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Publié le 01/04/2005

« La brèche » de Christophe LAMBERT

ED. FLEUVE NOIR / RVA, MARS 2005 - REED. POCKET SF, JANV.2007

Par PAT

Second français à publier un roman dans la collection Rendez-Vous Ailleurs, Christophe LAMBERT n’est pourtant pas un petit nouveau. Déjà bien implanté dans le paysage science-fictif hexagonal, grâce à de nombreux livres publiés en jeunesse, l’auteur s’offre une incursion du côté des adultes avec « La brèche », re-lecture radicale du paradoxe temporel qui plaira à tous les enfants de 7 à 777 ans [notez tout de même que les scènes de bataille n’ont rien, mais alors rien, d’allégoriques].


Globalement située à Omaha Beach, bout de terre normande qui fut [entre autres] le théâtre du débarquement du 6 juin 44, « La brèche » traite tout simplement du voyage temporel, un thème éminemment casse-gueule dont l’auteur se tire à merveille en évitant écueils et pièges, tout en surfant sur le classique. Un bel exercice impecablement traité, divertissant et passionnant de bout en bout, malgré une petite tendance à la caricature du côté des personnages, défaut somme toute mineur face aux grandes qualités de l’ensemble.

En ces années 2060, la télévision a tellement dégénérée vers la mise en spectacle de l’horreur qu’il lui en faut chaque jour plus. beaucoup plus. Comme l’actualité n’est pas forcément conciliante, pourquoi ne pas se tourner vers le passé pour y envoyer des reporters filmer la couleur des chaussettes de Marylin MONROE le soir de son suicide ? Pourquoi ne pas prévoir un zoom numérique de qualité sur le tête de JFK au moment même où elle se fracasse en mille morceaux, Jackie tentant ensuite de ramasser comme elle peut les morceaux de cervelle qui décorent l’arrière de la décapotable ?

D’autant que les militaires maîtrisent désormais plutôt bien le voyage dans le temps. De quoi envisager des scoops juteux. Rapidement mise en pratique, l’expérience est évidemment un grand succès. Mais là encore, la machine s’emballe. Il en faut plus, toujours plus. Aussi, quand un jeune loup arriviste propose de filmer le débarquement à Omaha en direct, l’idée est accueillie avec sérieux. Seul souci, trouver deux malades mentaux capa-bles de tenir un caméra et prêts à se faire hacher menu par la mitraille allemande, sur l’un des champs de bataille les plus sanglants de la seconde guerre mondiale.

Coup de chance, ces deux oiseaux rares existent bel et bien, en la personne d’un photographe de guerre déprimé depuis la mort de sa femme, et d’un historien tellement fasciné par ses recherches qu’il pousse le détail jusqu’à reconstituer grandeur nature des scènes historiques. Emballés par l’idée à défaut du principe, les deux hommes se retrouvent rapidement envoyés dans la nuit du 5 au 6 juin, déguisements complets et faux papiers authentiques, prêts à embarquer vers cette plage mythique et mortelle.

Mais si la technique est brillante, il arrive qu’elle foire. Et quand les deux héros du futur débarquent au sens propre, force est de reconnaître que l’Histoire n’est plus exactement la même, certaines armes secrètes d’Hitler semblant bel et bien opérationnelles. Ce qui ne change pas, hélas, c’est le sang, le massacre, la mort et les milliers de pauvres types déchiquetés par les balles, les mines et les obus. La guerre, finalement, est éternelle. Autant dire que les choses s’annoncent mal...


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Captivant du début à la fin, « La brèche » n’est certes pas un chef d’oeuvre intemporel, mais sa lecture est suffisamment jouissive et jubilatoire pour entraîner l’adhésion quasi immé-diatement.

Bien fichu, bien mené, évidemment théâtral [jusqu’au coup, pourrait-on écrire], le texte fait partie de ces excellents divertissements qui rendent heureux.

Simple, efficace, pourquoi s’en priver ?