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Publié le 03/03/2007

« La fille de nulle-part » de Fredric BROWN

[« The Far Cry », 1951]

ED. LA DECOUVERTE, NOVEMBRE 2006

Par Olivier

On connait Fredric pour ses romans d’une drôlerie imparable, et pour ses nouvelles à chute, mais c’est oublier que BROWN fut avant tout un auteur de polar.

Pour preuve, cet excellent roman enfin réédité, « La fille de nulle-part ».


Nous sommes au début de l’été, et Weaver s’installe dans un coin paumé du Nouveau-Mexique.
Il a laissé derrière lui son job d’agent immobilier. Sa femme doit venir le rejoindre, une fois que leurs filles seront en colonie de vacance. Il tente de se sortir de l’alcoolisme qui le ronge, tandis que sa femme s’enfonce dans la dépression, l’alcoolisme et la boulimie.
Arrivé sur place, il trouve une maison que l’on veut bien lui laisser occuper pour une bouchée de pain, et pour cause : depuis qu’une certaine Jenny y a été assassinée 8 ans plus tôt, plus personne ne veut y habiter. Weaver s’y installe, et commence à reprendre pied. Son meilleur ami, écrivain de son état, lui propose alors de faire des photos, pour accompagner le texte qu’il compte écrire sur ce fameux meurtre. Ils partageront ainsi équitablement la somme que leur rapportera la publication du texte et de ses photos. Weaver accepte, et commence aussi à se pencher sur le crime.
Le meurtrier est en fuite, et il semble que l’enquête ait été totalement bâclée par le sheriff. Weaver va petit à petit focaliser toute son attention sur le crime. Il cherche à en reconstituer les moindres détails, il en recherche des indices. Jusqu’à ce qu’une intuition d’abord refoulée ne l’obsède totalement : et si Jenny avait échappé à son meurtrier ?

Cette réédition fort bienvenue nous rappelle que BROWN a commencé par le polar, et qu’il en a même écrit une vingtaine.
Nous sommes donc très loin de l’humoriste qui dynamite les clichés de la sf. Ici, c’est au contraire un BROWN infiniment plus touchant, plus sensible. Il nous offre ici une histoire intimiste et touchante. Touchante d’abord parce qu’il est impossible de rester insensible à la détresse de Weaver, véritable écho à celle de BROWN, lui aussi alcoolique.

D’un poivrot confronté à un fait divers, BROWN fait une double tragédie intime. Celle de Weaver, qui s’enfonce à nouveau dans l’alcoolisme en compagnie de sa femme qu’il n’aime plus vraiment, et qu’il n’a d’ailleurs jamais vraiment aimé. Puis la tragédie de Jenny, qui pensait trouver le grand amour et ne trouva que la grande faucheuse. Deux êtres dont l’un va chercher à guérir les blessures de l’autre. L’alcoolique au secours de la malheureuse défunte, comme pour se prouver qu’il vaut encore quelque chose. Ce quelque chose qui le pousse à s’orienter vers le fol espoir que la victime ait échappé à son bourreau.

Je ne peux pas vous en dire d’avantage, mais sachez que l’on retrouve le BROWN de « Fantômes et farfafouilles » : la chute ne manquera de vous surprendre.


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Il s’agit bel et bien d’un polar pur sucre. Point de fantastique ni de sf, et encore moins d’humour. Alors pourquoi le chroniquer ? Tout simplement parce que c’est BROWN, et que voir l’un de ses meilleurs livres réédité et retraduit m’emplit de joie. Peu importe le genre pourvu que l’on ait du Fredric BROWN, car c’est bien là un plaisir dont il serait vraiment dommage de se passer.

PS : puisque l’on parle de polar, l’occasion est toute trouvée pour vous recommander plus que chaudement la lecture de « Jeux d’enfants », le premier roman de Jonathan TRIGELL. Une réflexion brillante sur la culpabilité, la réhabilitation, les médias. Ce livre est accessoirement un brûlot contre la presse de caniveau - type Sun et consorts. Un roman sensible et fin sur un sujet difficile. Remarquable, absolument remarquable.