Publié le 13/07/1999

"La fin de la vie [pour ce que nous en savons]" de Lucius SHEPARD

["The jaguar hunter II"]

ED. DENOËL, 1987


Ce recueil est une bonne entrée en matière dans l’univers fantastique de SHEPARD.

On y appréciera notamment la restitution des ambiances et du climat social, l’utilisation de plusieurs arguments SF [mondes parallèles, prescience, extra-terrestres...] de manière très fine et originale, et un engagement social très marqué et plutôt pertinent - même si peut-être trop moralisateur par moment.


- « La fin de la vie [pour ce que nous en savons] » [« The End of Life As We Know It  »]

Mexique. Lisa et Richard, un couple au bord du divorce va voir sa vie bouleversée par la guérilla locale et leur rencontre avec un vieux chaman. Sauf que ce n’est pas que leur vie mais le monde entier qui va vers un changement... Du bon SHEPARD classique, mais des personnages caricaturaux.

- « Le conte du voyageur » [« A Traveler’s Tale »]

Les Caraïbes. Un Yankee va sortir de sa retraite paisible pour s’intéresser à un voyageur inquiétant qui veut fonder une colonie sur l’Arpent des Tombes, un coin de terre qu’on dit hanté et où un OVNI se serait écrasé il y a très longtemps... Très bon. Ambiance locale très bien rendue. Un récit prenant et mélancolique.

- « La nuit du Bhairab blanc » [« The Night of White Bairab »]

Katmandou. Quand les légendes népalaises rencontrent les clichés du roman de gare fantastique, le lecteur passe vite son tour.

- « Mengele »

Paraguay. Un aviateur s’échoue au Paraguay et tombe sur la retraite cachée du docteur Mengele où celui-ci perpétue encore ses macabres expériences. Courte nouvelle très noire sur l’état déliquescent du monde.

- « Leçon espagnole » [« A Spanish Lesson »]

La Costa Del Sol. Un jeune homme s’initie à la vie dans une communauté hippie. Quand soudain arrive un étrange couple de mutants ? d’extra-terrestres ? qui va lui faire changer sa conception de la vie...Bonne nouvelle initiatique. L’argument SF est surprenant et bien mené.


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Seul vrai bémol, des personnages à la psychologie assez plate.

Seuls « Mengele » et « Le conte du voyageur » échappent un peu aux caricatures.