EN BREF

 
VOS LIVRES DANS LA BOITE AU LETTRES !




En commandant vos livres sur Amazon.fr vous faites des économies [-5%] et vous participez au financement du site car le Cafard cosmique reçoit une petite commission sur les ventes.

Le livre le plus acheté
en mai 2010 :
Janua Vera +
de Jean-Philippe Jaworski
aux Ed. Moutons Électriques

 

A VOIR AUSSI

Publié le 01/09/2006

« La cité de perle », les Guerres Wess’har T1. de Karen TRAVISS

["City of Pearl", FEV. 2004]

ED. BRAGELONNE SF, SEPT. 2006

Par Mr.C

Sur Cavanagh, à vingt-cinq années-lumière de la Terre, une expédition militaro-scientifique vient reprendre contact avec une colonie oubliée. Or les colons vivent désormais sous la surveillance d’Aras, un Wess’har, sorte de gardien extraterrestre pour qui la préservation de l’écosystème prime sur tout autre considération, y compris les vies humaines...

Premier volume d’une trilogie space-operesque, dans la nouvelle collection Bragelonne SF, qui nous permet de découvrir un nouvel auteur britannique, Karen TRAVISS.


Les éditions Bragelonne ont inauguré leur collection de science-fiction avec des valeurs sûres : REED, BANKS, HAMILTON,... [à mon sens, pas leurs meilleurs crus, mais enfin, il faut bien payer le loyer en fin de mois !]
A côté de ces locomotives, le directeur littéraire de la collection, Jean Claude DUNYACH, nous propose de découvrir un nouvel auteur : Karen TRAVISS. Cette prime au nouvel entrant, caractéristique de l’éditeur, peut s’interpréter de moult manières : ouverture d’esprit ou manque de sélectivité, aide aux nouveaux talents ou économie sur les droits, trouvaille ou système aveugle ? En fantasy, cette politique a produit le meilleur : Janny WURTS par exemple et le pire : John MARCO.... A quelle catégorie peut on essayer de rattacher Karen TRAVISS ?

L’écrivain exerce le métier de journaliste et a notamment couvert le conflit des Malouines en temps que correspondante de guerre. « La cité de perle » est le premier opus d’une hexalogie, hexalogie pour le moment car nul ne peut prédire si l’heptalogie ou l’octologie ne sont pas visées ! Le roman se rattache au Space Opera et plus précisément aux histoires de planètes.

L’humanité a essaimé un peu partout dans l’univers. La colonie implantée près de l’étoile de Cavanagh [clin d’œil à Star Wars et à l’HAMILTON du Cycle de l’aube de la nuit ???] ne donnait plus signe de vie depuis des années mais semble s’être réveillée.
Une mission composée de scientifiques et de marines [on ne sait jamais...], dirigée par Shan Frankland, officier de la police environnementale, et Lindsay, capitaine de frégate, part renouer le contact. Ils sont accueillis par une colonie de fondamentalistes et apprennent que plusieurs espèces extraterrestres se disputent la planète.
Les paisibles Berezi vivent dans les océans. Ils sont éco-protégés par un super-hyper guerrier, Aras, qui n’a pas hésité, quelques siècles auparavant, à exterminer une colonie Isenj dont la pollution industrielle menaçait de détruire l’habitat Berezi. Aras appartient au peuple Wess’har.

La mission démarre difficilement puisqu’un scientifique tue accidentellement un enfant Berezi, obligeant Shan à le condamner afin de sauver le reste de la délégation du courroux d’Aras.
La suite de l’histoire suit le parcours de Frankland et son rapprochement avec Aras et les Wess’har. Lindsay, après une grande épreuve [non, je ne vous dirai pas laquelle] prendra le chemin inverse : isolement et repli sur la défense des seuls intérêts humains.

L’ouvrage « pèse » ses 340 pages mais se lit vite et facilement.
Les personnages sont typés voire caricaturaux. Karen TRAVISS nous offre une palette complète allant du flic au grand cœur et révolté par la corruption, Shan, au militaire « sympa » mais un peu borné, Lindsay, tout en passant par le super héros, terriblement seul bien sûr : Aras. Les journalistes d’investigation font la une, grâce au malin [trop pour certains] Eddie. Les scientifiques sont naturellement mesquins et dangereux [l’écrivain garde-t-elle des mauvais souvenirs de collège ?] et il ne fait pas bon fréquenter les docteurs Rayat et Parekh !

Le bestiaire fantastique ne manque pas d’originalité : les calmars [décidément très tendance chez les auteurs de SF depuis quelques années [BAXTER, VANDERMEER et maintenant TRAVISS] cohabitent avec des mangoustes aux noms inspirés par Rudyard KIPLING, des hippocampes et des arachnoïdes cafardesques [copyright Vernor VINGE ? Cafard Cosmique ?].
Derrière cette liste à la Prévert se cache un réel souci de cohérence écologique : l’auteur est convaincu que les interactions entre les espèces et leurs habitats représentent le principal défi de toute société. TRAVISS se positionne d’ailleurs en militante. Dans son roman, l’atteinte à l’environnement n’est plus un délit mais un crime, un crime passible de la peine capitale ! Shan et Aras déclinent cette loi chacun à leur manière ce qui va contribuer à les rapprocher...

Enfin, en digne représentante de l’école NSO, Karin TRAVISS épingle les pouvoirs financiers et politiques, montrés du doigt comme la source de nombreux maux. Nous découvrirons d’ailleurs au final que la mission de Shan sur Cavanagh avait pour objectif secret d’affaiblir les puissantes corporations terriennes...


COMMANDER

« La cité de perle » est au final un roman honnête. Moins ambitieux au départ que « L’Algébriste » ou encore « Le Grand Vaisseau », il se révèle plus réussi à l’arrivée. La dimension humaine des personnages y contribue pour beaucoup. L’apparente froideur de chaque héros masque les blessures de toute une vie et leur besoin d’amour et de respect nous les rend au final fort sympathiques.

Cette chaleur humaine mérite donc un détour. Vous ne le regretterez pas [enfin, je l’espère !]