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Publié le 15/10/2007

La Trilogie de Timmy Valentine de S.P. Somtow

[« Vampire Junction » (I), « Valentine » (II), « Vanitas » (III)]

REED. FOLIO SF, 2006/2007

Par Vince

La quatrième de couverture nous promet "une trilogie mêlant rock et vampires, meurtres abominables et déviances sexuelles". Faisant appel à nos plus bas instincts, elle n’hésite pas à ajouter que nous avons affaire à une "oeuvre choc" qui a valu à son auteur un succès mondial.
Doit-on la croire ?


Un indice dans cette même quatrième de couverture n’échappera pas au lecteur attentif : "La Trilogie de Timmy Valentine" est, paraît-il, souvent comparée aux premiers romans de Stephen KING". Donc, pas à l’oeuvre de Stephen KING, mais à ses premières oeuvres, nuance !
Et de fait, si cette trilogie est marquée par l’ambition de nous offrir une fresque grandiose du vampire dans tous ses états, force est de reconnaître qu’elle n’arrive qu’à produire un ennui sans nom chez le lecteur téméraire qui entreprendrait sa lecture.

Rectifions quelques erreurs de la quatrième de couv. En matière de musique, le premier tome ne nous parlera pas tant de rock que de ... Wagner. Si l’on sait que Timmy Valentine est un jeune chanteur de rock [12 ans - du moins en apparence], on s’intéressera davantage à l’aspect VIP du personnage qu’à sa musique. Donc, pour l’ambiance rock - on ira voir ailleurs.
Des meurtres abominables et des passages de sexe, il y en aura. Certes. Mais faute d’avoir su intéresser le lecteur aux personnages, c’est la plupart du temps en écrasant un baillement qu’on verra tel ou tel personnage se faire trucider.
Quant aux passages sexuels, même constat : ils arrivent le plus souvent comme un cheveu sur la soupe et on a l’impression qu’ils ont plus une fonction de remplissage qu’autre chose. D’ailleurs, on découvrira assez vite que Timmy Valentine, le protagoniste de la trilogie, est en fait castré. Exit l’érotisme à fleur de peau, la crudité des relations sexuelles sera à l’honneur [mention spéciale pour la passage où Valentine, qui a été castré, réfléchit sur la notion de membre fantôme]. Si les pages de violence et de sexe, censées apâter le lecteur en mal de sensations fortes, se révèlent de peu d’intérêt, les autres pages, celles qu’on pourrait qualifier de plus littéraires prêtent parfois à sourire. Deux exemples parmi tant d’autres :

  • Angel savait ce qu’elle allait trouver dans la télé de son âme [tome 2, on appréciera la beauté poétique de l’image au passage]
  • Lentement le corbeau changeait de forme ... grandissait ... ses plumes se transformaient en un tee-shirt et un pantalon XXL noirs ... [tome 3 cette fois, là aussi, on remarquera la profonde originalité de la comparaison].

Assez curieusement, le début et la fin de chaque tome semblent plus travaillés, osons même dire "réussis" [mais, entendons-nous, comparé au reste seulement]. Un peu comme si l’auteur partait d’une bonne idée pour s’en désintéresser progressivement puis s’en rappeler brutalement vers la fin.

Le premier tome nous présente ainsi Timmy Valentine d’un côté [et ses origines historiques car le vampire a plus de 2000 ans d’existence] et les membres d’une organisation, Les Dieux du Chaos, qui veut avoir la peau de Valentine.
Nous allons du coup avoir le droit à un suivi méticuleux de chaque membre de l’organisation des Dieux du Chaos qui vont mettre un temps incroyable à se réunir en Thaïlande [le QG]. Ce n’est que vers la fin du premier tome qu’on assistera à l’affrontement entre Les Dieux du Chaos et le vampire. Apparaîtront quelques personnages d’ailleurs à cette occasion qui mourront aussi vite qu’ils sont apparus et ce, dans l’indifférence génrale.

Dans le deuxième tome [qui porte le sous-titre très original de Valentine], alors que tout le monde croit Timmy Valentine disparu, on décide de faire un film sur sa vie et sa fin tragique. L’idée de départ est intéressante et les interviews de fans et connaissances plus ou moins proches du vampire donnent un peu de fraicheur à l’intrigue. Mais cela ne dure guère et tout ce deuxième tome nous servira une lourde variation d’A travers le miroir de Lewis CARROLL [si vous aviez oublié que traditionnellement, un vampire ne se reflète pas dans un miroir, ne vous inquiétez pas, on se chargera de vous le rappeler et pas qu’un peu !].
On continue d’ailleurs les flash back sur le passé du vampire [vieux de 2000 ans, je ne sais plus combien de fois c’est répété dans le trilogie]. Là aussi, l’idée de raconter les aléas historiques de Timmy du premier siècle après J-C à nos jours était intéressante a priori mais dans la trilogie de SOMTOW, ces flash back ennuient plus qu’autre chose le lecteur [contraint de suivre une nouvelle intrigue se superposant à beaucoup d’autres], ils sont désincarnés, sans âme ni saveur. On y cherchera en vain une vision originale ou au moins intéressante du passé par un vampire.

Dans le troisième tome [mais n’aurez-vous pas décroché avant ?], Timmy Valentine revient [vu qu’il y a trois tomes, on s’en doutait un peu mais passons ...]. Je n’en dirai pas plus pour ne pas dévoiler l’intrigue mais passé les premières pages, on se rend bien compte qu’il n’y a toujours rien de bien nouveau. Et on s’ennuie, on s’ennuie ...


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Au début et à la fin du troisième tome - parce que SOMTOW n’a pas peur de se répéter pour bien faire passer le message - il y a quelques lignes qui s’appliquent parfaitement à l’intégralité de la trilogie :
« Vanitas
- [...] ça veut dire quoi ?

- Ca veut dire vanité. Pas au sens de prétention ou orgueil ... au sens de vide, le trou noir, le grand rien ...
 »

Une trilogie ambitieuse dans ses intentions et très décevante au final.