUIOT

Denis GUIOT est l’un des meilleurs connaisseurs français de la SF jeunesse : né en 1948, enseignant et critique littéraire, il signe la rubrique "critique de SF" du magazine pour étudiant Phosphore depuis plus de vingt ans ! Il est l’auteur d’un "Dictionnaire de la science-fiction" [avec Alain LAURIE et Stéphane NICOT, aux Le Livre de Poche Jeunesse, 1998] qui fait référence en matière de guide d’initiation pour les jeunes. Il a créé, et dirigé 4 ans, la collection Vertige Science-Fiction chez Hachette Jeunesse, et s’occupe aujourd’hui de la collection Autres Mondes chez Mango qu’il a lancé en 2001.

- Le Cafard cosmique : Denis GUIOT, à plusieurs reprises vous avez expliqué que votre intérêt pour la SF s’était manifesté relativement tardivement et pourtant aujourd’hui vous dirigez une collection dite "jeunesse". Pourquoi cet intérêt pour les jeunes lecteurs ?

- Denis GUIOT : En effet, à l’inverse de bon nombre d’amateurs, je ne suis pas tombé dans la marmite SF tout petit. J’ai découvert le genre à l’âge de 22 ans environ, alors que je terminais mes études d’ingénieur. C’est un ami qui m’a prêté 2 ou 3 livres SF en J’ai Lu, dont "Les Plus qu’humains" de Theodore STURGEON. C’était l’époque où J’ai Lu lançait ses premiers titres de SF - on était en 1970/71 : il y avait aussi "Demain les chiens" de Clifford D. SIMAK, "2001" de A.C. CLARKE, etc. Il y a pire comme initiation ! La SF m’a enchanté par son ouverture intellectuelle, sa débauche d’idées, son vertige philosophique, tout en restant extrêmement distrayante. Je me suis donc lancé à corps perdu dans la SF, mais avec une passion lucide. On n’aime pas à 22 ans, comme on aime à 12 !

Mon intérêt pour la SF en direction des jeunes lecteurs n’est certainement pas étranger à mon métier d’enseignant, qui confirme que j’aime expliquer, partager, faire connaître. Pédagogie et prosélytisme sont deux mots qui ne me déplaisent pas. L’adolescence est un âge formidable pour se lancer dans de nouveaux horizons, car l’esprit est en plein bouillonnement, curieux de tout. J’ai donc eu très tôt le désir d’attirer l’attention des jeunes sur cette extraordinaire littérature qu’est la science-fiction, très formatrice pour l’esprit, au noble sens du terme.

- CC : Vous avez créé en l’an 2000 la collection Autres Mondes et, depuis cette date, vous la dirigez. Pourriez-vous présentez brièvement cette collection et ses objectifs ?

- D.G. : Déjà je voulais proposer de beaux ouvrages, ayant une forte identité, illustrés pleine page par les plus grands dessinateurs de SF "réalistes" actuels [Manchu et Munch], en moyens/grands formats mais à un prix abordable [9 euros]. Je l’avoue l’idée était de réussir à faire d’ Autres Mondes une collection de référence en SF Jeunesse.

En ce qui concerne le choix des textes, bien sûr, l’objectif initial est qu’Autres Mondes soit une collection captivante. Lire est un plaisir, un bonheur inimitable. Mais on n’est pas obligé de lire idiot. Une histoire passionnante peut AUSSI faire réfléchir, engendrer une prise de conscience. Donc, je tiens à ce que les titres de la collection aient un sens. Mais il ne s’agit évidemment pas de plaquer de lourdes intentions pédagogiques ou un quelconque message plein de bonnes intentions sur une quelconque histoire-support. Un bon roman, intelligent, sensible et bien conçu va toujours dégager du sens, sans pour autant être forcément ennuyeux.

Par ailleurs, j’ai parfaitement conscience du fait qu’un roman de SF [qui se déroule, par définition, dans un autre temps, un autre espace ou une autre société] peut être difficile d’accès pour quiconque n’est pas fan. Autres Mondes se veut une collection d’initiation à la science-fiction et cherche à attirer vers le genre, même les lecteurs les plus réfractaires. Donc, j’attache une extrême attention à la "lisibilité" du texte, sans se contenter d’histoires simplistes. Il s’agit de faire en sorte que l’écriture soit claire, les choix narratifs limpides, le contexte sans ambiguïté, les informations SF disséminées à bon escient, etc. L’auteur doit avoir une conscience aiguë de la jeunesse de son lectorat, de son inexpérience, de son enthousiasme, de sa fragilité. Le respecter c’est, tout en le distrayant, lui donner les moyens d’accéder à cette complexité, de lui offrir les moyens de grandir.

Je suis intimement persuadé qu’un bon livre pour la jeunesse est AUSSI un bon livre pour les adultes [l’inverse est loin d’être vrai !]. Simplement, l’adulte le lira avec une autre approche. Donc, s’il y a un âge minimum pour lire Autres Mondes [disons onze ans, pour faire simple], il n’y a pas d’âge maxi, pas de date de péremption, comme pour les yaourts ! Autres Mondes se lit de 11 à 111 ans.

