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Publié le 13/06/2000

"La fin de l’éternité" d’Isaac ASIMOV

["The End of Eternity", 1955]

REED. FOLIO SF, 2002

Par PAT

La machine à remonter le temps existe bel et bien, elle est aux mains d’une organisation secrète de scientifiques, de mathématiciens et de probabilistes qui interviennent dans l’Histoire, après maints calculs, dans le but de rendre le monde le plus juste et le plus beau possible.

Mais au nom de quoi d’arrogent-ils le droit de conna ?Ætre le bien et le mal ?


"La fin de l’éternité" aurait sans doute mérité une quatrième de couverture plus soignée. La voici in extenso :

"L’éternité veille sur vous ! L’éternité modifie le passé pour le bien de l’humanité. Elle élimine les inventions dangereuses, avant même qu’elles n’aient été imaginées, et supprime dans l’oeuf les apprentis tyrans. Andrew HARLAN est un éternel, chargé d’empêcher l’invention de la bombe atomique au vingtième siècle. Au cours de sa mission, il rencontre la mystérieuse Noÿs LAMBENT. Cette dernière l’incite à comprendre que l’Éternité, en annihilant tout droit à l’erreur, finira par paralyser l’évolution de l’espèce humaine. Faut-il détruire l’Éternité ? Qui est réellement Noÿs LAMBENT ? De 1945 au vingt-quatrième siècle, une véritable guerre temporelle éclate, opposant un homme aveuglé par l’amour et une communauté toute puissante. Avec ce roman, Isaac ASIMOV s’offre le plus inattendu des préludes au cycle de Fondation ".

Bien. Question : Le tâcheron qui a rédigé ce texte a-t-il lu le roman ? Réponse : Non. Non car il s’en fout. Il n’est pas payé pour lire, il est payé pour écrire. Écrire pour vendre et attirer le client.

Ce tissu d’âneries est donc regrettable. Regrettable, car une collection soignée comme Folio SF n’a pas besoin de concurrencer les maisons qui éditent des nullités sans prendre le temps de vérifier si la quatrième de couverture correspond un tant soit peu à l’histoire.

C’est dommage, mais on peut raisonnablement espérer que ce couac ne se généralise pas. Affaire à suivre, donc.

En fait d’histoire, "La fin de l’Éternité" tourne autour du voyage dans le temps. Une organisation scientifique qui maîtrise le temps s’occupe de la rectification de l’Histoire, pour le plus grand bien de l’humanité (inconsciente, on s’en doute, de cette surveillance). Ultra hiérarchisée, stricte et rigide, l’Éternité est composée de plusieurs castes. En haut de la pyramide, les Calculateurs s’occupent des conséquences des modifications. Ils échafaudent et visualisent les différentes réalités possibles, avant d’opter pour les meilleures. En bas de l’échelle, les Novices sont arrachés à leur temps et formés au sein de l’organisation. Un peu à part, on trouve les Techniciens, ceux-là mêmes qui rectifient concrètement la réalité.

Méprisés hypocritement par les autres comme "assassins du réel", ils ont conscience de cette animosité, mais savent qu’une réalité modifiée, si elle supprime quelques individus, profite finalement au plus grand nombre. HARLAN est l’un d’entre eux. "Prêté" par son supérieur à un autre service, il rencontre Noÿs LAMBENT, la secrétaire personnelle de son nouvel employeur, une "temporelle" qui ne fait pas vraiment partie de l’Éternité. Il en tombe rapidement amoureux, malgré le conditionnement qui veut qu’un Éternel ne puisse avoir de liaison avec une temporelle.

L’esprit obscurci par ses nouvelles émotions, HARLAN ne comprend pas qu’il est l’enjeu de complots et de rivalités inter-services. Bravant les interdits, il décide de " sauver " Noÿs quand il apprend qu’une nouvelle modification prévue la fera disparaître. En marge de cette idylle inavouable, HARLAN découvre peu à peu qu’il est la pièce maîtresse d’un jeu qui concerne l’existence même de l’Éternité. Qu’y a-t-il au-delà des " siècles interdits ", période mystérieusement " bloquée " et proscrite même pour l’Éternité ?

Les questions soulevées par la quatrième de couverture concernent en réalité les ultimes pages du roman, mais relèvent plus de la " pirouette intelligente " propre à ASIMOV que de la teneur même de l’histoire. On trouve surtout la description minutieuse d’une organisation bureaucratique et le débat intérieur d’un homme manipulé pour des raisons qu’il tarde à comprendre.


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Si la lecture de "La fin de l’éternité" est parfois pénible [ASIMOV n’a pas toujours un style flamboyant et l’histoire d’amour a terriblement vieilli dans sa description], l’idée de départ est excellente, le développement intéressant, et la fin formidable.

Un vrai roman de SF, léger et sympathique, qui ne fera pas date dans l’histoire du genre, mais qui se laisse lire agréablement entre deux trains.