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Publié le 20/06/2002

"La Voix des morts" d’Orson S. CARD

["Speaker for the Dead", 1986]

ED. J’AI LU

Par Mr.C Par Epistolier

LE CYCLE D’ENDER TOME 2

"La Voix des Morts" est venu compléter l’histoire d’Ender avec la même force et la même intelligence que le premier volume.

La rencontre avec une deuxième race extra-terrestre, les piggies, confronte à nouveau Ender à la nécessité de comprendre l’Autre dans toute sa différence.


PRIX HUGO 1987 ET PRIX NEBULA 1986

[attention dans ce qui suit, il y a obligatoirement un énorme spoiler du premier tome]

Ender a maintenant trente cinq ans. Cela fait près de trois mille ans qu’il a exterminé les doryphores, à l’âge de onze ans. Le nom d’Ender est associé à jamais à ce xénocide, il est haït par toute l’humanité présente sur les Cents Planètes depuis que le Porte-Parole des Morts a écrit "La Reine et l’Hégémon" et que l’humanité a compris que l’extermination des doryphores était un xénocide. Ender ne reste pas plus de six mois sur une même planète, prenant le rôle de professeurs itinérants, et Parlant la mort de quelqu’un d’important en tant que Porte-Parole des Morts, profession devenue assez courante.

L’humanité est désormais la seule espèce intelligente de l’univers exploré. Or, sur la colonie Lusitania, sont découverts les piggies, une nouvelle espèce intelligente. C’est l’occasion de se racheter du Xénocide : ils ne devront pas être gênés, et la présence de l’homme ne devra pas les influencer. Comme ils sont technologiquement primitifs, il faut les étudier avec toute la technique de l’anthropologie.

Mais un xénologue est tué par les piggies de façon atroce... et un Porte-Parole des Morts est appelé. Ender se trouve sur la planète habitée la plus proche de Lusitania, et il décide d’aller Parler sur la planète des piggies.

Ce livre ne traite pas de doryphores, mais de piggies, de pauvres petits extra-terrestres au physique de cochons. Normalement, il ne devrait y avoir aucun lien avec ce qui s’est passé trois mille plus tôt, la leçon semble apprise, ils sont étudiés sans qu’ils subissent aucun trouble. Mais en fait, les piggies sont l’occasion de vérifier si la leçon des doryphores a vraiment été apprise ; et le pire, c’est que rien a été appris, tout peut recommencer. La voix des morts, c’est la voix des doryphores, voix que personne n’entend.

"La stratégie Ender" ne pouvait pas ne pas avoir de suite, l’horreur était si grande, et décrite en si peu de mots, qu’il fallait un deuxième roman pour nous rendre compte que ce n’était pas une victoire, cette extermination de la menace extra-terrestre, mais la défaite de l’humanité consciente. Tout un roman, pour mettre en place le Second Xénocide, c’est amplement suffisant, mais il en fallait pas moins pour nous montrer cela.

Un roman terrifiant lorsque nous l’avons compris, et aussi lorsque nous voyons les gens parlant devant la personne la plus admirée et la plus haït de l’humanité, et qu’ils ne se rendent compte de rien, que c’est la même personne, qu’elle est toujours vivante, qu’elle ne peut plus recommencer, qu’elle les écoute, qu’elle les voit faire...

Les extra-terrestres d’Orson Scott Card sont aussi humains que tous les groupes ethniques de notre planète. Ce n’est pas pour rien qu’un vocabulaire a été décrit pour désigner les différentes étrangers : l’utlänning, l’étranger vivant ailleurs sur la même planète, le framling, l’étranger qui vit sur une autre planète, le raman, l’humain qui n’est pas de notre espèce, le varelse, l’animal chez qui aucune entente n’est possible, et en oubliant la bête sauvage, à détruire irrémédiablement. Il n’y a pas besoin d’avoir d’autres planètes pour avoir ces distinctions, nous n’avons pas attendu que les extra-terrestres viennent à nous, elles existent déjà.


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La civilisation piggie est sans doute l’une des créations de fiction en matière d’extrat-terrestre les plus audacieuses et les plus risquées : qui aurait osé se lancer dans la description d’une race de cochons intelligents à l’apparente cruauté bestiale ?

Le roman est d’autant plus réussi. Superbe.