Collection d’initiation à la science-fiction, ai-je écrit, car j’ambitionne de faire découvrir au jeune lecteur toutes les richesses de la science-fiction, grâce à la fameuse question "Que se passerait-il SI ?", ce qui constitue pour moi le premiers pas dans - n’ayons pas peur des mots - le questionnement philosophique. Mais bien sûr tout en permettant au jeune lecteur de s’identifier à des personnages proches de lui et ayant des préoccupations similaires, car le roman de SFJ relève aussi du roman d’apprentissage.

J’essaye aussi de conquérir le jeune - et moins jeune - lectorat féminin, souvent réfractaire au genre [les idées reçues s’acquièrent très tôt, hélas !], non pas - surtout pas ! - en faisant de la SF pour filles, mais en montrant que la SF n’a pas de sexe et que filles comme garçons peuvent s’intéresser aux grands enjeux sociétaux et éthiques, et aux spéculations que développe la SF, à condition bien sûr que ceux-ci soient portés par des personnages avec lesquels ils peuvent s’identifier.

Enfin, je défends une politique d’inédits d’auteurs français. Par souci de développer la création française, par goût de travailler en amont avec les auteurs - au plus près de leur création, ce qui est un rare bonheur qu’ils m’octroient - et parce que cela permet aux jeunes de rencontrer les auteurs lorsque ceux-ci se déplacent dans les classes, ce qui est souvent un moment extraordinaire pour tous.

- CC : A vous lire, on a presque l’impression que la collection dispose d’un cahier des charges très strict. Vous interdisez-vous la publication de certains ouvrages ?

- D.G. : Plus qu’un cahier des charges, il s’agit d’une vraie politique éditoriale, cohérente, constructive et réfléchie. Une collection, ce n’est pas un empilage de bouquins, c’est le reflet d’une vision du monde et de la littérature. Cela a été très bien perçu par les prescripteurs [documentalistes, bibliothécaires] et les lecteurs qui sont très fidèles à la collection. Donc, oui, bien sûr, je m’interdis la publication de certains ouvrages !

- CC : Pourquoi ne pas publier d’auteurs étrangers ?

- D.G. : Tout simplement parce que je ne maîtrise aucune langue étrangère, que je ne veux pas passer par un comité de lecture et que j’aime travailler le plus en amont possible avec les auteurs.

- CC : Il s’agit peut-être d’une constatation personnelle, mais j’ai l’impression que de plus en plus d’auteurs s’affranchissent des étiquettes et publient indistinctement dans des collections jeunesse et dans des collections adulte. C’est une pratique uniquement à vocation "alimentaire" ou les raisons sont-elles plus profondes ?

- D.G. : Je n’aime pas trop l’expression "à vocation alimentaire". Tout le monde mange, les auteurs compris. Ecrire est un métier, ce n’est pas qu’un art. Et de plus, il faudrait abandonner l’image de l’écrivain enfermé dans sa tour d’ivoire qui n’écrit que poussé par sa muse créatrice. Donc, oui, les nécessités de la vie font que certains auteurs écrivent dans les deux registres et, oui, cela répond aussi à des motivations et des pratiques littéraires différentes

- CC : Comment travaillez-vous avec les auteurs ?

- D.G. : Avec un fouet ! La manière diffère avec chaque auteur. Et j’essaie de m’adapter à leur pratique. Certains aiment discuter dès que l’idée prend un peu forme dans leur esprit, d’autres m’envoient chapitre par chapitre, d’autres travaillent par versions successives. Dans tous les cas de figure, j’effectue des lectures extrêmement attentives et minutieuses des textes (trop, diront certains auteurs !), je propose des modifications de corrections justifiées par un point de vue que l’auteur accepte ou pas. On échange énormément. Il n’y a jamais eu de vrai problème, même si, parfois, l’argumentation de part et d’autre peut-être vive. Je suis au service du texte (pas de mon univers à moi, parce que je n’en ai pas, je ne suis pas écrivain), tout en ayant une vision de la SF jeunesse, que les auteurs connaissent. Et nous travaillons dans un esprit absolu de respect réciproque et une volonté d’aboutir au meilleur texte possible, qui satisfasse et l’auteur et le directeur de collection.

- CC : Parlons chiffres. Quelles sont les ventes moyennes d’un titre d’ Autres mondes ? Quels sont les best-sellers de la collection ?

- D.G. : Au 31 décembre 2005, les ventes moyennes [je dis bien les ventes] sont de 5752 exemplaires au titre, pour un total de 35 titres [nous publions en moyenne 7 titres par an]. Pour un premier tirage de 6000 ex., c’est fort bien ! Voici les titres qui ont dépassé les 10 000 ex vendus, au 31 août 2006 :
- "Dans les larmes de Gaïa" de Nathalie LE GENDRE : 19 359 ex
- "Projet oXatan" de Fabrice COLIN : 13 615 ex
- "Sa Majesté des clones" de Jean-Pierre HUBERT : 12 346 ex
- "Les Abîmes d’Autremer" de Danielle MARTINIGOT : 12 309 ex
- "Mosa Wosa" de Nathalie LE GENDRE : 11 137 ex
- "Kaena" de Pierre BORDAGE : 10 488 ex

- CC : Les titres de la collection Autres mondes sont régulièrement sélectionnés pour le prix des Incorruptibles, Fabrice COLIN et Nathalie LE GENDRE ont d’ailleurs remporté ce prix dans la catégorie 3ème-2nde. Les prix littéraires ont-ils une influence sur les ventes d’Autres mondes ?

- D.G. : Oui, il n’y a qu’à regarder les “ best-sellers ” de la collection : "Dans les larmes de Gaïa" [7 prix, dont celui des Incorruptibles], "Mosa Wosa" [4 prix, dont celui des Incorruptibles], "Projet oXatan" [3 prix, dont celui des Incorruptibles], "Les Abîmes d’Autremer" [4 prix] Il faut dire que, en littérature jeunesse, la plupart des critiques proviennent de revues spécialisées et qu’elles sont très prescriptrices.

- CC : On dit souvent que la SF est une littérature populaire auprès des jeunes. Cette affirmation vous paraît-elle vraie aujourd’hui ?

- D.G. : Faux. Ce n’est pas la littérature de SF qui est populaire, mais son imagerie, ses thèmes, etc. : c’est-à-dire le cinéma de SF, avec ses effets spéciaux, ses délires visuels, pas la littérature. Ainsi, par exemple, la première trilogie Star Wars n’a absolument pas créé un engouement pour la littérature de science-fiction auprès des jeunes lecteurs. Quant à la seconde trilogie, n’en parlons même pas.

- CC : N’y a-t-il pas un malentendu concernant le terme même de SF, qui souvent regroupe la fantasy et le fantastique ?

- D.G. : Le fantastique jeunesse [qui a eu son heure de gloire avec la très médiocre série "Chair de poule"] est actuellement encore moins bien loti que la SF. Indubitablement, que ce soit en jeunesse ou en adulte, c’est la littérature de fantasy qui bat tous les records de ventes. Je trouve cela dommage, car la littérature de fantasy, malgré des qualités réelles, est limitée dans son propos.

- CC : La SF est-elle une littérature dont le message passe facilement auprès des jeunes ?

- D.G. : Aussi bien chez les jeunes que chez les adultes, la SF est en butte aux clichés, aux idées reçues, aux à priori : elle serait trop compliquée ou débile [au choix !], dénuée de sentiments, pleine de robots et de fusées, réservée aux garçons, éloignée du réel, de la "vraie vie". A un âge où on aime bien lire des romans-miroirs, c’est sûr que la SF part avec un certain handicap chez les jeunes ! Mais une fois que tous ces lieux communs ont été mis en pièces [ce en quoi s’emploie la collection Autres Mondes], une fois que les jeunes ont été mis en contact avec une certaine SF, une fois qu’ils ont compris que la SF parle essentiellement de notre présent, oui le message passe. Vraiment.

- CC : N’est-ce pas difficile de concilier les préoccupations des adolescents avec le discours souvent plus universel de la SF ?

- D.G. : A vrai dire, c’est ce que je reproche à la SF dans son ensemble : d’abandonner le psychologique, l’individuel, pour ne s’intéresser qu’au sociétal pur et dur, voire à l’universel. C’est une grave erreur, et il ne faut pas s’étonner si la SF a du mal à élargir son lectorat. On a l’impression qu’elle se complaît dans un cercle restreint, très élitiste. Dans Autres Mondes, les destinées individuelles - chères aux ados, à juste titre - s’inscrivent très fortement dans des réflexions plus universelles. Le meilleur exemple réside dans les romans de Nathalie LE GENDRE où l’individu est toujours fortement présent, catalyseur d’une réflexion plus générale. La SF est là pour dramatiser le propos, pas pour noyer l’individu. Et ce n’est pas un hasard si ses romans raflent tous les prix

- CC : Est-ce que vous lisez encore régulièrement de la SF ?

- D.G. : Oui, j’en lis régulièrement. Non seulement pour le plaisir, mais aussi parce que je suis critique à Phosphore. Mon dernier coup de cœur : "Coalescence" de Stephen BAXTER

- CC : Autres mondes est une collection clairement identifiée SF, c’est d’ailleurs la seule dans le paysage éditorial de la littérature jeunesse. Comment expliquer que la concurrence n’ait pas tenté de copier le succès d’Autres mondes ?

- D.G. : Demandez à la concurrence !


[Ces propos ont été recueillis entre juillet et octobre 2006 par K2R2]


Le programme 2007 des parutions de Mango / Autres Mondes :

  • Janvier : "Ados sous contrôle" de Johan HELIOT
  • Février : "Memory Park" de Fabrice COLIN
  • Mars : "Le Grand Voyage" de Loïc LE BORGNE [tome 2 des Enfants d’Eden]
  • Mai : "Kishana, Jack et les autres de Nathalie LE GENDRE
  • Septembre : "Libertalia" de Loïc LE BORGNE [tome 3 des Enfants d’Eden]
  • Octobre : "Apocalypse Maya" de Frédérique LORIENT
  • Novembre : "Les Ailes océanes" d’Eric SIMARD

K2R2